Thursday, May 07, 2009

नुइत सोलेइल डी' ओस्सवंगो

Nuit soleil d'Ossavango

Soleil à rebrousse poil.
Immensité constellée d'étoiles.

Tissu tacheté de fauve.
Une nuée filante et mauve.

Attroupés au point d'eau.
Ventrus et lourds animaux.
Apaisés au soir silencieux.
Immobiles sous le dais des cieux.
Suc poisseux qui perle lentement.
Enivré du fruit rouge dehiscent.
Tombé comme une goutte de rosée.
Escarboucle au grenat apaisé.

Jalon de carte sur ma route.
A la renverse de ma voute.
Ubiquité trouble de l'instant.
Ressac d'un bruissement du vent.
Affaissant d'une nuée les joncs.
Ivresse de la crinière lion.

Prestement j'ouvre la paume de ma main.
Une espérance de la tienne au lendemain.

Et la risée y jette un brin de canopée.
Triste et fugace présent de l'alizé.
Rêves sous le toit vermeil.
Eclats de nuit soleil.

Tuesday, April 07, 2009

Trois cents nous sommes.

- Trois cents nous sommes. Allez encore un effort. Un vase Ming messieurs dames. Quelque fêles. C'est pour rien. Personne d'autre ? Adjugé au troisième rang , la dame avec la fourrure. Vous devez avoir chaud madame. C'est du vison ? Vous avez bon gout comme toujours.

Allez le lot suivant monsieur l'expert. Nous avons déjà beaucoup de retard. Un vase dix huitième avec plusieurs fêles. Vendu en l'état. Et au téléphone Marie ? Ah j'avais bien dit qu'on prendrait du retard avec ces téléphones... On commence à deux cents. Personne à deux cents ? Cinquante ? Soixante, soixante dix, cent, cent cinquante, deux cents. Voilà preneur à deux cents ! Je dis toujours qu'il faut commencer bas. Et par un anglais en plus. Ah au moins en Angleterre on a encore de l'argent... Deux cents, deux cent cinquante. Trois cents nous sommes. Vendu en l'état. Marie vous avez bien précisé au téléphone que c'était vendu en l'état ?
Adjugé tois cents donc ! On va tout mettre à trois cents euros, ce sera plus rapide.

Monsieur le maire ! Merci de nous honorer de votre présence. Il ya encore une chaise ou deux au premier rang. Et pour vous aussi Maître.. Ah, plus nous avons d'objets dézingués et plus les gens adorent... C'est fou comme on adore le dézingué de nos jours, et ce n'est pas madame au premier rang qui va me contredire! Vous verrez madame, je suis sûr que cette applique sera à l'honneur dans votre appartement parisien. Il y a encore une chaise au premier rang monsieur. C'est fou j'ai beau avoir la plus grande salle entre Paris et Deauville, on est toujours à l'étroit ici. Et puis il fait chaud vous ne trouvez pas ? Moi cela m'a donné soif tout cela.

Allez nous avons encore toute une série de lots de pendules de cheminées et de cartels du dix huitième. Tous en provenance d'un des plus beaux hotels particuliers de Paris. Je vous laisse prendre le relais Maitre ? Aux bons soins de monsieur l'expert bien sûr. Et tachez de ne pas rester à trois cents euros... Vous n'en verrez pas de pareils avant longtemps messieurs dames. Je suis allé les chercher en personne.

Marie pouvez vous me suivre s'il vous plait ?

- Maître ! Maître, à vue de nez, vingt cinq centimètres nous sommes !

Thursday, March 05, 2009

Bertulocci and Eva Green addicted.

Bertulocci and Eva Green addicted.

Monday, February 16, 2009

Aux portes du palais.


Une réponse pour jouer avec le beau texte de Marco sur le blog des Editions Leo Scheer. ( cf blog : http://marc-sefaris.sosblog.fr et son premier livre :
http://avis.fnac.com/5912-fr_fr/2521164/reviews.htm?PRID=2521164 )

On raconte encore que le jour de l'anniversaire du Pacha, Emir se présenta à la porte du palais. Il portait sur son dos un sac qui semblait bien rempli et bien lourd pour un petit paysan, le simple fils d'un meunier d'Azakan. Sans s'arrêter devant la foule des marchands et des mendiants il marcha directement, d'un pas vif et intrépide, vers la porte massive qui fermait l'enceinte de briques rouges. On le vit disparaitre, tel un fantôme, sous le porche aux armes de l'empereur et refermer derrière lui la lourde porte d'acier. On raconta plus tard qu'à cet instant un silence pesant s'était abattu sur la ville. A l'heure dite, le muezzin ne chanta pas, comme averti par un signe du ciel et un lourd pressentiment.

Deux jours passèrent sans que nul n'osa pousser la porte. Aucun son ne sortait du palais. Au froid du soir, sous les risées de sable du désert, chacun guetta, comme chaque soir, la suave musique du harem. En vain.

Le troisième jour, conformément aux écritures du livre des Sables, la porte s'entrouvrit. Sous le baldaquin d'or aux armes de la Sainte Porte, Emir sortit entouré des eunuques de la garde impériale. Il tenait dans sa main gauche le plus grand cobra qu'il ait jamais été donné de voir dans cette partie des terres conquises, dans sa main droite trônait un grand livre relié en cuir de Cordoue et couvert de pierres précieuses.

Secoué sur sa chaise à porteur, comme sur le dos du majestueux chameau d'Abalin, Emir, l'inculte paysan d'Azakan, commençait l'écriture du roman de sa vie, tout en caressant rêveusement le cou du grand cobra.

Une immense clameur de stupéfaction embrasa la ville aux mille tourelles. On se précipita dans le palais. Gardiens, marchands, courtisans, tous gisaient aux sols avec une large marque bleutée gonflant démésurément la veine de leur cou. Dans la cour on devinait sous l'amas des corps le sac ouvert du petit paysan. Cinquante cobras géants se dressaient de toute leur taille devant la foule interdite. L'éclat de leurs prunelles jaunes figea le sang des plus courageux.

Le soir meme le conseil des cents patriarches se réunit. On décida qu'Emir le Cobra ferait un très bon empereur. Cinq ambassadeurs furent choisis pour lui porter de l'encens et les plus belles enluminures de l'Empire.

Emir ne leva pas la tete pour les recevoir. Une plume d'oie des sables en main, il était déjà en train d'écrire une nouvelle page de sa vie.

Saturday, January 24, 2009

Ecoute comme il gronde, Ilias...

- Ecoute comme il gronde, Ilias... Il y a long temps, la pythie l'avait dit à nos ancêtres, là bas, en Grèce. Du fond de son antre, dans l'adyton du temple, en mâchant le laurier vert fraichement cueilli, elle savait déjà la force rougeoyante qui perlait au bord des lèvres de la terre sur nos têtes. Et souviens toi aussi des craquements de la terre..

Le basalte s'envole en bombes assourdissantes, les cendres noircissent déjà l'air, projetées par le champignon de fumée en salves brulantes. Force tellurique du fond des âges, la lave rouge et jaune perle par les veines du Vésuve et recouvre déjà de ses vagues les pieds du forum et du temple d'Apollon.

- Ecoute comme il gronde, Ilias...Les dieux nous ont abandonnés. Attelons le char pour rejoindre la mer bienveillante.

- Lucia, petite soeur, nos aieux sont ici qui veillent sur nous et sur Herculanum.Faisons confiance aux Dieux. Puisons plutôt dans la dolia ce vin doux de Naples que tu aimes tant.


Sophie, du haut de ses huit ans, se hisse pour observer le moulage des deux corps emprisonnés dans leur gangue volcanique, qui se donnent encore la main dans la vitrine faiblement éclairée. Dans le silence religieux de la salle du British Museum, il lui semble que l'un des corps porte son autre main à sa bouche. Pour un baiser ?

Elle regarde pensive le gardien endormi sur sa chaise. Plus tard, se dit elle, je serai "arcéolog".

Thursday, January 08, 2009

A l'amer de toutes les batailles.

- Allo Zeev ? Ou devrais je dire monsieur le ministre ?
- Oui lui même.
- Je suis Moshe Restak. Nous étions ensemble au Technion à Haifa.
- Moshe ! Oui bien sûr. Que puis je pour toi ?
- Voilà je suis de passage à Jérusalem. Je suis à l'hotel King David pour deux semaines. J'arrive de New York. J'ai réuni des fonds pour la nouvelle colonie que tu projettes à Beitar Ivit. Cela n'a pas été facile avec la mise sous bracelet électronique de notre ancien ami par le Fbi...
- Oui il nous a fait beaucoup de tort.
- J'ai pensé qu'avec les actions sur Gaza, ce serait le bon moment pour lancer la construction discrètement. Les entreprises de génie civil sont prêtes.J'ai cru comprendre que le Centre de Planification Urbaine était déjà au courant.
- Excellent Moshe. J'ai fait déjà fait voler les anes, empoisonner les puits et raser les oliviers. Mais il faudra commencer les terrassements de nuit. La discrétion s'impose.

- Mazel tov, Zeev.

Wednesday, December 24, 2008

Happy New Year. 2009




Que 2009 soit une année qui bouge
pour nous, pour vous
pour toi, pour moi
pour eux
voeux

Saturday, December 13, 2008

Cocktail sur Canapé



Tu m'as dit vouloir m'offrir un cadeau
J'avais pensé à tout sauf à ta peau.
Le père Noel est sophisitiqué cette année
Foin du ruban je suis déjà fort emballé.

Friday, December 05, 2008

Soon Christmas will be here.



As i am being asked repeatedely for translation of some texts, please find my best pass on this one, please pardon my...french :)


She looks through the windows at the joggers running around the Central Park reservoir. No sound reaches the eighth floor. Lying on the sofa she distractedly chews the brown strip bar she just bought furtively in front of Saks Fifth Avenue.
A bitter taste that rises to the head and reminds her unconsciously of an afternoon she had spent on the deck of the boat of Jim Baker on Lake Tahoe. Jim wanted to take her on a tour of the brothels of the Nevada desert. She had given him a blowjob and it had made the day. Jim is dead anyway. An accident driving his Mustang. Two years? Three can not be.

There are no more leaves on the trees at this time of the year and one can guess that snow will come without further delay. Another winter.
She will soon be fifteen years old. Esther, her mother, had promised to call to celebrate. But she had already made the same promise last year, and with her trip to the Maldives islands, she had not been able to do it. The communications are not perfect it seems in those islands.

Anyway she has bought several of the brown strips for the occasion with a few bottles of Russian vodka. In the jacuzzi on the terrace this should do the trick. She puts her shawl back on her shoulders. It's cold tonight.

She puts a Coldplay disc on, and watches her face nicely madeup in the mirror. She gently caresses her legs. They are smooth and thin. She could call Mike the concierge. She knows how much he loves to take her the doggy way on the sofa with his face turned towards Central Park. Once a week he takes her like this, in a violent way, sometimes two, when it burns too much between her legs. Well it's too cold. It is said, she will call him.

Mike never ends. He had promised, already a quarter of an hour ago, to be there in five minutes. He must still be commenting the last baseball game with Zak, his buddy from Harlem, in front of the building under the red canopy of the front hall. She is trembling of cold and hot. She looks down at the small horse carriages passing with their hord of hilarious tourists perched on them. They look so small. It is decided, if Mike is not there in ten minutes she will join them. She looks at her Rolex in a hagard way. There. Fifteen minutes already. She opens the windows, puts the shawl with great caution back on the sofa, adjusts her hair in the mirror, climbs the railing and jumps.

The phone rings. Three rings before the answering machine begins to register .

"Sweetheart it's Esther, your mother, you need to tell me me what you want for your birthday and for Christmas. This is coming so fast"

Yes it is true, it will soon be Christmas.

Saturday, November 22, 2008

Isolement

Murs blancs. Des barreaux à la lucarne. Mais pourquoi ces barreaux au dessus de ma tête ?

J'émerge doucement d'un cauchemar de portes qui s'ouvrent et se ferment. A chaque nouvelle porte un archer me décoche une flèche dans le ventre. Une chouette ébouriffée aux yeux démesurés compte les points. Une horloge de la forêt noire, en forme de chalet, bat un tempo sourd. Tic tac. Tic tac. Je donnerai tout pour qu'elle s'arrête. J'essaie de tendre le bras pour arréter le balancier. Je n'en ai pas la force. Mes bras sont comme inertes et sans vie.

Des plumes de la chouette sont tombées dans ma gorge. Elles m'étouffent. Ma langue est lourde et pateuse. Ca sent l'urine aussi. La chouette tourne sa tête en cercles concentriques de plus en plus serrés. Le néon blanc flotte dans l'air. Sur le circuit miniature de mes dix ans la voiture rouge tourne de plus en plus vite. Tic tac. tic tac. Le balancier frole ma tête sans relache.

- Il est là depuis hier. Une crise de schyzophrénie. C'est la police qui l'a amené. On va l'admettre en UMD.

Elle est blonde, comme un sucre d'orge. Le blanc de sa blouse m'éblouit. Je voudrais bien lui caresser la jambe, mais les sangles m'en empèchent. Je ne sais pas par où elle est entrée. Il n'y a pas de porte dans la chambre. Il n'y a plus de porte.

Je me souviens qu'on a vendu mon circuit miniature. C'était avant la maison. La maison sans porte de mes dix ans.

- On va vous faire une piqure monsieur. Ne vous inquiétez pas, cela ne sera pas douloureux.

Elle a un petit collier qui bat au creux de sa gorge. Qui fait tic tac de plus en plus doucement en se penchant sur moi. Ne plus entendre ce tic tac. Ne plus l'entendre. Mes larmes me glissent dans la bouche. Elles ont un gout salé. Un gout d'océan. S'endormir dans la mer. Ne plus entendre.


Thursday, October 30, 2008

Voyage immobile



--------------------------------------------19 h 30---------------------------------------------

----------------------------------------Ile Saint Louis------------------------------------------

------------------------------------Gros Plan Sur Tes Yeux---------------------------------

------------------------------------Cascade De Tes Cheveux-------------------------------

----------------------------------------------Ebloui--------------------------------------------

--------------------------------------------06 h 30---------------------------------------------

Tuesday, October 14, 2008

Chateau de Dilliers



Il commençait à faire sombre dans la cour du chateau de Dilliers. La journée avait été longue et lascive. Ces dames avaient joué au croquet, aidé le jardinier à dégager les mauvaises herbes du yucca, et prenaient maintenant leur thé. Les feuilles provenaient directement de la plantation de l'Oncle Paul sur l'ile Maurice. On n'en faisait pas de meilleures. Les demoiselles avaient fait de la barque sur la douve, tenté de capturer des brochets dans la nasse et caressé mille fois les oreilles de Farouk, le chien du fermier, et celles du poulain dernier né.

- Mère, regardez comme Civette a crotté ma robe.
- Je vous avais dit de faire attention Anne Sophie. Encore du travail pour les bonnes...

Marie restait dans son coin. Elle était restée silencieuse toute la journée. Anne Sophie avait bien vu sa cousine s'enfermer dans la fuie pendant une heure, mais elle avait tellement de choses à faire qu'elle n'y avait pas vraiment prété attention.

Monsieur de Dilliers pérorait.

- Ce poulain je compte en faire un champion. Je vais le confier au métayer des Beaumont et dans un an il courra au prix de l'Arc de Triomphe.

- Vous avez toujours la folie des grandeurs Jean. Mais il est vrai que son pedigree parle pour lui. Je reprendrai bien un peu de votre calva. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas eu le plaisir d'en boire. C'est autre chose que notre rhum.

Geneviève donna un coup sec sur la laisse de sa tortue. Encore une idée saugrenue de l'oncle Paul. Il en avait ramené une pour toutes les cousines. On leur avait donné à manger sur l'herbage au dessus de la pièce d'eau et on avait tenté sans succès de leur faire faire une course.

Geneviève tenta de questionner Marie.

- Tu n'as pas l'air bien gaie aujourd'hui cousine.

Marie gardait la tête baissée. Elle bredouilla.

- Laisse moi... C'est à cause de l'oncle Paul.

- L'oncle Paul ?

- Oui. Ce matin il m'a demandé de venir avec lui dans le salon rouge. Il m'a dit qu'il m'avait ramené un cadeau. Et...et puis il m'a touché sous ma robe. Et... il m'a demandé de le toucher aussi.

Soudain Marie, le visage rouge hurla :

- Farouk ! Ici Farouk.

Le beauceron se précipita vers elle, dans un mouvement silencieux. Ses yeux brillants, au milieu de son poil noir et luisant la fixaient maintenant intensément.

- Attaque ! Attaque ! lui intima t elle en désignant la tortue qui somnolait au bout de sa laisse.

Vivement Farouk se jeta sur la tortue avant qu'elle n'ait eu le temps de rentrer dans sa carapace et la massacra en grondant.

Les cousines regardaient la scène sans rien faire avec un sourire au coin des lèvres.

Madame de Dilliers accourait horrifiée.

- Mais enfin que se passe t il ? Jean ! Jean, appelez le jardinier. Paul faites quelque chose !

L'oncle Paul maugréa.

- Ces enfants sont insupportables. Heureusement le pensionnat va nous dresser tout cela.

Thursday, September 11, 2008

Bazaruto Express


Doug se massa les épaules comme il pouvait. Les courbatures lui cisaillaient le dos. Son installation depuis des jours dans ce camion au milieu de troncs géants d'arbres exotiques l'avait brisé. Il avait juste demandé à aller vers la mer. A son visage buté, Guillermo, le chauffeur avait compris qu'il ne faudrait pas lui demander son passeport au passage des frontières. Seulement quelques arrêts la nuit pour laisser souffler le moteur, boire un peu d'eau au goulot d'une gourde marronnasse et avaler un quignon de pain lorsqu'il y en avait.

Parfois Guillermo, au hasard d'une halte, lui avait aussi passé un peu de rhum en cherchant à le questionner. Il avait vite compris en observant la carrure athéltique de Doug, qu'il avait affaire à un militaire. Nul n'ignorait qu'il restait encore quelques troupes de mercenaires, anciens de la légion étrangère en rupture de ban, dans le coin. Guillermo lui confirma qu'ils avaient bien marché. Ils avaient passé Dar Es Salaam et ils rentreraient au Mozambique le lendemain. Kinshasa n'était déjà plus qu'un brulant souvenir.

Doug se rendormit brutalement malgré l'odeur entétante du fioul et les chocs engendrés par les vastes ornières créées dans le bitume par les pluies torrentielles. Dans son rêve les arbres malebos s'agitaient en tous sens au rythme lancinant des tambours des maîtres sorciers. En hurlant ils cherchaient à éviter les dents voraces des tronçonneuses. Par leurs pores s'échappaient le long du tronc, des rigoles de sang. L' odeur entétante de sang mélé à la sève en fusion lui brulait la gorge. Il se réveilla brutalement. Le jour était levé depuis longtemps et on avait encore crevé un pneu. Doug regarda au loin derrière les cocotiers, et vit la mer et une île longiligne qui brillait au soleil. Il demanda à Guillermo où l'on était.

-"Nous sommes à Vilankulo" lui répondit il. "Ce que tu vois c'est l'île de Bazaruto. Mais nous n'allons pas nous attarder, il y a encore beaucoup de route jusqu'à la frontière Sud Africaine."

Les yeux de Doug n'arrivaient pas à se détacher de la dune de sable qui brillait au milieu de l'eau.

- "C'est ici que je m'arrête" dit il. "Merci". Il avait déjà son balluchon sur le dos et il commença à descendre vers la côte sans se retourner. Un pécheur se préparait à partir avec sa barque à voile triangulaire. Doug savait qu'ici on parlait portugais. Pas lui. Il n'avait pas non plus d'argent.
Il fit un sourire et pointa l'île du doigt.

Plus l'île s'approchait plus elle brillait...
* * *
La dune brillait de mille feux. Doug s'y engagea lentement. Sur ce flanc la dune montait en une pente douce et régulière. Doug marchait comme on lui avait appris à l'école des commandos, le corps bien en avant pour ne pas s'enfoncer. Le vent malicieux avait créé un gigantesque damier, alternant des parcelles de sable foncé et d'autres luminescentes dans une géométrie quasi parfaite. Doug s'arréta sur la crète et observa longuement. A ses pieds la mer s'était retirée dégageant des bancs de sable torsadés en forme de grands serpents blancs. Doug regarda le bleu du ciel, le vert de la mer, et le blanc du sable qui se mélangaient si intimement. Une harmonie parfaite régnait en ces lieux, bercée par le tourbillon des vagues sur le corail. Puis il tourna la tête vers l'autre coté. La dune avait au gré du vent envahi l'oasis de cocotiers à ses pieds. On distinguait encore le faîte de quelques arbres à moitié étouffés. Sous ses yeux la dune descendait sur cette face, en une pente quasi verticale sur trois cents mètres.
Doug regarda la mer intensément. Puis il saisit fermement son sac entre ses bras et il se jeta dans la pente. Le sol se dérobait sous lui le happant de plus en plus vite. Sa bouche se remplissait de sable brulant. L'avalanche minérale pénétrait dans tous ses pores, l'empéchant de respirer. Doug cherchait le bleu du ciel, il ne vit bientôt plus qu'un halo de jaune et de noir, et du rouge qui lui remplissait les yeux. La dune s'était refermée silencieusement sur lui ne laissant subsister qu'un léger monticule. Quelques minutes plus tard le vent avait repris son travail faisant courir le long de la dune des morceaux de broussaille montant à l'assaut de la pente comme des araignées voltigeuses.
'
- "Monsieur, monsieur ... ça va ?" Doug finit par comprendre qu'on lui parlait. Un jeune homme le dégageait peu à peu. Doug recommença à respirer. Il avait perdu son sac. A force de paroles avec les mains, il parvint à comprendre le jeune homme. Celui ci avec un grand sourire qui dévoilait le blanc de ses dents lui fit comprendre qu'il s'appellait Yago.
'
Yago montra à Doug comment chasser les crabes et les poissons avec un baton armé d'une petite pointe métallique. Ils les mangeait le soir autour d'un feu de bois agrémentés de quelques noix de coco. Doug comprit que l'île n'était habitée que par deux luxueux hotels de quelques chambres beaucoup plus au nord. Il n'y avait dans cette partie que quelques pécheurs qui passaient parfois avec leurs dhows. Yago lui montra aussi comment trouver de l'eau en évitant le lac infesté de crocodiles. Il lui laissa partager sa hutte.
'
La nuit Doug revoyait sans cesse le village là bas où ils avaient tiré sans sommations. Les flaques de sang surtout. Et puis cet enfant qui ressemblait à Yago et qui semblait sourire à la mort. Et les mouches collées sur les corps.
'
Pendant plusieurs jours Doug observa le manège des dugongs et des dauphins. En plongeant sur l'autre côte, du coté de l'océan, il avait aussi remarqué des tortues géantes, aussi grandes qu'un homme, qui revenaient chaque jour sur la plage à heure fixe se dorer au soleil. La plus grosse avait une tête débonnaire et le regardait sans inquiétude. Doug la surnomma Bonnemère. Plusieurs fois il revint lui porter des feuilles de cocotier qu'elle dévora goulument. Chaque jour Doug ressentait d'horribles douleurs dans le ventre. Un acide le brulait. Il avait essayé plusieurs fois d'expliquer à Yago qu'il était malade, mais celui ci n'avait pas compris.
'
Yago était parti sans dire où il allait et cette nuit là fut fut plus terrible que les autres. Le ventre de Doug le brulait atrocement. Des cauchemars heurtaient sa tête sans répit. La sueur lui collait aux tempes. L'eau n'assouvissait plus sa soif. Sa peau brulait. Il délirait. Il se dirigea vers la plage. Bonnemère était déjà là malgré l'heure matinale avec ses congénères.
'
-"Bonjour Bonnemère" lui dit il.
-"Je dois partir aujourd'hui" ajouta t il.
- " D'accord, monte sur mon dos" lui répondit Bonnemère.
Doug monta et elle s'éloigna vers le large en prenant soin de bien rester à la surface.
Au loin la mer et le ciel respiraient un bleu éclatant. Le soleil se mit à sourire.

Monday, August 04, 2008

C'est bientôt Noel à Central Park


Elle regarde par la baie vitrée les joggers qui courent autour du réservoir de Central Park. Aucun son ne parvient jusqu'au huitième étage. Allongée sur le sofa elle machonne distraitement la barette marron qu'elle a acheté tout à l'heure furtivement devant Saks Fifth Avenue. Un goût acidulé qui monte à la tête et qui lui rappelle inconsciemment un après midi sur le pont de la vedette de Jim Baker sur le Lake Tahoe. Jim voulait l'emmener faire une tournée dans les bordels du désert du Nevada. Elle lui avait fait une pipe et on en était resté là. Jim est mort de toute façon. Un accident au volant de sa Mustang. Deux ans déjà ? Non trois peut être.

Il n'y a plus de feuilles sur les arbres à cette époque de l'année et on devine que la neige ne va plus tarder. Un hiver de plus. Elle aura bientôt quinze ans. Esther,sa mère, a promis de l'appeller pour fêter ça. Mais elle avait déjà fait cette promesse l'année passée, et avec son voyage aux Maldives, elle n'avait rien pu faire. Les communications ne sont pas parfaites paraît il dans ces îles. De toute façon elle a acheté plusieurs barettes pour l'occasion et quelques bouteilles de vodka russe. Dans le jacuzzi de la terrasse cela devrait faire l'affaire. Elle remonte son chale sur ses épaules, il fait froid ce soir.

Elle a mis un disque de Coldplay et regarde son visage maquillé dans le miroir. Elle caresse ses jambes doucement. Elles sont lisses et fines. Elle pourrait téléphoner à Mike le concierge. Elle sait combien il adore la prendre en levrette sur le sofa, son visage tourné vers Central Park. Une fois par semaine il la prend ainsi brutalement, parfois deux, quant son entrecusisse la brule trop. Bon il fait trop froid, c'est dit elle l'appelle.

Mike n'en finit pas. Il avait promis, il ya déjà un quart d'heure, d'être là dans cinq minutes. Il doit encore être en train de commenter le dernier match de baseball avec Zak, son pote de Harlem, devant l'immeuble sous le dais rouge devant le hall. Elle a des suées de froid et de chaud. Elle regarde les petits fiacres qui passent en bas juchés de touristes hilares. Ils ont l'air si petits. C'est dit si Mike n'est pas là dans dix minutes elle les rejoint. Elle fixe d'un regard hagard sa Rolex. Voilà. Quinze minutes déjà. Elle ouvre la baie vitrée, repose le chale sur le sofa, réajuste ses cheveux dans le miroir, escalade la rambarde et se jette dans le vide.

Le téléphone sonne. Trois sonneries avant que le répondeur ne se mette en marche.

" Ma chérie c'est Esther, ta mère, rappelle moi vite pour me dire ce que tu voudrais pour ton anniversaire et pour Noel. Cela va venir tellement vite"

Oui c'est vrai, c'est bientôt Noel.

Friday, July 25, 2008

Demain dès l'aube

Sur un premier vers du grand Hugo, pour jouer le jeu avec la communauté du papier libre :

http://papierlibre.over-blog.net/articles-blog.html


Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
Je partirai, chemise au vent et la mèche en bataille
Demain se jouera mon destin au coeur de l'Allemagne
Matamore hirsute j'irai sans peur et souriant à la mitraille

J'ai relu au flambeau du matin toutes tes lettres jusqu'à plus soif
Je le sais maintenant, rien ne me retient plus au coeur jadis aimé
La brume investit la tranchée et le vent d'un boulet me décoiffe
J'ai pleuré, puis j'ai ri, et bu toutes les larmes du temps passé

Demain une fois encore je foulerai les lourdes terres de Bavière
Sous les ordres du lieutenant, ma nouvelle promise m'attend
Je laisserai mon képi pour acceuillir une balle du firmament
Je boirai des étoiles et demain ne sera jamais plus comme hier.

Antinéa de Fès la blanche

Elle est assise à même la roche face à la mer. A ses pieds un gisant de pierre, rongé par l'iode, dont on devine encore qu'il s'accroche au roc par une amarre géante. Au dessus d'elle se tient une lourde croix de granit, particulièrement dépouillée dont les deux rondins de pierre sont agencés par un montage invisible à l'oeil.

Sa robe marron foncé la couvre entièrement ne laissant entrevoir que ses pieds. Parfois la brise découvre soudainement le pan du bas et un pantalon, du même tissu, qui cache encore plus ses jambes que l'on devine pourtant aussi frêles que celles d'une gazelle. Elle regarde la mer concentrée sur un horizon invisible.

Elle porte sur la tête un voile qui ne laisse pas de doute sur ses origines ou sa religion. Ses yeux sont soulignés d'un khol troublant qui laisse entrevoir la pureté et l'éclat de la rétine. Elle sourit doucement et une mélopée sourde s'échappe de ses lèvres, message qu'elle adresse à on ne sait qui au bout de cet horizon tendu de cumulus nimbus. Au loin un spi blanc gonflé sur la mer semble donner un écho terrestre et généreux aux nuages.

Je retrouve dans ma bouche le goût surprenant d'un fruit juteux à la fois doux et amer par delà les océans dans la casbah de Fès la blanche. J'y poursuivais Antinéa sous le regard malicieux de mon guide avec sa dague incongrue au flanc. Et sous les porches balafrés j'entendais la même mélopée qui me guidait, de portes en portes, dans le tortueux labyrinthe des venelles. Je ne sais toujours pas où est la clé mais il me reste cette voix de sirène qui me guide aujourd'hui de rocher en rocher.

Saturday, June 07, 2008

Séverine

Je suis seul ce soir, une fois encore, autour d'un verre de fragolino où flottent de miniscules fraises réduites dans l'alcool qui crissent sous la langue. Et je ressasse, une fois encore, le pourquoi et le comment. Séverine.

Je t'imagine en train de lire, encore et toujours, au coeur d'une histoire qui te sourie. Sourcils froncés, studieuse, attentive, ambitieuse étudiante. Tu repousses d'un geste de la main la mèche blonde qui retombe sur tes yeux verts. Tu écoutes du bel canto. Du Verdi bien sûr. Les violons dansent puis laissent la place à deux cymbales, puis à une flute solitaire. Tu fermes les yeux.

Je t'observe. Sous ton masque je cherche le visage et sous la femme je cherche l'enfant. Je te regarde si frêle, si menue et si solide et si décidée pourtant. J'ai froid.

Ton énigme tourne dans ma tête. Je t'observe à ton insu, voyageur indécent au coeur de tes rêves. Je cherche une faille inavouée, une ridule du destin. Je cherche une concession, un relachement de tes mains.

Quand tu expliques la toile pendue au mur du musée d'Orsay à une foule de touristes avides qui boivent tes paroles. Je t'observe incrédule, médusé, admiratif et jaloux de leurs regards.
Quand tu commandes des exemplaires supplémentaires de ton livre à ton éditeur d'un ton impératif et que tu me souris en même temps d'un air si désarmant, je sais plus si c'est à moi que tu souris ou à lui. Tu connais tout le monde, surtout le monde qui compte. Et tout le monde te connait et compte sur toi. Moi c'est toi que je voudrais connaitre. Bal des innocents ou nuit des longs couteaux ?

Petites bribes d'années si rapides, si furtives que je convoque au tribunal de mon souvenir.

Et puis tu te souviens de ce soir là ? Quand tu m'as dit que ce n'était pas possible. Quand tu m'as dit pourquoi. Je te disais des mots en anglais car je n'avais plus la force de les dire dans une langue que tu comprendrais. Mais bien sûr tu les comprenais quand même. Tu te souviens que je t'ai fait danser contre moi, très serrés, pour que l' intimité de nos corps se devinent enfin. Tu m'as répondu par un baiser sauvage de nos langues. Le premier. Le dernier. Et j'ai peur soudain. Peur de mon insignifiance. De mon néant. Je n'ai rien à offrir. Quelle est ma pertinence ? Et puis jaloux moi ? Comme ce serait drôle.

Je quémande ton visage et ton sourire dans le noir du soir qui vient. Je te perds. Tu restes comme une note stridente qui fait trembler puis qui s'étiole. Un Buena Notte staccato. Point d'orgue de l'opéra des hommes. Mais il n'y a pas d'applaudissements. Juste le silence.

Thursday, June 05, 2008

Amen





Je croix en toi Seigneur Jesus
Amen

Je vous salue Marie pleine de grâce
Hymen

Faites vos jeux, rien ne va plus
Amène

This court is now in session, all rise
Oh men !

Friday, May 23, 2008

Once upon a time on the road again...




Endless desert. Desert without an end.

La Cadillac Eldorado au dos d'acier bleuté, brille, fumante, sur l'asphalte qui suinte. Brumes de chaleur, cactus, poteaux télégraphiques ondulant en rangs d'oignons. Dunes enrochées qui titubent comme un serpent fou, trou sans fond, colline sans nom. Puis le bitume sans fin, rectiligne, pétrole zébré,cravaché, bouillonnant puis figé. A la radio hurle sur la bande fm l'air qui étanche ma soif et m'entraine toujours plus loin. Repères perdus, sans boussolle, sans rétroviseur, sauvagement heureux.

Ne pas réfléchir, être cette musique qui pulse mon coeur, ce moment d'adieu. Puis, plus tard, fenêtres toujours ouvertes, l'air du soir qui apaise la quête. Découverte improbable d'un canyon oasis, quelques baraques, un drapeau. Le barrage gronde sa plainte, un lézard m'observe, je m'allonge sur le dos.

Freedom thus is thy word.
Freedom thus is thy world.

Vertiges


Je me souviens d'un pont un soir. Sous ses arches de métal coulait la Seine. Personne aux alentours. Au loin un bateau mouche éclairait fugitivement des arbres dont le vert brillait de mille feux. Sous le pont l'eau était noire et hypnotique. Comme recouverte d'un grand manteau sombre et chaud. J'y ai jeté un caillou, je ne l'ai jamais revu.

Je me souviens d'un bac sur le Saint Laurent. Les vents étaient démontés. Ce serait le dernier bac de la journée. Dans ma voiture de location la petite auto stoppeuse de Toronto, bien au chaud retapissait ses lèvres pour la deuxième fois d'un rouge à lèvres aux couleurs de sang. Arrimé à la rambarde je guettais avec une âme de Jonas, une hypotétique baleine. Les clés de la voiture teintaient au fond de ma poche. Elles me brulaient les doigts. Une envie sourde et brutale me poussait à les jeter dans les eaux déchainées. Une mouette a retenu ma main.

Je me souviens de tours sans fin aux âmes de verre et de métal oscillant au gré du vent, et aussi d'un rocher blanc à pic sur un fjord norvégien.
Je me souviens d'un temple indonésien aux mille marches, où la trompe
de pierre d'un éléphant plongeait au plus profond d'une savane avide.
Je me souviens d'un hélicoptère survolant une baie de sable nacré dont
les pales tutoyaient les étoiles et moi le vide.

Je me souviens que dans tous ces lieux, des nuages au ciel, en volutes gracieuses, me dessinaient une carte changeante d'un monde plein de promesses de lendemains.

Monday, May 05, 2008

Amérique du Nord. Once again.

Le soleil est déjà chaud, le vent souffle sur le lac. Sur le pont suspendu tanguent des Cadillac. Les pompiers testent leurs bateaux pompes à coups de jets puissants.

A l'université, au pied du hall victorien, il joue de la guitare, hilare. Quelques vieux hyppies survivants d'un monde antique, sirotent un jus de carotte. Elle prend des photos pour immortaliser l'instant. Elle croque des bonbons roses. Sa robe remonte très haut quand elle fouille dans son cabas. Elle s'en fout. Tous préparent la réunion contre l'extraction de l'uranium qui va se tenir à l'étage.

A Chinatown on trouve toutes les couleurs et toutes les odeurs. Les champignons séchés sont tout recroquevillés, piteux dans leurs cages en plastique. On vend des plats de nouilles ici, et des cartes de téléphone en direct pour la Chine là. Une vieille Toyota manque de peu d'écraser grand maman. Le restaurant du coin de la rue voudrait bien racheter le musée d'Art Moderne, pour en faire un karaoké. Mais cela ne se peut pas. Enfin pour l'instant. Cela serait pourtant beau un grand néon de plus clignotant jusqu'au bout de la nuit.

Au coin de la rue, c'est la sortie de l'église orthodoxe. Les femmes, même les plus jeunes, portent des fichus. Elles parlent russe entre elles. Les paniers bénis sont plein de mets bigarrés et d'oeufs colorés. J'ai bien envie d'en casser un. Mais cela ne se peut pas. Enfin pas pour l'instant. Au sous sol le pope bénit à qui mieux mieux sous le visage impavide de l' ancien tsar. Quel mélange ! Dans la foule je ne vois plus mes pieds.

A l'opéra tous sont endimanchés. Un dimanche de province. C'est haut, c'est clair, c'est propre. Pas de rush. Une dame au micro nous décrit toutes les arcanes, actes par actes,avant de commencer. J'ai peur d'avoir tout compris, et puis c'est un classique. Ma voisine, toute de belles rondeurs, ne comprend pas comment elle a pu payer si cher cette loge alors que moi... Non elle ne m'en veut pas, non, mais elle ne comprend pas... Elle voudrait bien connaitre là d'où je viens. C'est si romantique. Actes par actes. Elle penche sa tête de guingois pour observer le décor qui s'étage de la ville à la campagne dans une pente vertigineuse.

Au soir tout explose. les femmes, belles comme des danseuses, ont des robes noires et des jambes vertigineuses. Elles font la queue pour entrer dans des antres qui beuglent. Elles ont leurs bières à la main. Leurs hommes, et ceux qui vont en faire office, ont la hardiesse de ceux qui ont déjà beaucoup bu. Petites morts au champ d'honneur.

Une journée bien ordinaire dans l'amérique du nord, au coeur d'un monde mutant qui migre chaque jour vers son demain.

Friday, April 18, 2008

Des lyres à quatre mains ? Oui si tu le veux... Part 2

Avec Coralie

http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=101282545

Elle lui demanda soudain comment il était habillé
Il lui dit qu'à cet instant il était tel qu'il était né
Vierge de toutes rencontres prêt à aimer ... en corps
Et en esprit, dépouillé du passé, prêt à aimer encore.

Elle lui répondit qu'elle n'était pas sûre d'en être capable
Il sourit car il n'aurait pas voulu d'un coeur trop malléable
Ses yeux se fermèrent sur des images érotiques et tendres
En mousseline rouge telle qu'il aurait voulu la prendre.

Elle se laissa glisser, guidée par sa voix chuchotante
Lui était adossé à un tronc couvert de mousse caressante
Ils se rejoignirent en un râle aussi surprenant que puissant.

Puis il posa le téléphone, se coucha dans l'herbe et sourit
Il resta ainsi, immobile, une nuit entière et réfléchit
Au matin, l'avion roulait vers l'ile au parfum odorant.

Monday, April 14, 2008

Quand Malko Linge caressait Ingrid. Script sépulcral.

Merci à toi qui m'a aidé à retrouver ce délicieux script que j'avais presque oublié. Quelle aventure :) A l'origine d'une oeuvre mémorable à trente têtes qui a fait notre bonheur sur plusieurs semaines...Ou êtes vous Lérie, Iginie, Evalia, Bernuche et tous les autres ?

Malko Linge, Prince of Sawabia zu Huenzollern von Patdsat, est un agent de Langley et Ingrid est sa compagne actuelle. (On notera qu'Ingrid doit son apparence de femme à l'intervention de l'agent Mamyblue, expert dans le maniement du bistouri au Brésil.)
Le prince Malko vient d'apprendre les fiancailles de son ancienne maîtresse, la comtesse Iginie de Montparnagor, avec le Prince Albert de la Tour d'Artisem et lui envoie cinquante roses. Iginie, qui a en fait épousé son Albert en secret, appelle Malko et exige également des vases en cristal pour ses roses. Malko confie à Nekomoon, toujours divine malgré ses quarante ans et son problème avec l'alcool, la mission très spéciale d'enlever Evalia Castafiore, sa nouvelle conquête, et de le seconder pour la fouetter avec sa ceinture cloutée.
Au même moment, dans un château des carthapes orientales, le machiavélique Bernd-Huche, qui veut empêcher son ennemi juré le Prince Malko de s'en prendre à la douce Evalia, confie également à sa secrétaire personnelle, la sulfureuse et vénéneuse Ziza, la mission de l'enlever puis d'éliminer le prince. Mais Ziza est en réalité un agent double travaillant pour le Prince Malko. Il a envoyé Ziza empoisonner Bernd-Huche, de l'agence GPO (sous division ukraino-bulgare du KGB), en enduisant sa robe de chambre, griffée Saint-Lorent-rive-droite, de cyanure. Mais Bernd-Huche en réchappe, et veut à présent employer les grands moyens. Il décide de faire appel à une tueuse professionnelle pour le débarrasser de son ennemi : l'ultra dangereuse Lérie ! Ziza, douce traitresse, lui a appris ce que complotait Bernd-Huche.
Malko lui confie alors la mission d'enlever sa femme la Terrible Bernd-Huchette, autrefois connue sous le nom de Petrovna Kolova, alias aujourd'hui Bernina la Machette à sang froid.

Pendant ce temps, Nekomoon, au volant de la jaguar prêtée par Malko, se dirige vers Périgueux où Evalia se trouve dans une école hôtelière pour suivre une formation sur les truffes. Au moyen d'un piège sournois, elle parvient à capturer Evalia, la ligote et la met dans le coffre de la Jaguar. Pendnat ce temps là à Hambourg, Bernd-Huche se rend à son rendez-vous avec Lérie à bord de sa Badmobile conduite par son fidèle chauffeur Unsoir. Ayant mis fin à sa carrière de tueuse, après avoir promis de s'arrêter à trente neuf meurtres, pour ne pas gacher son quarantième anniversaire, Lérie demande l'aide de son amie Ziza qui réussit à localiser Bernd-Huchette et à la lancer aux trousses de son mari. Lérie fait savoir à Bernd-Huche qu'elle doit se désister. Il se fait une raison mais ne peut refuser ses avances.Sur l'autoroute, la douane volante vient d'arrêter Nekomoon. Guidé par les hurlements d'Evalia, le douanier la libère du coffre, après une belle sucette, menotte Nekomoon et ramène tout ce petit monde à Périgueux. Evalia, qui avait envisagé de se venger, y renonce après avoir rencontré Sagamore Stévenin. Quant à Nekomoon, mettant son comportement sur le compte de la boisson, elle se repent, renie le prince et quitte la ville avec Hugh-Jackman qui l'a prise en stop. Bernd-Huche, à la merci de Bernd-Huchette qui l'a retrouvé à Zurich, rumine sa vengeance au fond de son château. Le prince Malko, seul après le départ d'Ingrid avec une femme, propose à Maeva la bibliothécaire de la bibilothèque Sainte Geneviève de l'emmener en Ecosse. Iginie le rejoint sur les bords du Loch Ness pour lui expliquer les raisons de son mariage secret.

Mais le prince, touché par la flèche empoisonnée d'un fusil tirée d'un sous-marin, est à l'agonie et décède peu de temps après. L'agence contacte Malko II, le fils de Malko, pour qu'il lui succéde et le venge.Bernd-Huche, après l'élimination de Malko père, veut tuer le fils également. Mais il se trompe de cible et tue la femme de Malko II. Celui-ci envoie 2 missiles à têtes chercheuses détruire Bernd-Huche et son minimoi.

Sur une île au large du Yucatan, l'autoproclamé el Bernucchio, maître du mâle, apprend par Maître Chéssot-Danlesfaisses la mort de son père de qui il hérite tous les biens. El Bernucchio se réjouit de ces bonnes nouvelles mais apprend aussi que pour hériter il devra auparavant tuer le prince Malko ainsi que toute sa famille. Mais Maître Chéssot-Danlesfaisses est en fait envoyé par Malko II qui a inventé ce faux testament pour pimenter ses longues soirées d'hiver. Le début d'une autre belle aventure...

Thursday, April 10, 2008

Des lyres à quatre mains ? Oui si tu le veux... Part 1

Avec Fanny

http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=163716684

Je suisen miettes
pas de perfusion
à l'horizon
il ne me reste plus
que le bouche
à bouche
mon souffle
frôle tes mots
mes mains
collent à ta peau
je ne suis plus seule
face à ton puzzle
pas de perfusion
à l'horizon
tes mains jouent
de mon piano
en diagonales
à l'horizontal
à la verticale
violon
arpège et rêve
musical
la gamme blues
et les bleus à l 'amour
égrènent les raisons
et les torts
pas de perfusion
à l 'horizon
les notes enivrées
pianotent
sur nos corps
des symphonies
au goût d'inachevé
en quête de fusion
il est sous perfusion
l'horizon
elle est perfide
la solution
chanter pour vivre
une mort chromatique
sur tous les tons
pas d 'harmonie
à l 'horizon
elle glisse elle glisse
l extrême onction
il est avide
le diapason
point d'orgue
point de fusion
point de tricot
détricoté
petite mort sadique
torsion
chant d'hallali
onction funèbre
péremptoire contrition
le corps à l 'abandon
appelle à l'aide les tons
la quinte de justesse
tombe du septième ciel
de dominante ad libitum
sous l horizon du swing
pas de temps mort
à l 'horizon
le fil d or imprime
la cadence parfaite
du vice intime
et c 'est bon

Wednesday, March 26, 2008

Drapeau noir. Hallali.

Holà moussaillons nous voilà bien encalminés
Calme plat, voiles hagardes et laminées

Allez les gars, vos amis connaissent la technique ?
Il faut les faire loffer en mode automatique

S'il le faut cliquez avec vos jambes de bois
Mais surtout vous aussi cliquez plusieurs fois

Si le cuistot ne sait pas lire, qu'importe, avec une croix
Il signera, et que nos morts donnent aussi de la voix.

Y a du rhum à la clé, un beau butin capitaine ?
Non mon gars juste la gloire au mat de misaine.

Hissez le drapeau noir à tête blanche.
Et on boira le vin jusqu'à la lie dimanche.

Saturday, March 01, 2008

Festival du Blog

Merci aux 225 personnes qui ont voté pour moi, pour le festival du blog. Merci. Ca réchauffe le coeur :)

A big thanks to all those who voted for my blog.

Friday, February 29, 2008

Fleurs




Bouquet de fleurs des champs.
C'est bientôt le printemps.

Wednesday, February 27, 2008

Rue Pacific

Rue Pacific. San Bernardo

Ces temps derniers, j’ai eu beaucoup d’accidents.
Je tournoie à la fête des fous, au bal des déments.
Je crois que ma vie m’a tiré plusieurs fois dessus.
Ensanglanté, le sang caillé me brouille la vue.

Mon nez saigne en été et au printemps.
Mes veines bleuissent l’acide du temps.
Ma respiration expire sans prévenir.
Mes boutons exudent un vilain sabir.

Centaure. Venin. Expiation.
Aurore. Jardin. Rédemption.

Marc de Gondolfo. Préambule de "L'exil mimosa"

Friday, February 22, 2008

Marcel

Autrefois il fabriquait des chaussures
Trente ans à joindre des armatures

L'usine de la zone a fermé
Délocalisé le voilà exilé

Dans la grand ville il a vendu
Ses poèmes, ses sourires de pendu

Il fait froid rue de Verdun
Il va mourir le paladin

Faute de promesses jamais tenues
Il a tout bu, puis il s'est tu

Une mésange picore son pain
Le croque mort lui prend la main

Plus de pouls
C'est tout.

Saturday, February 16, 2008

Henri de Naxi, auteur à succès (Extraits)


Nous traversons d'abord le salon d’apparat sombre et plein d’ombres, puis le salon de danse où rougeoient des lampes à pétrole allumées sur les rebords des fenêtres. Les flammèches qui dansent derrière leurs verres, donnent un air fantomatique aux lourdes tentures. Sylvia marche en glissant devant moi. Elle pousse une porte, puis une autre, et m’entraîne enfin dans le fumoir vers un grand bureau Empire. Elle y a déposé, religieusement, un grand ouvrage relié, illustré d’une collection de roses par Redouté. Elle s’assoit en silence.

Je l’observe tourner lentement l’ouvrage page après page. Un grand encart blanc cartonné, puis en son milieu une tache de rose et de vert, avec un hiéroglyphe savant de botaniste, qui décrit la fleur. Je suis penché sur son cou. Les roses exhument un parfum suave et frais d’enfance. Leurs pétales doucereuses s’ouvrent une à une. Les tiges vertes opiacées aux épines vives luisent d’un vert hypnotique.

Elle tourne les pages.

« Sylvia. Je t’ai apporté un cadeau. »
« Un cadeau ? » Elle m’observe dans son dos, le cou tordu, avec de grands yeux ouverts et attentifs.

Je lui tends le petit paquet ficelé. Elle l’ouvre lentement après l’avoir posé sur le bureau. Ses mains, ses bras roses, jouent d’un archet invisible et s’animent.

Elle découvre un écrin capitonné. A l’intérieur sont enchassés deux bâtons de rouge à lèvres. L’un est rouge carmin et sombre, l’autre est rouge vif et sang.

Elle se retourne et me regarde. Fuyant son regard, je fixe au mur, sous la lumière vacillante, un tableau hollandais représentant un vieil homme en clair obscur qui scrute hagard une courtisane affalée sur son canapé.

« Vous voulez que j’en mette maintenant monsieur de Naxi ? »

« Oui j’aimerai bien s’il te plait »

Elle se déplace jusqu’à un miroir de sorcière pendu au mur, à l’ovale convexe et déformant qui la dédouble de façon troublante et inquiétante et applique calmement sur ses lèvres le plus rouge des deux. Elle est comme un fruit rouge et vivant qui palpite. Puis elle défait ses cheveux de leur ruban, se retourne vers moi et fait tomber sa robe, découvrant deux seins aux parfaites aréoles.

« Pour moi ce sera la première fois » me dit elle.

Je la regarde dans la pénombre, si fraîche avec ses seins ronds qui se dressent fièrement devant moi. Elle tremble un peu.

Bien plus tard, à la naissance de l’aube, sous le baldaquin étoilé du lit, au premier étage, j’ai signé « Beau Rivage » sur son dos avec le bâton rouge carmin, celui qui a un curieux goût de bonbon sous la langue. Puis je suis parti très vite, comme un voleur.

En traversant le salon de musique déserté, j’ai vu dans la vitrine, que le violoncelle en faïence bleue de Quimper, pièce maîtresse de l'exposition, était fêlé.


* * *

« San Michele ? Pourquoi pas ? J’adore les cyprès. »

Le motoscafo Riva glisse dans un ronronnement régulier du moteur jusqu’au débarcadère. L’écharpe blanche d’Elodia flotte librement. Henri prend doucement la main gantée dans la sienne. La vedette ralentit pour aborder le ponton. Henri l’aide à descendre. Elle a mis sur sa tête un fichu, qui lui donne un petit air d’actrice des années trente. Elle porte un grand sac de cuir avec elle, beaucoup plus encombrant et lourd qu’un sac à main. Elle sourit. Sa jupe bleu pâle est fendue très haut. Une bonne odeur mi marine, mi d’herbe humide envahit l’air. Elodia passe rapidement l’enceinte de briques rouges ceinte de ses petites tourelles à trois arcades coiffées de pierre blanche. Elle évite le monastère, et l’entraîne vers un columbarium. Au coeur du vaste mur, des tombes sont fichées en hauteur sur plusieurs étages. Elles portent parfois des médaillons avec des photos, parfois quelques fleurs en plastiques ou un bout de feuillage d’autrefois. Elodia escalade une lourde échelle métallique à quatre roulettes qui permet l’accès aux tombes les plus hautes.

Elle ne porte rien sous sa robe. Ses jambes rougeoient sous le soleil couchant qui transperce le feuillage des cyprès. D’un geste de la main elle dépoussière un verre, pour mettre à jour la photo noire et blanc d’une vieille femme au sourire énigmatique.

« Maria… je l’ai connue tu sais. Il n’y a pas assez de place dans le cimetière, alors au bout de douze ans, c’est ici qu’on les met... »

* * *

Ouest France

« Mort mystérieuse d’un homme à Saint-Malo : Ce matin, à neuf heures, la police a retrouvé le corps d’un homme d’une cinquantaine d’année, sans papiers, flottant dans le bassin Vauban. Sa mort reste mystérieuse : chute accidentelle ou crime ? La mort remonte sans doute à la veille au soir, au plus fort des festivités d’ouverture du festival. L’homme, sans doute un vagabond, n’est pas connu des services de police. L’autopsie devrait révéler de manière plus précise les conditions de la mort. La police recherche des témoignages pour élucider le mystère. »



Marc de Gondolfo : Extraits de "Henri de Naxi, auteur à succès"

* * *

Monday, February 04, 2008

Laura




Quand tu me donnes ton enfance
Et que je bois tes premiers émois
Ta danse fait monter ma cadence
Mes lèvres contre ta peau de soie

Sunday, February 03, 2008

Constantinople


Constantinople. Istanbul.
Sons. Klaxons.Foule. Houle.
Couleurs. Saveurs. Odeurs.
Mais c'est Byzance !

Dans la torpeur huilée du narguilé
Tremblent les domes des mosquées.

Tout se bouscule et recule.
Tout se presse et se verse.
Tout se rue et se mue.
Transmutation. Pulsion.

L’air froid sue le Bosphore phosphorescent.
Les minarets bleus diffusent mille encens.
La voix du muezzin jaillit troublante et stridente
Relayée de tourelle en tourelle en notes vibrantes.
Sophie. Femme, Sainte, mosquée muséifiée.
Sous tes calligraphies sacrées, bleutées
Se terrent cachées, derrière des tentures
A l'abri des regards, les femmes impures.

Pleurent elles pour leurs aînées, jetées à la mer vivantes
Dans des sacs cousus, du sultan de Topkapi les servantes ?
Pleurent elles parce qu'elles n'ont pas de demain ?
Pleurent elles pour leurs enfants qui ont si faim ?

Dehors un faucon au bec acéré veille jalousement
Sur les babouches abandonnées au soleil levant.
Les couleurs endiablées luttent contre le noir du soir.
Les maquillages s'offrent en présent dans le grand encensoir.

Le grand pont de métal, entre l’Orient et l’Occident se tord
Comme la gigantesque aiguille d'une boussole qui perd le nord.
Un derviche tourneur tourne comme une toupie.
L'enfant sous son fez l'observe tout ébloui.

Tout se bouscule et recule.
Tout se presse et se verse.
Tout se rue et se mue.
Transmutation. Pulsion.

L’étrangère, épiée, prostituée par l’oeil sous un pont s’évanouit.
L’homme, un thé à la menthe en main, goguenard et hableur la suit.
Sous la torpeur, impalpable la peur.
Sous le tchador, des illusions la mort

Le faucon s'élance dans le vide
Des regards le suivent impavides.

Transmutation. Pulsion.

Wednesday, January 30, 2008

Plage de Fakarava




En me tendant une papaye elle m'avait dit
Rejoins moi ce soir sur la plage de Fakarava
Au jour il pêche des perles blanches mon mari
Et à la nuit qui tombe il n'y sera donc pas

Près du lagon sans fond turquoise acidulé
D'une large machette je cassais des cocos
Laissant couler sur ma peau le jus velouté
Quant elle m'a rejoint j'étais allongé sur le dos

Le sable blanc encore chaud crisse sous ses pieds nus
Son pagne est rouge, ses cheveux brillent sous la lune
Elle porte un collier de coquillages des Tuamotu
Signes cabalistiques d'un chapelet de motifs runes

Ses jambes fuseaux se plient vers moi en douceur
Son pagne tombe à ses pieds dans un froissement
Ses yeux ont les reflets d'un corail d'ailleurs
Ma vahiné se dévoile aux étoiles du firmament

Sur ses seins ronds sont tatoués deux petits geckos
Leur têtes altières se dressent sous la risée du vent
Ma langue enivrée de jus caresse leurs museaux
Sous le petit Mohai nos corps s'épousent savamment

Le tané hurle à sa pomaré des mots fous sans queue ni tête
De l'oeil je guette les palmiers, je n'ai pas quitté ma machette.

Piotrevski





From master Piotrevski

Thursday, January 24, 2008

Je plane


Je plane, je plane, en mystère vingt

Par dessus la terre c'est divin

La tête dans les nuages

La terre est un mirage

Roma




Mais si tu vas à Rome ma jolie poupée
N’oublie pas ton eye liner et ton cafe latte

Y a de girondes petites nonnes
Qui minaudent sur la place Navone
Aux coins de rue s’hument des expressos
Des chiens savants dansent le doble passo
A l'opéra ils passent en boucle du Verdi
Et puis y a des boutiques si ça te dit aussi

Mais si tu vas à Rome ma jolie poupée
N’oublie pas ton eye liner et ton cafe latte

A Castel Gandolfo, le pape s'offre en chapelet
Les musées antiques ne désemplissent jamais
Sur les corsos y a des sacs à lanière
Et des gemmes colorés sur des étagères
Les petits malfrats te feront sourire
Sans que tu ne saches ce qu’ils te tirent

Mais si tu vas à Rome ma jolie poupée
N’oublie pas ton eye liner et ton cafe latte

Au pied du Colisée tu vas sans doute croiser
La terre entière au guide vert apprivoisée
Un beau gosse te fera délirer sur son Alfa Roméo
Te laisse pas faire poupée par de si jolis mots
A Rome tous les chemins y mènent c'est bien connu
Là bas jolie poupée tu ne seras jamais perdue

Mais moi, tu sais, je suis ici.
Et nous deux alors c’est fini ?

Friday, November 09, 2007

Iles au vent



Elles sont partout. Grains de beauté. Amers.
Insolentes et fières qui se défendent face à la mer.

Difficiles à atteindre qui se méritent.
Isolées. Frisées d'atolls. Rondes ou qui se délitent.

Ecumantes, démentes. Souriantes, patientes.
Toujours semblables. Toujours différentes.

L’homme y est rare, à la langue lente et au coeur gros, ici le fils est né.
On veut les quitter dès le pied posé, les retrouver dès le pied exilé.

Havre. Tempête. Monde miniature. Concentré de peinture.
Grains de piment sur la mer. Poil à gratter qui gerbe l'azur.

Navires ancrés pour quelques jours aux drisses bruissantes et frémissantes.
Ormeaux aux couleurs de l' arc en ciel, bordés sous leurs toiles luisantes.

Gigue maritime endiablée.
Cri d'une corne embrumée.

Bréhat, Ibiza,
Lesbos, Amorgos,
Belle Ile et Sicile.
Irlande et Shetland.
Kho Lanta. Moorea. Cuba.
Sainte Lucie. Tasmanie.
Guadacanal et San Cristobal.
Gozo. Ilo Ilo.

Et le cimetière marin face à la mer.
Et le phare qui guette solitaire.
Et la chapelle aux ex votos.
Pendus au ciel petits bateaux.

Elles sont le début et la fin.
Elles sont le but et le destin.

Les iles.
Iles. Eau. Ilots.
Ilo Ilo.

Thursday, November 08, 2007

Te peindre...


Te peindre...

Monday, November 05, 2007

War zone


Femmes violées devant leurs hommes par la troupe en guenilles
Village arasé, huttes brulées encore fumantes que l'on pille

On te saigne les pieds, après t'avoir suavement brulé les yeux
A l'école des mercenaires, tu ne peux que faire mieux

Le fer au sang caillé rougoie sous la danse d'une flamme
Kalach en bandoulière, les yeux hagards divaguent sans âme

L'enfant de douze ans rit, exhibant un chapelet de têtes coupées
Et lance dans son meilleur français, montrant sa lame acérée

"Coupe Coupe
Coupe Coupe"

Les canons sciés portent en bandoulière la rapine du jour
Saigné comme un cochon, éventré, ils te pendent tour à tour

A bout portant, tes boyaux feront festin aux rapaces du soir
Pas de fosse, juste un tas disloqué et sans forme pour mouroir

A l'arbre de sagesse, sous le dard du soleil, on crucifie le chef
On arrache ses ongles un à un, pour ne pas faire trop bref

L'enfant de douze ans rit, exhibant un chapelet de têtes coupées
Et lance dans son meilleur français, montrant sa lame affutée

"Coupe Coupe
Coupe Coupe"

Le film défile en accéléré
Disque déraillé et rayé

Coupez Coupez

Friday, September 14, 2007

Le Mont


Qui dira tes aurores vertes et bleues fouettées et agitées ?
Qui dira tes algues d'argent ? Qui dira ton jusant ?
Qui dira ta vague ronde et brutale ? Qui dira tes gisants ?
Qui dira tes ajoncs parfumés et ton roc salé ?

Je dirai tes maisons colombines dans la sente qui serpente
Je dirai tes Montois, marins, pécheurs, guerriers ou hôteliers
Je dirai le vaisseau de pierre, à l’ange doré, au rocher lié
Je dirai, là haut , les miettes émiettées à la mouette dans la pente

Nous dirons le genet planté dans nos cheveux cendrés
Nous dirons le cidre doré glané dans tes bolées cuivrées
Nous dirons la quête du vent qui mord et nous râpe
Nous dirons nos coeurs soudain ballotés qui dérapent

Ils diront nos traversées du courant à gouter la marée
Ils diront la vague au goût salé qui court emballée
Ils diront les tangues mouvantes qui couvrent les trous d’eau
Ils diront qu’autrefois il y avait un marquis qui portait sur son dos.

On dira, il est mort heureux près du tombeau d’Hélène
On dira, il a perdu sa vie ,enivré de chouchen
On dira, la mer a englouti le dernier des grand mâts
On dira, et dire qu’on ne le connaissait même pas !
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En son sein
Le Mont Saint
A donné tout ceci
Et a repris aussi