Sunday, January 22, 2012

Oyster babe

Rainbow brings sunshine.
And your smile gets mine.

Café and french kiss.
Paris and also Venice.

Dancing naked in a casino.
Licking lips and a malboro.

This world is our oyster baby.
Go honey. La vie you and me.

Monday, June 27, 2011

Uluru Boomorang.



Sous le halo du soleil qui se couche en tremblant
La peau parcheminée et veinée du roc sacré rougit
L’aborigène, qui va devenir homme, caresse en se hissant
Souffle court le dos rond et chaud du monstre assoupi

Il sait depuis long temps tout des failles qui en orne les flancs
Cette nuit il a vu en rêve ses pairs les kangourous et les dingos
Et il a bu aux billabongs avec les crocodiles de tous les marigots
Et il a vu les siens exsuder par leurs pores l'eau de feu des blancs

Hier il capturait son premier brumbie dans un rêve image.
Aujourd'hui il chevauche sur le dos de l'outback sauvage.
Yeux bandés il se hisse pour faire honneur à ses ancêtres
Et démontrer qu'il est digne d'être un homme à ses maîtres.

Le guttural didgeridoo souffle dans son oreille intérieure
Un son rauque qui porte ses couleurs et gonfle son coeur
Refusant la chaine guide de l'homme blanc qui longe le ravin
Il trotte sur les écailles du monstre en se guidant des mains

Les bourrasques de vent venues du bush le collent à la paroi
Mais de son frère le vent il connaît déjà tout des lois
Il s'accroche, puis ses pieds se font plats, l'air se fait monde
Il enlève le bandeau, ouvre les bras et en lui l'univers abonde

En silence pour ne pas réveiller la tête du serpent arc en ciel
Il enfouit dans le sable ocre la sienne et il l'enduit de miel
Puis il dépose sa sève vierge dans une anfractuosité du rocher
Une rafale du vent lui confirme que la tribu vient de l'adouber

Le roc apaisé s'assoupit d'un sommeil qui n'a plus rien de féroce
L'homme nouveau né saisit son boomerang et le jette avec force
Dans un aller retour précis qui s'inscrit du soleil à la nuit
L'enfant et l'homme, le rêve, l'homme et la terre font fruit

Tuesday, June 21, 2011

Bloc 8.

Le taxi avait laissé Tony dans le quartier Vostok au pied du bloc 8. Il était loin le temps glorieux du programme spatial Vostok et le quartier faisait triste figure. La masse grise de l'immeuble lui barrait la route comme une barrière infranchissable hérissée de bow windows hétéroclites bricolés de bois ou de tôles aux couleurs délavées.

Mais Tony commençait à connaitre la géographie des lieux et il s'engagea d'un pas vif dans le passage vouté qui menait dans la cour. La géographie de la ville était toujours la même. Au milieu de la steppe jaunie les prisonniers avaient construit, bloc après bloc, des microdistricts. Chaque micordistrict s'articulait autour d'une barre de béton formant carré. Au milieu de chaque carré se cachait une cour. Chaque cour abritait quelques arbres, d'énormes tuyaux de chauffage sur pilotis formant d'extravagants coudes pour franchir des obstacles et laissant s'échapper des nuages de vapeur, et quelques aires de jeux déglinguées et rouillées pour les enfants. Un vrai rêve de Gosplan.

Tony se dirigea vers la boutique du bas pour s'approvisonner en bouteilles d'eau. Il avait appris à prendre ses précautions et en prenait toujours trois, de cinq litres chacune, pour pouvoir alimenter aussi la baignoire en cas de coupure d'eau. Quand Slava était là celui çi lui donnait un coup de main pour les monter dans l'appartement au troisième.

"Ne pas oublier les graines pour Mizzi" se dit-il. Le passerin était son seul lien avec le monde d'avant et il fallait le protéger de cet environnement difficile. Il lui avait aménagé une petite cage dans le bow bindow où il avait l'abitude d'aller fumer ses cigarettes. Mizzi fumait avec lui.

Tony savait qu'il ne fallait pas trainer. Les dizaines de milliers d'euros et de dollars qu'il cachait dans une poche intérieure sur son ventre étaient trop tentants.
Il avait pris grand soin de s'habiller le plus simplement possible pour ne pas avoir l'air trop occidental mais ses allées et venues en taxi depuis plusieurs semaines n'avaient pas dù passer inaperçus.

Et puis il y avait la milice du quartier. Slava lui avait dit que c'était surtout d'eux qu'il fallait se méfier.

Saturday, April 23, 2011

Nadia

Nadia, l'interprète imposée par le gouverneur, faisait triste figure.

Tony remarqua qu'elle avait fait couper ses cheveux. Les mèches courtes restantes donnaient à son visage un air halluciné. Elle lui tendit une nouvelle pile de documents à signer. Il ne parvenait pas à se faire à l'écriture cyrillique avec tous ces lettrages faux amis. Elle lui dit que c'étaient les mêmes que ceux qu'il avait signé la semaine précédente mais qu'il y avait eu une erreur et qu'il fallait tout reprendre à zéro.

- "Just for you to know" ajouta t elle à nouveau.

Tony maugréa et reprit, résigné, la fastidieuse besogne : nom, prénom, deuxième prénom, troisième prénom, adresse, numéro de passeport, numéro de visa...Encore une fois il allait signer des documents auxquels il ne comprenait rien sur la foi des traductions de Nadia.

Il lui demanda des nouvelles de Zulfia, à la triste figure. Elle n'en avait pas non plus. Tony avait appris incidemment la veille que le mari de Zulfia s'était fait assassiner deux ans auparavant par la mafia. Cela expliquait peut être la tenue constamment noire de Zulfia. Son coeur de pierre noire. Le noir du charbon avait d'ailleurs l'air d'avoir déteint sur la ville aux dix mines et cinquante goulags. Noir et gris, grisaille et noirceur.

Une fois les documents signés, Tony se fit déposer en taxi au centre ville. Le chauffeur, un étudiant faisant des extras, sidéré de voir un occidental dans sa voiture et occupé à s'essayer à quelques mots en anglais, brula plusieurs feux rouges. Tony lui laissa un gros pourboire. Puis Tony erra quelque temps à la recherche d'une terrasse mais le froid était trop brutal pour qu'elles soient ouvertes. Sur le bas coté des ouvriers cassaient la glace des trottoirs à coups de barres de métal en sifflotant. Tony se retrouva, sans y prendre garde, dans un quartier de vieilles isbas de bois, rongé par quelques riches villas de briques ceintes de barbelés. Devant l'une d'entre elles plusieurs femmes, assez jolies, faisaient la queue. Curieux Tony entra. Sur la droite il y avait de grands sacs en plastique pleins de cheveux et sur la gauche deux coiffeurs officiaient à la chaine sans un mot.

Des cheveux pour quelque menue monnaie. Sur l'un des sacs était inscrit, en anglais, "venitian blond" et Tony comprit soudain l'air halluciné ce matin de Nadia. Un chant lancinant, jailli du minaret de la mosquée, perça soudain le silence. Glaçant. Mais il allait en falloir plus pour le décourager.

Wednesday, February 23, 2011

L'édito de Montparno

Le bar est pris d'assaut mais il y reste un tabouret. Coincé entre une jeune femme pendue au téléphone, et deux couples.

- Garçon un côte de blaye s'il vous plait.
- Monsieur a trouvé une place ? Bien joué. Cela arrive de suite !

Joker. J'ai fait un croc en jambes à un vieux monsieur, il faut bien l'avouer.

La conversation d'un des couples est fort animée. Lui, la soixantaine a un air sage de professeur d'académie avec sa calvitie et de grosses lunettes. Elle, la trentaine, cheveux mi courts a un décolleté très plongeant qui souligne une gorge très blanche et plantureuse. Je pique du nez dans mon chili con carne.

- Bon tu voudrais qu'il sorte quand ton bouquin ? 2013 ca te va ?
- Oui, oui. C'est bien.
- On part comme d'habitude sur 200 000 ?
- Oui enfin, disons plutôt autour de 150 000 exemplaires je pense. Cela sera une toute petite histoire.
- Bon pour ce livre je vois un objet un peu magique, une couverture bijou, un truc qui fait rêver. Tu as des désidératas pour les dimensions ou la pagination ?
- Non,non. Comme d'habitude.
- Ok ! Bon parle moi un peu du pitch. Ce livre je veux que cela soit un roman piloté. Quelque chose que l'on a l'habitude de voir chez toi mais avec des surprises quand même et qui va avec certitude vers son but. Un roman piloté quoi ! Dans son jus mais un roman piloté. Alors c'est quoi le pitch ?
- Pour l'instant j'ai peu d'éléments tu sais. J'ai juste fait un petit topo à Pierre B il y a trois jours. Très préliminaire.
- Pierre B ? Il commence à se faire vieux celui là, mais je l'admire aussi. Quand tu penses que son premier livre est sorti dans les années soixante et il vend toujours aussi bien... Alors vas y, dis moi. Tu sais je suis là et je suis comme lorsque on est avec un homme que l'on dévore des yeux et avec lequel on sait qu'on va faire l'amour plus tard. J'ai faim de cette histoire! Il faut que cela reste une histoire entre nous deux et que tu n'en parles à personne d'autre.
- A vrai dire je ne tiens pas encore l'histoire pour l'instant. C'est un groupe d'amis, d'hommes en fait, qui se réunissent tous les ans au même endroit. Cela part de là. Le reste va venir.
- Tu sais moi cela me va, ça m'excite même, mais cela m'étonnerait que cela suffise à G et O quand je vais leur en parler.
- C'est tout ce que j'ai pour l'instant. Mais tu sais cela va venir dès que je vais m'y mettre.
- Je vois une belle couverture argent métal. Dis tu pourrais me dédicacer ces trois romans ?
- Pas de problème passe les moi.
- On se reprend une coupe ?
- Avec plaisir. A ce propos au dernier salon de Lille on m'a donné une bouteille de Sauternes extraordinaire !
- C'est dingue tu sais que tu as de intonations à la Petitrenaud quand tu dis ça ! Il faut que je t'emmène dans un petit restaurant à côté. Sublime. A deux pas d'ici. Et pas de discours spécialisé là bas. J'ai horreur de cela ! C'est dans son jus tu m'en donneras des nouvelles. Au fait tu vas à Lyon cette année ?

Mon autre voisine me fait du genou sous la table tout en continuant de téléphoner. Je ne crois pas qu'elle m'ait regardé une seule fois.

- Garçon vous me donnerez le petit frère s'il vous plait !
- Un côte ? Monsieur aime les belles choses ! Tout de suite !

Tuesday, January 18, 2011

La taverne de l'ours rouge

Boire pour oublier que tout va changer. Du premier étage de la taverne de l'ours rouge jeter par dessus l'épaule, les yeux bien fermés, une nouvelle rasade de vodka Stolychnaia. Une tache dans la neige en bas au milieu du cimetière de verres cassés.

Tanguer sur la terrasse enneigée avec des yeux rouges qui clignent à l'aurore boréale. Esquisser un pas de danse sans glisser. S'accrocher à la rambarde et sourire aux plaisanteries des apparatchicks en annonant des voeux au président.

Le président a signé tous les papiers entre deux rasades. Une claque dans le dos.
Ca fait moins mal que dans le visage. Demain matin le travail reprendra à la mine Kralag. Mais demain est un autre jour.

Tony. L'ours est rouge, et il va danser, ce soir, sur ses deux pattes.

Thursday, November 18, 2010

Tuée pierre

Tony regardait incrédule la pierre qui, peu à peu, sous les coups précis des barres à mine, prenait figure. Sous la lueur des lampes à acétylène celle ci semblait plus vivante que jamais et comme disposée à sourire. Malgré la sueur qui perlait sur ses mains dans la chaleur moite des profondeurs il caressa une veine du minéral qui palpitait.

Tony sourit et il se dit que Franz pourrait bien avoir raison.

La veuve noire Zulfia et ses dollars, le juge et ses procureurs, les pots de vin, la route défoncée et glacée qui menait à la mine Kralag, l'attente fiévreuse, plus rien de cela n'avait d'importance.

Seule la pierre comptait désormais et la vie qui pourrait renaître avec elle.

Wednesday, September 15, 2010

Tony

Quand Tony apprit la nouvelle, il vacilla sur sa chaise.

Il comprit immédiatement que sa vie allait changer.

Totalement. Irrémédiablement.

Machinalement il ouvrit la cage et libéra Mizzi, le passerin qui jusqu'ici lui avait tenu lieu d'ami.

Saturday, May 29, 2010

Chroniques Siciliennes


1 Les ballons rouges.

Neuf heures. Les rues de Palerme s'éveillent avec lenteur. Le silence est tombé comme une chape sur la ville, entre la via Roma et la via Maqueda. On est loin du vrombissement de la veille au soir des quatre vingt machines du club Harley Davidson et de ses chapitres de Hells Angels ou autres Bandidos siciliens. Une légère brume noie le ciel et enrhume les nuages. Au loin le palais des normands et la chapelle palatine, joyaux de pierre, peinent à s'extraire de l'arrière plan sombre et silencieux des montagnes.

Au matin apaisé le quartier est calme et studieux. Fenêtre sur le ciel. Sicile pays de fenêtres. La rue de droite c'est la rue des vélos. On les répare, on les bricole, on les détord, on les vend. Sous le balcon c'est la rue des ballons. A cette heure là, il n'y a aucun passage et le marchand du dessous a garé sa voiture au milieu de la rue. C'est un grand break gris. Patiemment il entasse les ballons en plastique colorés dans des sacs. Aller-retours avec la boutique. Il entasse les sacs dans la voiture. Un café à la fenêtre sur le ciel. Les domes rafistolés aux céramiques de couleurs se répondent en clochetant quelques notes sourdes qui font vibrer l'air.

L'homme se gratte la tête car il ne sait plus comment faire entrer plus de ballons . Il a ficelé, avec une lanière jaune, d'une façon qui semble bien aléatoire, trois sacs sur le toit. Il ouvre à nouveau la porte et tente d'y forcer un nouveau sac. Il pousse et il force car il faut tout livrer aujourd'hui.

Un motard vétu et casqué de noir vient de rentrer dans la rue. Il voudrait passer et attend. Son moteur d'acier aux reflets métalliques tourne au ralenti. Le marchand continue son manège. Il force encore. Les ballons vont ils éclater ? Le motard klaxonne. Il voudrait passer. Il faut forcer pour que tout rentre. Et il y a a encore d'autres sacs. Klaxon et gestes de la main. Je dois passer. Le marchand abandonne ses ballons pour lui faire signe qu'il y a beaucoup de place sur les trottoirs. Ils sont dégagés et il peut passer par là. Sans oter son casque le motard lui signifie d'un mouvement bref que c'est dans la rue qu'il veut passer. Il ne passera pas par les trottoirs. D'un gest làs le marchand lui fait signe qu'il n'a qu'à se débrouiller et reprend son labeur. Il pousse avec les deux bras pour dégager de la place.

Le motard s'avance d'un métre, en s'aidant des pieds, et s'approche du marchand sans descendre de sa machine. Il sort un couteau. Coup de poignard. Eclair du métal. L'homme tombe au sol. Le sac de ballons rouges a éclaté et se répand sur le bitume. Le motard a reculé sa moto pour bien se repositionner derrière la voiture en prenant bien garde à ne pas écraser de ballons. Il attend les carabinieri qui vont enfin bientot dégager la rue.

2 Symphonie sur le port.

C'est la fin d'après midi sous un soleil qui brule et cogne rudement sur le béton du môle jusqu'à en faire éclater les joints. Les grands bateaux qui traversent pour le continent sont amarrés sur le quai et leurs diesels s'échauffent doucement dans un ronronnement qui berce les vagues. Leurs grandes coques blanches fraichement repeintes brillent sous l'éclat du soleil. Par moment une vitre qui s'ouvre réfléchit un rayon violent comme le pinceau d'un phare qui éblouit la jetée.

Les mouettes se laissent porter dans l'air profitant de courants ascendants invisibles à l'oeil. Cris rauques qui mettent en joie.

De l'autre côté du port le bateau des douanes s'engage en marche arrière. Il marche vite. Son pont est couvert de touristes avec leurs appareils photos en bandoulière. Une visite officieuse de la baie qui va rapporter de l'argent de poche aux douaniers. Le capitaine s'achèterait bien une Alfa Roméo.

C'est bientôt l'heure d'appareiller. Soudain du premier géant surgit le mugissement d'une sirène. Comme une impatience à être en mer. Le deuxième lui répond avec une tonalité plus profonde. Nouveau lacher de vapeur plus long du premier. Le bateau des douanes s'y met aussi. Concerto sur le port. Double croche. Trille. Deux blanches, une noire. Double croche. Les mouettes se sont tues intriguées. Elles n'ont jamais vu ça. Le douanier aux commandes, sans doute accaparé à rester dans le rythme de cette symphonie aquatique, a oublié qu'il était en marche arrière. Les masses blanches se rapprochent dangereusement. Un cri. Il freine brutalement. Trop. Une femme est tombée à la mer.La sirène se fait plus lugubre. On jette une bouée. Les touristes se bousculent pour prendre des photos depuis le pont.

Dans le silence enfin revenu, sans un mot, les étraves blanches s'extirpent du quai et fendent la mer vers le continent en laissant, derrière elles, une grande trainée de mousse blanche. Sur le pont tous les téléphones sont brandis vers la bouée pour prendre encore d'autres photos. Cela fera une belle histoire à raconter ce soir. Les douaniers s'affairent avec des gaffes. Il va falloir rentrer au port. l'Alfa Roméo attendra encore un peu.

3 Les messages de Gangi.

La longue traversée, sur l'autoroute qui domine sur des dizaines de kilomètres, portée par des milliers de piliers et d'aqueducs, les collines et les plaines en contrebas, s'achève. Le travail tétu et herculéen nécessaire à la construction de ces ouvrages donne la mesure de l'étendue des terres des anciennes latifundias du temps où régnait la main de fer des seigneurs sur le col des journaliers et du pouvoir plus actuel des forces occultes qui plongent les mains dans les caisses des chantiers publics. Enfin, la route tournoie, en boucles serrées, qui s'enroulent sur elles mêmes. Il faut s'arrêter pour jouir de la vue sur la ville de Gangi qui dévore la colline.

Là haut, à côté des ruines du chateau qui dominent la ville, se trouve la plus coquette des auberges. Une petite cour sur la rue avec des chaises, quelques tables, un parasol. Des fleurs dans de petits bacs aux fenêtres. De l'eau qui coule de la bouche d'une petite fontaine en poterie émaillée. Une vue qui s'élance vers la plaine. Un terrain vague attenant vient, malheureusement, dénaturer la beauté silencieuse de l'endroit. On y trouve, pêle mêle, une carcasse de voiture brulée, quelques chaises cassées, un trou qui ressemble à une tranchée et quelques poubelles.

Le propriétaire s'approche avec les verres demandés qui tintent sur son plateau.

- Merci l'ami. C'est très beau chez vous ! Quelle vue ! Dommage que ce ce terrain à coté...

- A coté ... ? Oui je sais...c'est ma voiture mais je ne peux pas y toucher.

- Vous ne pouvez pas y toucher ?

- Comprenez...ils l'ont brulé... et le trou c'est aussi un message pour moi... Vous comprenez je refuse de payer le pizzo...

Il se fait tard et il est l'heure de repartir. Un dernier regard sur la ville silencieuse et figée avant de reprendre la voiture. Le rétroviseur droit a disparu. Un autre message ?

Wednesday, May 05, 2010

Des lyres à quatre mains ? Oui si tu le veux... Part 3

Avec Cécile

http://aglavaine.blogspot.com

Miras Miro! Tourmentée par le soleil, la femme flamenco brûle des poèmes qui glissent comme une lave sur sa peau rouge. Le ciel est haut! Les flammèches rougeoient les mots qui s'échappent démoniaques en léchant les volants de sa jupe de moire et puis gonflés de vent, comme des flocons noirs, viennent mourir en piquant le bras hâlé d’un vieux Monsieur qui dit : "Je veux un verre! "

Vertige ! Une page demi carbonisée flotte jusqu'au verre et s'y noie. L'homme trempe ses lèvres dans la sangria et dépité y pêche ce qui reste de poésie. Les restes lie de vin lui dévoilent alors ce vers de Néruda: «Je veux faire avec toi ce que le printemps fait avec les cerisiers», et son dépit défaille et se mue en brasier : la femme Flamenco sourit à son été. Vert tige ! Le vieil homme chenu tremble il voudrait pouvoir au moins une fois encore embrasser la sève rose et caresser la fleur blanche du péché mais la page a brulé sa peau parcheminée marquant d'un fer rouge tout ce qu'il a été. Calciné.

Saturday, April 24, 2010

Leo et Charles

Friday, March 05, 2010

Tibi Dabo Lola Barcelona

Au petit matin je me suis réveillé collé contre son flanc avec mon bras sur le drap qui couvrait son dos. J'avais la gueule de bois et la bouche pateuse. Je guettais sans vraiment y croire un "tibidabo" comme ceux qu'elle m'avait sussuré dans le cou la veille au soir touchant. Mais elle ne disait rien, son corps était glacé et l'odeur entétante me prenait à la gorge.

Saloperie ! Aucune idée de l'heure qu'il peut bien être ni même à qui appartient ce lit ! De toute façon je suis encore trop dans le cirage pour ouvrir les yeux.

Lola ! Lola ! Toute la soirée avec elle au coeur du barrio alto. Sur les ramblas, elle m'a fait le coup du cou pour que je lui offre une liqueur de cerise. Pulpeuse et sirupeuse goulée,on a même mangé les noyaux. Sa robe rouge froissée se déhanchait et ses genoux gainés de noir me dansaient la noce des cinq continents. De tango en tango nous avons battu, fébriles, pas à pas la cadence murs après murs, porches après porches. Lambeaux de gris qui s'effritaient sous nos corps qui s'y accrochaient. Sous l'affiche rouge qui annonce les corridas de la plaza de toros j'ai mangé son premier baiser. Sous chaque affiche blanche encadrée de noir qui affichait un décès j'ai eu droit à une nouvelle liberté. La mort de Simona Gonzales Perez m'a valu une sacrée contre plongée. J'ai sérieusement progressé en espagnol. L'un après l'autre je lui ai fait défiler tous les bars à matafs de ma collection d'étudiant exilé. Bouches à bouches à la sangria. Y a des mains qui frolent les fesses. Carrer d'Avignon, ou peut être à Escudilleres on s'est gavé de tapas elle et moi. On a extirpé en riant de leurs bocals les petits poulpes qui tremblaient dans nos mains et on s'est gavé de tortilla à la cervaise. On a fait tourner sur nos têtes la gigue des jambons. Elle levait ses bras haut pour les faire danser pendant que je louchais sur ses tétons. Et la sangria gonflait nos langues. Elle avait de petites gouttes rouges qui perlaient au coin des lèvres. J'ai bu tout ce que j'ai pu je crois.

Elle me mordait l'oreille et me disait en son creux "tibidabo, amor,tibidabo". En fait je crois qu'elle voulait me dire "tibi dabo". Mais pourtant je doute qu'elle parlait latin. Ou alors elle voulait peut être que nous montions là haut au faîte de la ville pour chevaucher les montagnes russes. Je ne sais plus. Je crois que j'ai rebu beaucoup. Je me suis essayé à réciter du Cervantès. Une histoire de géants qui moulinent le temps. Là j'étais vraiment cuit.

Lola, je crois que tu m'as pris dans la poche mon pognon pour arroser de pesetas tes copines au lampion rouge. Je ne sais plus. Tu as fais ton métier j'imagine, la main gracile et leste sans faire tinter les sonnettes. Je m'en foutais tu sais, seule comptait ta main Lola. Et tes yeux noirs comme des olives. Et tes jambes fuseaux.
Et tes cils au tempo chino.

Fais moi encore danser Lola ! Ce matin ce ne sera pas facile avec cette barre aux tempes...mais si tu le veux Lola ! Tu sais je vais vomir et puis je serai beau comme avant. Lola ?

Sous le drap il n'y avait pas de Lola mais un jambon de dix kilos. J'ai souri mais je n'ai pas eu la force d'en manger. Et puis j'ai vomi.

Wednesday, February 10, 2010

Vaiku Mood



Par maître Piotrevski

Pernambouc zouk moi ton souk
Tzigane moi ta ballade
Vibrato mes boyaux
Colophane moi diaphane
Ton velours sans retour

Tuesday, November 24, 2009

Silences

Il est des silences plus assourdissants
Que le vagissement de mille olifants.

Il est des silences lobés au coeur intérieur
Qui lancent leur sourdine en fa sol mineur.

Il est des silences hors jeux de patience
Qui pendent court au gibet l'absence.

Il est des silences qui avivent le nerf.
Il est des silences à langue de vipère.

Il est des silences.
Qui lancent.
Il est.

Tuesday, October 20, 2009

En vie.

Envie : Nom donné à de petites portions de peaux qui se délitent autour des ongles causant de vives et fugaces douleurs quand on les arrache. Et aussi, nom donné à des tâches que les enfants apportent parfois à la naissance, supposés reproduire des formes dont la mère aurait rêvé pendant sa grossesse.

Juste envie de dire merci, car je ne le fais pas assez, à celles et ceux qui passent ici anonymes ou porteurs de messages de clins d'oeil et de sourires. Alors merci. Juste envie. En vie.

Monday, September 07, 2009

Bruno l'alcoolique.

Bruno a soif. Très soif. Et lorsqu'il manque de bière Bruno peut vite devenir très vindicatif.

Au loin, par delà la terrasse, je fixe la mer curieusement apaisée à l'anse de cette vallée perdue. Quelques macareux virevoltent dans leur livrée de clown au bec rouge, offrant au soleil les petits éclats d'argent des poissons qu'ils rentrent porter à leur nichée, sur la falaise de Latrabjarg. La plupart sont partis la semaine dernière pour la grande migration. Ne restent que quelques étourdis ou quelques éclopés.

Ici le sable est blanc, à l'inverse de celui des autres plages déversoirs de coulées noires basaltiques des volcans lunaires qui viennent vomir aux pieds des fjords. Sur la droite, à la lisière des herbus qui envahissent la plage, gît, tel un écrin abandonné, le petit cimetière où dorment le fils et la fille de Magnus. Péris en mer un soir d'hiver. Isolé par un fossé, un talus et un muret, l'îlot de pierre se protège pour que les gisants ne périssent pas deux fois sous la claque glacée des vagues.

Le silence est impressionant. On n'entend rien d'autre que Bruno et les trois chiens de bergers qui hurlent, attachés à leurs pieux en fixant au loin les moutons qui broutent sur la pente abrupte des falaises.

Il faut dire qu'on est au bout du monde içi. Le point le plus à l'Ouest de l'Europe m'a redit le petit berger qui joue avec Somi, le plus gros des trois molosses, en caressant à la naissance du cou sa toison noire et blanche. Tellement isolés que l'hotel servait autrefois de lieu de rétention pour les enfants récalcitrants.

Sur la petite chapelle au toit herbu, jouent deux guillemots avec leurs masques noirs.

La mère de Magnus est hilare. Si Bruno m'en veut personnellement c'est à cause d'elle. Elle vient de me coller une canette de bière à demie pleine dans la main. De la Viking Sterkur légère et blonde, faiblement alcoolisée. La préférée de Bruno.

Bruno m'envoie des coups de pattes et des coups de tête. Il veut sa bière. Biberon ou canette peu importe pourvu qu'il ait l'ivresse. Si sa mère ne l'avait pas abandonné à la naissance pour courir brouter l'herbe des falaises avec tous ses cousins noirs et blancs, Bruno ne serait pas un alcoolique.

Tuesday, July 21, 2009

Ailes. Fontaine Médicis.

Dans ta robe chocolat, un sourire appât.

Sur ta peau bronzée, vert et bleu mélés.
Sous les tissus froissés, nos pouls apaisés.

Tu crayonnes notre histoire en souriant.
Sur les flancs de l'instant présent.
J'y mets du noir, tu y mets du blanc.
Nos mains peignent le bref moment.

Oser et sourire pour ne pas pleurer.
Juste un souvenir pour mieux avancer.

Thursday, May 07, 2009

Xanadu. नुइत सोलेइल डी' ओस्सवंगो

Nuit soleil d'Ossavango

Soleil à rebrousse poil.
Immensité constellée d'étoiles.

Tissu tacheté de fauve.
Une nuée filante et mauve.

Attroupés au point d'eau.
Ventrus et lourds animaux.
Apaisés au soir silencieux.
Immobiles sous le dais des cieux.
Suc poisseux qui perle lentement.
Enivré du fruit rouge dehiscent.
Tombé comme une goutte de rosée.
Escarboucle au grenat apaisé.

Jalon de carte sur ma route.
A la renverse de ma voute.
Ubiquité trouble de l'instant.
Ressac d'un bruissement du vent.
Affaissant d'une nuée les joncs.
Ivresse de la crinière lion.

Prestement j'ouvre la paume de ma main.
Une espérance de la tienne au lendemain.

Et la risée y jette un brin de canopée.
Triste et fugace présent de l'alizé.
Rêves sous le toit vermeil.
Eclats de nuit soleil.

Tuesday, April 07, 2009

Trois cents nous sommes.

- Trois cents nous sommes. Allez encore un effort. Un vase Ming messieurs dames. Quelque fêles. C'est pour rien. Personne d'autre ? Adjugé au troisième rang , la dame avec la fourrure. Vous devez avoir chaud madame. C'est du vison ? Vous avez bon goût comme toujours.

Allez le lot suivant monsieur l'expert. Nous avons déjà beaucoup de retard. Un vase dix huitième avec plusieurs fêles. Vendu en l'état. Et au téléphone Marie ? Ah j'avais bien dit qu'on prendrait du retard avec ces téléphones... On commence à deux cents. Personne à deux cents ? Cinquante ? Soixante, soixante dix, cent, cent cinquante, deux cents. Voilà preneur à deux cents ! Je dis toujours qu'il faut commencer bas. Et par un anglais en plus. Ah au moins en Angleterre on a encore de l'argent... Deux cents, deux cent cinquante. Trois cents nous sommes. Vendu en l'état. Marie vous avez bien précisé au téléphone que c'était vendu en l'état ?
Adjugé tois cents donc ! On va tout mettre à trois cents euros, ce sera plus rapide.

Monsieur le maire ! Merci de nous honorer de votre présence. Il ya encore une chaise ou deux au premier rang. Et pour vous aussi Maître.. Ah, plus nous avons d'objets dézingués et plus les gens adorent... C'est fou comme on adore le dézingué de nos jours, et ce n'est pas madame au premier rang qui va me contredire! Vous verrez madame, je suis sûr que cette applique sera à l'honneur dans votre appartement parisien. Il y a encore une chaise au premier rang monsieur. C'est fou j'ai beau avoir la plus grande salle entre Paris et Deauville, on est toujours à l'étroit ici. Et puis il fait chaud vous ne trouvez pas ? Tout ceci me donne furieusement soif.

Allez nous avons encore toute une série de lots de pendules de cheminées et de cartels du dix huitième. Tous en provenance d'un des plus beaux hotels particuliers de Paris. Je vous laisse prendre le relais Maitre ? Aux bons soins de monsieur l'expert bien sûr. Et tachez de ne pas rester à trois cents euros... Vous n'en verrez pas de pareils avant longtemps messieurs dames. Je suis allé les chercher en personne.

Marie pouvez vous me suivre s'il vous plait ?

- Maître ! Maître, à vue de nez, vingt cinq centimètres nous sommes !

Thursday, March 05, 2009

Bertulocci and Eva Green addicted.

Bertulocci and Eva Green addicted.

Monday, February 16, 2009

Aux portes du palais.


Une réponse pour jouer avec le beau texte de Marco sur le blog des Editions Leo Scheer. ( cf blog : http://marc-sefaris.sosblog.fr et son premier livre :
http://avis.fnac.com/5912-fr_fr/2521164/reviews.htm?PRID=2521164 )

On raconte encore que le jour de l'anniversaire du Pacha, Emir se présenta à la porte du palais. Il portait sur son dos un sac qui semblait bien rempli et bien lourd pour un petit paysan, le simple fils d'un meunier d'Azakan. Sans s'arrêter devant la foule des marchands et des mendiants il marcha directement, d'un pas vif et intrépide, vers la porte massive qui fermait l'enceinte de briques rouges. On le vit disparaitre, tel un fantôme, sous le porche aux armes de l'empereur et refermer derrière lui la lourde porte d'acier. On raconta plus tard qu'à cet instant un silence pesant s'était abattu sur la ville. A l'heure dite, le muezzin ne chanta pas, comme averti par un signe du ciel et un lourd pressentiment.

Deux jours passèrent sans que nul n'osa pousser la porte. Aucun son ne sortait du palais. Au froid du soir, sous les risées de sable du désert, chacun guetta, comme chaque soir, la suave musique du harem. En vain.

Le troisième jour, conformément aux écritures du livre des Sables, la porte s'entrouvrit. Sous le baldaquin d'or aux armes de la Sainte Porte, Emir sortit entouré des eunuques de la garde impériale. Il tenait dans sa main gauche le plus grand cobra qu'il ait jamais été donné de voir dans cette partie des terres conquises, dans sa main droite trônait un grand livre relié en cuir de Cordoue et couvert de pierres précieuses.

Secoué sur sa chaise à porteur, comme sur le dos du majestueux chameau d'Abalin, Emir, l'inculte paysan d'Azakan, commençait l'écriture du roman de sa vie, tout en caressant rêveusement le cou du grand cobra.

Une immense clameur de stupéfaction embrasa la ville aux mille tourelles. On se précipita dans le palais. Gardiens, marchands, courtisans, tous gisaient aux sols avec une large marque bleutée gonflant démésurément la veine de leur cou. Dans la cour on devinait sous l'amas des corps le sac ouvert du petit paysan. Cinquante cobras géants se dressaient de toute leur taille devant la foule interdite. L'éclat de leurs prunelles jaunes figea le sang des plus courageux.

Le soir meme le conseil des cents patriarches se réunit. On décida qu'Emir le Cobra ferait un très bon empereur. Cinq ambassadeurs furent choisis pour lui porter de l'encens et les plus belles enluminures de l'Empire.

Emir ne leva pas la tete pour les recevoir. Une plume d'oie des sables en main, il était déjà en train d'écrire une nouvelle page de sa vie.

Saturday, January 24, 2009

Ecoute comme il gronde, Ilias...

- Ecoute comme il gronde, Ilias... Il y a long temps, la pythie l'avait dit à nos ancêtres, là bas, en Grèce. Du fond de son antre, dans l'adyton du temple, en mâchant le laurier vert fraichement cueilli, elle savait déjà la force rougeoyante qui perlait au bord des lèvres de la terre sur nos têtes. Et souviens toi aussi des craquements de la terre..

Le basalte s'envole en bombes assourdissantes, les cendres noircissent déjà l'air, projetées par le champignon de fumée en salves brulantes. Force tellurique du fond des âges, la lave rouge et jaune perle par les veines du Vésuve et recouvre déjà de ses vagues les pieds du forum et du temple d'Apollon.

- Ecoute comme il gronde, Ilias...Les dieux nous ont abandonnés. Attelons le char pour rejoindre la mer bienveillante.

- Lucia, petite soeur, nos aieux sont ici qui veillent sur nous et sur Herculanum.Faisons confiance aux Dieux. Puisons plutôt dans la dolia ce vin doux de Naples que tu aimes tant.


Sophie, du haut de ses huit ans, se hisse pour observer le moulage des deux corps emprisonnés dans leur gangue volcanique, qui se donnent encore la main dans la vitrine faiblement éclairée. Dans le silence religieux de la salle du British Museum, il lui semble que l'un des corps porte son autre main à sa bouche. Pour un baiser ?

Elle regarde pensive le gardien endormi sur sa chaise. Plus tard, se dit elle, je serai "arcéolog".

Thursday, January 08, 2009

A l'amer de toutes les batailles.

- Allo Zeev ? Ou devrais je dire monsieur le ministre ?
- Oui lui même.
- Je suis Moshe Restak. Nous étions ensemble au Technion à Haifa.
- Moshe ! Oui bien sûr. Que puis je pour toi ?
- Voilà je suis de passage à Jérusalem. Je suis à l'hotel King David pour deux semaines. J'arrive de New York. J'ai réuni des fonds pour la nouvelle colonie que tu projettes à Beitar Ivit. Cela n'a pas été facile avec la mise sous bracelet électronique de notre ancien ami par le Fbi...
- Oui il nous a fait beaucoup de tort.
- J'ai pensé qu'avec les actions sur Gaza, ce serait le bon moment pour lancer la construction discrètement. Les entreprises de génie civil sont prêtes.J'ai cru comprendre que le Centre de Planification Urbaine était déjà au courant.
- Excellent Moshe. J'ai fait déjà fait voler les anes, empoisonner les puits et raser les oliviers. Mais il faudra commencer les terrassements de nuit. La discrétion s'impose.

- Mazel tov, Zeev.

Wednesday, December 24, 2008

Happy New Year. 2009




Que 2009 soit une année qui bouge
pour nous, pour vous
pour toi, pour moi
pour eux
voeux

Saturday, December 13, 2008

Ailes. Cocktail sur Canapé



Tu m'as dit vouloir m'offrir un cadeau
J'avais pensé à tout sauf à ta peau.
Le père Noel est sophisitiqué cette année
Foin du ruban je suis déjà fort emballé.

Friday, December 05, 2008

Soon Christmas will be here.



As i am being asked repeatedely for translation of some texts, please find my best pass on this one, please pardon my...french :)


She looks through the windows at the joggers running around the Central Park reservoir. No sound reaches the eighth floor. Lying on the sofa she distractedly chews the brown strip bar she just bought furtively in front of Saks Fifth Avenue.
A bitter taste that rises to the head and reminds her unconsciously of an afternoon she had spent on the deck of the boat of Jim Baker on Lake Tahoe. Jim wanted to take her on a tour of the brothels of the Nevada desert. She had given him a blowjob and it had made the day. Jim is dead anyway. An accident driving his Mustang. Two years? Three can not be.

There are no more leaves on the trees at this time of the year and one can guess that snow will come without further delay. Another winter.
She will soon be fifteen years old. Esther, her mother, had promised to call to celebrate. But she had already made the same promise last year, and with her trip to the Maldives islands, she had not been able to do it. The communications are not perfect it seems in those islands.

Anyway she has bought several of the brown strips for the occasion with a few bottles of Russian vodka. In the jacuzzi on the terrace this should do the trick. She puts her shawl back on her shoulders. It's cold tonight.

She puts a Coldplay disc on, and watches her face nicely madeup in the mirror. She gently caresses her legs. They are smooth and thin. She could call Mike the concierge. She knows how much he loves to take her the doggy way on the sofa with his face turned towards Central Park. Once a week he takes her like this, in a violent way, sometimes two, when it burns too much between her legs. Well it's too cold. It is said, she will call him.

Mike never ends. He had promised, already a quarter of an hour ago, to be there in five minutes. He must still be commenting the last baseball game with Zak, his buddy from Harlem, in front of the building under the red canopy of the front hall. She is trembling of cold and hot. She looks down at the small horse carriages passing with their hord of hilarious tourists perched on them. They look so small. It is decided, if Mike is not there in ten minutes she will join them. She looks at her Rolex in a hagard way. There. Fifteen minutes already. She opens the windows, puts the shawl with great caution back on the sofa, adjusts her hair in the mirror, climbs the railing and jumps.

The phone rings. Three rings before the answering machine begins to register .

"Sweetheart it's Esther, your mother, you need to tell me me what you want for your birthday and for Christmas. This is coming so fast"

Yes it is true, it will soon be Christmas.

Saturday, November 22, 2008

Isolement

Murs blancs. Des barreaux à la lucarne. Mais pourquoi ces barreaux au dessus de ma tête ?

J'émerge doucement d'un cauchemar de portes qui s'ouvrent et se ferment. A chaque nouvelle porte un archer me décoche une flèche dans le ventre. Une chouette ébouriffée aux yeux démesurés compte les points. Une horloge de la forêt noire, en forme de chalet, bat un tempo sourd. Tic tac. Tic tac. Je donnerai tout pour qu'elle s'arrête. J'essaie de tendre le bras pour arréter le balancier. Je n'en ai pas la force. Mes bras sont comme inertes et sans vie.

Des plumes de la chouette sont tombées dans ma gorge. Elles m'étouffent. Ma langue est lourde et pateuse. Ca sent l'urine aussi. La chouette tourne sa tête en cercles concentriques de plus en plus serrés. Le néon blanc flotte dans l'air. Sur le circuit miniature de mes dix ans la voiture rouge tourne de plus en plus vite. Tic tac. tic tac. Le balancier frole ma tête sans relache.

- Il est là depuis hier. Une crise de schyzophrénie. C'est la police qui l'a amené. On va l'admettre en UMD.

Elle est blonde, comme un sucre d'orge. Le blanc de sa blouse m'éblouit. Je voudrais bien lui caresser la jambe, mais les sangles m'en empèchent. Je ne sais pas par où elle est entrée. Il n'y a pas de porte dans la chambre. Il n'y a plus de porte.

Je me souviens qu'on a vendu mon circuit miniature. C'était avant la maison. La maison sans porte de mes dix ans.

- On va vous faire une piqure monsieur. Ne vous inquiétez pas, cela ne sera pas douloureux.

Elle a un petit collier qui bat au creux de sa gorge. Qui fait tic tac de plus en plus doucement en se penchant sur moi. Ne plus entendre ce tic tac. Ne plus l'entendre. Mes larmes me glissent dans la bouche. Elles ont un gout salé. Un gout d'océan. S'endormir dans la mer. Ne plus entendre.


Thursday, October 30, 2008

Ailes. Voyage immobile



--------------------------------------------19 h 30---------------------------------------------

----------------------------------------Ile Saint Louis------------------------------------------

------------------------------------Gros Plan Sur Tes Yeux---------------------------------

------------------------------------Cascade De Tes Cheveux-------------------------------

----------------------------------------------Ebloui--------------------------------------------

--------------------------------------------06 h 30---------------------------------------------

Tuesday, October 14, 2008

Chateau de Dilliers



Il commençait à faire sombre dans la cour du chateau de Dilliers. La journée avait été longue et lascive. Ces dames avaient joué au croquet, aidé le jardinier à dégager les mauvaises herbes du yucca, et prenaient maintenant leur thé. Les feuilles provenaient directement de la plantation de l'Oncle Paul sur l'ile Maurice. On n'en faisait pas de meilleures. Les demoiselles avaient fait de la barque sur la douve, tenté de capturer des brochets dans la nasse et caressé mille fois les oreilles de Farouk, le chien du fermier, et celles du poulain dernier né.

- Mère, regardez comme Civette a crotté ma robe.
- Je vous avais dit de faire attention Anne Sophie. Encore du travail pour les bonnes...

Marie restait dans son coin. Elle était restée silencieuse toute la journée. Anne Sophie avait bien vu sa cousine s'enfermer dans la fuie pendant une heure, mais elle avait tellement de choses à faire qu'elle n'y avait pas vraiment prété attention.

Monsieur de Dilliers pérorait.

- Ce poulain je compte en faire un champion. Je vais le confier au métayer des Beaumont et dans un an il courra au prix de l'Arc de Triomphe.

- Vous avez toujours la folie des grandeurs Jean. Mais il est vrai que son pedigree parle pour lui. Je reprendrai bien un peu de votre calva. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas eu le plaisir d'en boire. C'est autre chose que notre rhum.

Geneviève donna un coup sec sur la laisse de sa tortue. Encore une idée saugrenue de l'oncle Paul. Il en avait ramené une pour toutes les cousines. On leur avait donné à manger sur l'herbage au dessus de la pièce d'eau et on avait tenté sans succès de leur faire faire une course.

Geneviève tenta de questionner Marie.

- Tu n'as pas l'air bien gaie aujourd'hui cousine.

Marie gardait la tête baissée. Elle bredouilla.

- Laisse moi... C'est à cause de l'oncle Paul.

- L'oncle Paul ?

- Oui. Ce matin il m'a demandé de venir avec lui dans le salon rouge. Il m'a dit qu'il m'avait ramené un cadeau. Et...et puis il m'a touché sous ma robe. Et... il m'a demandé de le toucher aussi.

Soudain Marie, le visage rouge hurla :

- Farouk ! Ici Farouk.

Le beauceron se précipita vers elle, dans un mouvement silencieux. Ses yeux brillants, au milieu de son poil noir et luisant la fixaient maintenant intensément.

- Attaque ! Attaque ! lui intima t elle en désignant la tortue qui somnolait au bout de sa laisse.

Vivement Farouk se jeta sur la tortue avant qu'elle n'ait eu le temps de rentrer dans sa carapace et la massacra en grondant.

Les cousines regardaient la scène sans rien faire avec un sourire au coin des lèvres.

Madame de Dilliers accourait horrifiée.

- Mais enfin que se passe t il ? Jean ! Jean, appelez le jardinier. Paul faites quelque chose !

L'oncle Paul maugréa.

- Ces enfants sont insupportables. Heureusement le pensionnat va nous dresser tout cela.

Thursday, September 11, 2008

Bazaruto Express


Doug se massa les épaules comme il pouvait. Les courbatures lui cisaillaient le dos. Son installation depuis des jours dans ce camion au milieu de troncs géants d'arbres exotiques l'avait brisé. Il avait juste demandé à aller vers la mer. A son visage buté, Guillermo, le chauffeur avait compris qu'il ne faudrait pas lui demander son passeport au passage des frontières. Seulement quelques arrêts la nuit pour laisser souffler le moteur, boire un peu d'eau au goulot d'une gourde marronnasse et avaler un quignon de pain lorsqu'il y en avait.

Parfois Guillermo, au hasard d'une halte, lui avait aussi passé un peu de rhum en cherchant à le questionner. Il avait vite compris en observant la carrure athéltique de Doug, qu'il avait affaire à un militaire. Nul n'ignorait qu'il restait encore quelques troupes de mercenaires, anciens de la légion étrangère en rupture de ban, dans le coin. Guillermo lui confirma qu'ils avaient bien marché. Ils avaient passé Dar Es Salaam et ils rentreraient au Mozambique le lendemain. Kinshasa n'était déjà plus qu'un brulant souvenir.

Doug se rendormit brutalement malgré l'odeur entétante du fioul et les chocs engendrés par les vastes ornières créées dans le bitume par les pluies torrentielles. Dans son rêve les arbres malebos s'agitaient en tous sens au rythme lancinant des tambours des maîtres sorciers. En hurlant ils cherchaient à éviter les dents voraces des tronçonneuses. Par leurs pores s'échappaient le long du tronc, des rigoles de sang. L' odeur entétante de sang mélé à la sève en fusion lui brulait la gorge. Il se réveilla brutalement. Le jour était levé depuis longtemps et on avait encore crevé un pneu. Doug regarda au loin derrière les cocotiers, et vit la mer et une île longiligne qui brillait au soleil. Il demanda à Guillermo où l'on était.

-"Nous sommes à Vilankulo" lui répondit il. "Ce que tu vois c'est l'île de Bazaruto. Mais nous n'allons pas nous attarder, il y a encore beaucoup de route jusqu'à la frontière Sud Africaine."

Les yeux de Doug n'arrivaient pas à se détacher de la dune de sable qui brillait au milieu de l'eau.

- "C'est ici que je m'arrête" dit il. "Merci". Il avait déjà son balluchon sur le dos et il commença à descendre vers la côte sans se retourner. Un pécheur se préparait à partir avec sa barque à voile triangulaire. Doug savait qu'ici on parlait portugais. Pas lui. Il n'avait pas non plus d'argent.
Il fit un sourire et pointa l'île du doigt.

Plus l'île s'approchait plus elle brillait...
* * *
La dune brillait de mille feux. Doug s'y engagea lentement. Sur ce flanc la dune montait en une pente douce et régulière. Doug marchait comme on lui avait appris à l'école des commandos, le corps bien en avant pour ne pas s'enfoncer. Le vent malicieux avait créé un gigantesque damier, alternant des parcelles de sable foncé et d'autres luminescentes dans une géométrie quasi parfaite. Doug s'arréta sur la crète et observa longuement. A ses pieds la mer s'était retirée dégageant des bancs de sable torsadés en forme de grands serpents blancs. Doug regarda le bleu du ciel, le vert de la mer, et le blanc du sable qui se mélangaient si intimement. Une harmonie parfaite régnait en ces lieux, bercée par le tourbillon des vagues sur le corail. Puis il tourna la tête vers l'autre coté. La dune avait au gré du vent envahi l'oasis de cocotiers à ses pieds. On distinguait encore le faîte de quelques arbres à moitié étouffés. Sous ses yeux la dune descendait sur cette face, en une pente quasi verticale sur trois cents mètres.
Doug regarda la mer intensément. Puis il saisit fermement son sac entre ses bras et il se jeta dans la pente. Le sol se dérobait sous lui le happant de plus en plus vite. Sa bouche se remplissait de sable brulant. L'avalanche minérale pénétrait dans tous ses pores, l'empéchant de respirer. Doug cherchait le bleu du ciel, il ne vit bientôt plus qu'un halo de jaune et de noir, et du rouge qui lui remplissait les yeux. La dune s'était refermée silencieusement sur lui ne laissant subsister qu'un léger monticule. Quelques minutes plus tard le vent avait repris son travail faisant courir le long de la dune des morceaux de broussaille montant à l'assaut de la pente comme des araignées voltigeuses.
'
- "Monsieur, monsieur ... ça va ?" Doug finit par comprendre qu'on lui parlait. Un jeune homme le dégageait peu à peu. Doug recommença à respirer. Il avait perdu son sac. A force de paroles avec les mains, il parvint à comprendre le jeune homme. Celui ci avec un grand sourire qui dévoilait le blanc de ses dents lui fit comprendre qu'il s'appellait Yago.
'
Yago montra à Doug comment chasser les crabes et les poissons avec un baton armé d'une petite pointe métallique. Ils les mangeait le soir autour d'un feu de bois agrémentés de quelques noix de coco. Doug comprit que l'île n'était habitée que par deux luxueux hotels de quelques chambres beaucoup plus au nord. Il n'y avait dans cette partie que quelques pécheurs qui passaient parfois avec leurs dhows. Yago lui montra aussi comment trouver de l'eau en évitant le lac infesté de crocodiles. Il lui laissa partager sa hutte.
'
La nuit Doug revoyait sans cesse le village là bas où ils avaient tiré sans sommations. Les flaques de sang surtout. Et puis cet enfant qui ressemblait à Yago et qui semblait sourire à la mort. Et les mouches collées sur les corps.
'
Pendant plusieurs jours Doug observa le manège des dugongs et des dauphins. En plongeant sur l'autre côte, du coté de l'océan, il avait aussi remarqué des tortues géantes, aussi grandes qu'un homme, qui revenaient chaque jour sur la plage à heure fixe se dorer au soleil. La plus grosse avait une tête débonnaire et le regardait sans inquiétude. Doug la surnomma Bonnemère. Plusieurs fois il revint lui porter des feuilles de cocotier qu'elle dévora goulument. Chaque jour Doug ressentait d'horribles douleurs dans le ventre. Un acide le brulait. Il avait essayé plusieurs fois d'expliquer à Yago qu'il était malade, mais celui ci n'avait pas compris.
'
Yago était parti sans dire où il allait et cette nuit là fut fut plus terrible que les autres. Le ventre de Doug le brulait atrocement. Des cauchemars heurtaient sa tête sans répit. La sueur lui collait aux tempes. L'eau n'assouvissait plus sa soif. Sa peau brulait. Il délirait. Il se dirigea vers la plage. Bonnemère était déjà là malgré l'heure matinale avec ses congénères.
'
-"Bonjour Bonnemère" lui dit il.
-"Je dois partir aujourd'hui" ajouta t il.
- " D'accord, monte sur mon dos" lui répondit Bonnemère.
Doug monta et elle s'éloigna vers le large en prenant soin de bien rester à la surface.
Au loin la mer et le ciel respiraient un bleu éclatant. Le soleil se mit à sourire.

Monday, August 04, 2008

C'est bientôt Noel à Central Park


Elle regarde par la baie vitrée les joggers qui courent autour du réservoir de Central Park. Aucun son ne parvient jusqu'au quinzième étage. Allongée sur le sofa elle machonne distraitement la barette marron qu'elle a acheté tout à l'heure furtivement devant Saks Fifth Avenue. Un goût acidulé qui monte à la tête et qui lui rappelle inconsciemment un après midi sur le pont de la vedette de Jim Baker sur le Lake Tahoe. Jim voulait l'emmener faire une tournée dans les bordels du désert du Nevada. Elle lui avait fait une pipe et on en était resté là. Jim est mort de toute façon. Un accident au volant de sa Mustang. Deux ans déjà ? Non trois peut être.

Il n'y a plus de feuilles sur les arbres à cette époque de l'année et on devine que la neige ne va plus tarder. Un hiver de plus. Elle aura bientôt quinze ans. Esther,sa mère, a promis de l'appeller pour fêter ça. Mais elle avait déjà fait cette promesse l'année passée, et avec son voyage aux Maldives, elle n'avait rien pu faire. Les communications ne sont pas parfaites dans ces îles. De toute façon elle a acheté plusieurs barettes pour l'occasion et quelques bouteilles de vodka russe. Dans le jacuzzi de la terrasse cela devrait faire l'affaire. Elle remonte son chale sur ses épaules, il fait froid ce soir.

Elle a mis un disque de Coldplay et regarde son visage maquillé dans le miroir. Elle caresse ses jambes doucement. Elles sont lisses et fines. Elle pourrait téléphoner à Mike le concierge. Elle sait combien il adore la prendre en levrette sur le sofa, son visage tourné vers Central Park. Une fois par semaine il la prend ainsi brutalement, parfois deux, quant son entrecusisse la brule trop. Bon il fait trop froid, c'est dit elle l'appelle.

Mike n'en finit pas. Il avait promis, il ya déjà un quart d'heure, d'être là dans cinq minutes. Il doit encore être en train de commenter le dernier match de baseball avec Zak, son pote de Harlem, devant l'immeuble sous le dais rouge devant le hall. Elle a des suées de froid et de chaud. Elle regarde les petits fiacres qui passent en bas juchés de touristes hilares. Ils ont l'air si petits. C'est dit si Mike n'est pas là dans dix minutes elle les rejoint. Elle fixe d'un regard hagard sa Rolex. Voilà. Quinze minutes déjà. Elle ouvre la baie vitrée, repose le chale sur le sofa, réajuste ses cheveux dans le miroir, escalade la rambarde et se jette dans le vide.

Le téléphone sonne. Trois sonneries avant que le répondeur ne se mette en marche.

" Ma chérie c'est Esther, ta mère, rappelle moi vite pour me dire ce que tu voudrais pour ton anniversaire et pour Noel. Cela va venir tellement vite"

Oui c'est vrai, c'est bientôt Noel.

Friday, July 25, 2008

Demain dès l'aube

Sur un premier vers du grand Hugo, pour jouer le jeu avec la communauté du papier libre :

http://papierlibre.over-blog.net/articles-blog.html


Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
Je partirai, chemise au vent et la mèche en bataille
Demain se jouera mon destin au coeur de l'Allemagne
Matamore hirsute j'irai sans peur et souriant à la mitraille

J'ai relu au flambeau du matin toutes tes lettres jusqu'à plus soif
Je le sais maintenant, rien ne me retient plus au coeur jadis aimé
La brume investit la tranchée et le vent d'un boulet me décoiffe
J'ai pleuré, puis j'ai ri, et bu toutes les larmes du temps passé

Demain une fois encore je foulerai les lourdes terres de Bavière
Sous les ordres du lieutenant, ma nouvelle promise m'attend
Je laisserai mon képi pour acceuillir une balle du firmament
Je boirai des étoiles et demain ne sera jamais plus comme hier.

Antinéa de Fès la blanche

Elle est assise à même la roche face à la mer. A ses pieds un gisant de pierre, rongé par l'iode, dont on devine encore qu'il s'accroche au roc par une amarre géante. Au dessus d'elle se tient une lourde croix de granit, particulièrement dépouillée dont les deux rondins de pierre sont agencés par un montage invisible à l'oeil.

Sa robe marron foncé la couvre entièrement ne laissant entrevoir que ses pieds. Parfois la brise découvre soudainement le pan du bas et un pantalon, du même tissu, qui cache encore plus ses jambes que l'on devine pourtant aussi frêles que celles d'une gazelle. Elle regarde la mer concentrée sur un horizon invisible.

Elle porte sur la tête un voile qui ne laisse pas de doute sur ses origines ou sa religion. Ses yeux sont soulignés d'un khol troublant qui laisse entrevoir la pureté et l'éclat de la rétine. Elle sourit doucement et une mélopée sourde s'échappe de ses lèvres, message qu'elle adresse à on ne sait qui au bout de cet horizon tendu de cumulus nimbus. Au loin un spi blanc gonflé sur la mer semble donner un écho terrestre et généreux aux nuages.

Je retrouve dans ma bouche le goût surprenant d'un fruit juteux à la fois doux et amer par delà les océans dans la casbah de Fès la blanche. J'y poursuivais Antinéa sous le regard malicieux de mon guide avec sa dague incongrue au flanc. Et sous les porches balafrés j'entendais la même mélopée qui me guidait, de portes en portes, dans le tortueux labyrinthe des venelles. Je ne sais toujours pas où est la clé mais il me reste cette voix de sirène qui me guide aujourd'hui de rocher en rocher.

Saturday, June 07, 2008

Ailes. Séverine

Je suis seul ce soir, une fois encore, autour d'un verre de fragolino où flottent de miniscules fraises réduites dans l'alcool qui crissent sous la langue. Et je ressasse, une fois encore, le pourquoi et le comment. Séverine.

Je t'imagine en train de lire, encore et toujours, au coeur d'une histoire qui te sourie. Sourcils froncés, studieuse, attentive, ambitieuse étudiante. Tu repousses d'un geste de la main la mèche blonde qui retombe sur tes yeux verts. Tu écoutes du bel canto. Du Verdi bien sûr. Les violons dansent puis laissent la place à deux cymbales, puis à une flute solitaire. Tu fermes les yeux.

Je t'observe. Sous ton masque je cherche le visage et sous la femme je cherche l'enfant. Je te regarde si frêle, si menue et si solide et si décidée pourtant. J'ai froid.

Ton énigme tourne dans ma tête. Je t'observe à ton insu, voyageur indécent au coeur de tes rêves. Je cherche une faille inavouée, une ridule du destin. Je cherche une concession, un relachement de tes mains.

Quand tu expliques la toile pendue au mur du musée d'Orsay à une foule de touristes avides qui boivent tes paroles. Je t'observe incrédule, médusé, admiratif et jaloux de leurs regards.
Quand tu commandes des exemplaires supplémentaires de ton livre à ton éditeur d'un ton impératif et que tu me souris en même temps d'un air si désarmant, je sais plus si c'est à moi que tu souris ou à lui. Tu connais tout le monde, surtout le monde qui compte. Et tout le monde te connait et compte sur toi. Moi c'est toi que je voudrais connaitre. Bal des innocents ou nuit des longs couteaux ?

Petites bribes d'années si rapides, si furtives que je convoque au tribunal de mon souvenir.

Et puis tu te souviens de ce soir là ? Quand tu m'as dit que ce n'était pas possible. Quand tu m'as dit pourquoi. Je te disais des mots en anglais car je n'avais plus la force de les dire dans une langue que tu comprendrais. Mais bien sûr tu les comprenais quand même. Tu te souviens que je t'ai fait danser contre moi, très serrés, pour que l' intimité de nos corps se devinent enfin. Tu m'as répondu par un baiser sauvage de nos langues. Le premier. Le dernier. Et j'ai peur soudain. Peur de mon insignifiance. De mon néant. Je n'ai rien à offrir. Quelle est ma pertinence ? Et puis jaloux moi ? Comme ce serait drôle.

Je quémande ton visage et ton sourire dans le noir du soir qui vient. Je te perds. Tu restes comme une note stridente qui fait trembler puis qui s'étiole. Un Buena Notte staccato. Point d'orgue de l'opéra des hommes. Mais il n'y a pas d'applaudissements. Juste le silence.

Thursday, June 05, 2008

Amen





Je croix en toi Seigneur Jesus
Amen

Je vous salue Marie pleine de grâce
Hymen

Faites vos jeux, rien ne va plus
Amène

This court is now in session, all rise
Oh men !

Friday, May 23, 2008

Once upon a time on the road again...




Endless desert. Desert without an end.

La Cadillac Eldorado au dos d'acier bleuté, brille, fumante, sur l'asphalte qui suinte. Brumes de chaleur, cactus, poteaux télégraphiques ondulant en rangs d'oignons. Dunes enrochées qui titubent comme un serpent fou, trou sans fond, colline sans nom. Puis le bitume sans fin, rectiligne, pétrole zébré,cravaché, bouillonnant puis figé. A la radio hurle sur la bande fm l'air qui étanche ma soif et m'entraine toujours plus loin. Repères perdus, sans boussolle, sans rétroviseur, sauvagement heureux.

Ne pas réfléchir, être cette musique qui pulse mon coeur, ce moment d'adieu. Puis, plus tard, fenêtres toujours ouvertes, l'air du soir qui apaise la quête. Découverte improbable d'un canyon oasis, quelques baraques, un drapeau. Le barrage gronde sa plainte, un lézard m'observe, je m'allonge sur le dos.

Freedom thus is thy word.
Freedom thus is thy world.

Vertiges


Je me souviens d'un pont un soir. Sous ses arches de métal coulait la Seine. Personne aux alentours. Au loin un bateau mouche éclairait fugitivement des arbres dont le vert brillait de mille feux. Sous le pont l'eau était noire et hypnotique. Comme recouverte d'un grand manteau sombre et chaud. J'y ai jeté un caillou, je ne l'ai jamais revu.

Je me souviens d'un bac sur le Saint Laurent. Les vents étaient démontés. Ce serait le dernier bac de la journée. Dans ma voiture de location la petite auto stoppeuse de Toronto, bien au chaud retapissait ses lèvres pour la deuxième fois d'un rouge à lèvres aux couleurs de sang. Arrimé à la rambarde je guettais avec une âme de Jonas, une hypotétique baleine. Les clés de la voiture teintaient au fond de ma poche. Elles me brulaient les doigts. Une envie sourde et brutale me poussait à les jeter dans les eaux déchainées. Une mouette a retenu ma main.

Je me souviens de tours sans fin aux âmes de verre et de métal oscillant au gré du vent, et aussi d'un rocher blanc à pic sur un fjord norvégien.
Je me souviens d'un temple indonésien aux mille marches, où la trompe
de pierre d'un éléphant plongeait au plus profond d'une savane avide.
Je me souviens d'un hélicoptère survolant une baie de sable nacré dont
les pales tutoyaient les étoiles et moi le vide.

Je me souviens que dans tous ces lieux, des nuages au ciel, en volutes gracieuses, me dessinaient une carte changeante d'un monde plein de promesses de lendemains.

Monday, May 05, 2008

Amérique du Nord. Once again.

Le soleil est déjà chaud, le vent souffle sur le lac. Sur le pont suspendu tanguent des Cadillac. Les pompiers testent leurs bateaux pompes à coups de jets puissants.

A l'université, au pied du hall victorien, il joue de la guitare, hilare. Quelques vieux hyppies survivants d'un monde antique, sirotent un jus de carotte. Elle prend des photos pour immortaliser l'instant. Elle croque des bonbons roses. Sa robe remonte très haut quand elle fouille dans son cabas. Elle s'en fout. Tous préparent la réunion contre l'extraction de l'uranium qui va se tenir à l'étage.

A Chinatown on trouve toutes les couleurs et toutes les odeurs. Les champignons séchés sont tout recroquevillés, piteux dans leurs cages en plastique. On vend des plats de nouilles ici, et des cartes de téléphone en direct pour la Chine là. Une vieille Toyota manque de peu d'écraser grand maman. Le restaurant du coin de la rue voudrait bien racheter le musée d'Art Moderne, pour en faire un karaoké. Mais cela ne se peut pas. Enfin pour l'instant. Cela serait pourtant beau un grand néon de plus clignotant jusqu'au bout de la nuit.

Au coin de la rue, c'est la sortie de l'église orthodoxe. Les femmes, même les plus jeunes, portent des fichus. Elles parlent russe entre elles. Les paniers bénis sont plein de mets bigarrés et d'oeufs colorés. J'ai bien envie d'en casser un. Mais cela ne se peut pas. Enfin pas pour l'instant. Au sous sol le pope bénit à qui mieux mieux sous le visage impavide de l' ancien tsar. Quel mélange ! Dans la foule je ne vois plus mes pieds.

A l'opéra tous sont endimanchés. Un dimanche de province. C'est haut, c'est clair, c'est propre. Pas de rush. Une dame au micro nous décrit toutes les arcanes, actes par actes,avant de commencer. J'ai peur d'avoir tout compris, et puis c'est un classique. Ma voisine, toute de belles rondeurs, ne comprend pas comment elle a pu payer si cher cette loge alors que moi... Non elle ne m'en veut pas, non, mais elle ne comprend pas... Elle voudrait bien connaitre là d'où je viens. C'est si romantique. Actes par actes. Elle penche sa tête de guingois pour observer le décor qui s'étage de la ville à la campagne dans une pente vertigineuse.

Au soir tout explose. les femmes, belles comme des danseuses, ont des robes noires et des jambes vertigineuses. Elles font la queue pour entrer dans des antres qui beuglent. Elles ont leurs bières à la main. Leurs hommes, et ceux qui vont en faire office, ont la hardiesse de ceux qui ont déjà beaucoup bu. Petites morts au champ d'honneur.

Une journée bien ordinaire dans l'amérique du nord, au coeur d'un monde mutant qui migre chaque jour vers son demain.

Friday, April 18, 2008

Des lyres à quatre mains ? Oui si tu le veux... Part 2

Avec Coralie

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Elle lui demanda soudain comment il était habillé
Il lui dit qu'à cet instant il était tel qu'il était né
Vierge de toutes rencontres prêt à aimer ... en corps
Et en esprit, dépouillé du passé, prêt à aimer encore.

Elle lui répondit qu'elle n'était pas sûre d'en être capable
Il sourit car il n'aurait pas voulu d'un coeur trop malléable
Ses yeux se fermèrent sur des images érotiques et tendres
En mousseline rouge telle qu'il aurait voulu la prendre.

Elle se laissa glisser, guidée par sa voix chuchotante
Lui était adossé à un tronc couvert de mousse caressante
Ils se rejoignirent en un râle aussi surprenant que puissant.

Puis il posa le téléphone, se coucha dans l'herbe et sourit
Il resta ainsi, immobile, une nuit entière et réfléchit
Au matin, l'avion roulait vers l'ile au parfum odorant.

Monday, April 14, 2008

Quand Malko Linge caressait Ingrid. Script sépulcral.

Merci à toi qui m'a aidé à retrouver ce délicieux script que j'avais presque oublié. Quelle aventure :) A l'origine d'une oeuvre mémorable à trente têtes qui a fait notre bonheur sur plusieurs semaines...Ou êtes vous Lérie, Iginie, Evalia, Bernuche et tous les autres ?

Malko Linge, Prince of Sawabia zu Huenzollern von Patdsat, est un agent de Langley et Ingrid est sa compagne actuelle. (On notera qu'Ingrid doit son apparence de femme à l'intervention de l'agent Mamyblue, expert dans le maniement du bistouri au Brésil.)
Le prince Malko vient d'apprendre les fiancailles de son ancienne maîtresse, la comtesse Iginie de Montparnagor, avec le Prince Albert de la Tour d'Artisem et lui envoie cinquante roses. Iginie, qui a en fait épousé son Albert en secret, appelle Malko et exige également des vases en cristal pour ses roses. Malko confie à Nekomoon, toujours divine malgré ses quarante ans et son problème avec l'alcool, la mission très spéciale d'enlever Evalia Castafiore, sa nouvelle conquête, et de le seconder pour la fouetter avec sa ceinture cloutée.
Au même moment, dans un château des carthapes orientales, le machiavélique Bernd-Huche, qui veut empêcher son ennemi juré le Prince Malko de s'en prendre à la douce Evalia, confie également à sa secrétaire personnelle, la sulfureuse et vénéneuse Ziza, la mission de l'enlever puis d'éliminer le prince. Mais Ziza est en réalité un agent double travaillant pour le Prince Malko. Il a envoyé Ziza empoisonner Bernd-Huche, de l'agence GPO (sous division ukraino-bulgare du KGB), en enduisant sa robe de chambre, griffée Saint-Lorent-rive-droite, de cyanure. Mais Bernd-Huche en réchappe, et veut à présent employer les grands moyens. Il décide de faire appel à une tueuse professionnelle pour le débarrasser de son ennemi : l'ultra dangereuse Lérie ! Ziza, douce traitresse, lui a appris ce que complotait Bernd-Huche.
Malko lui confie alors la mission d'enlever sa femme la Terrible Bernd-Huchette, autrefois connue sous le nom de Petrovna Kolova, alias aujourd'hui Bernina la Machette à sang froid.

Pendant ce temps, Nekomoon, au volant de la jaguar prêtée par Malko, se dirige vers Périgueux où Evalia se trouve dans une école hôtelière pour suivre une formation sur les truffes. Au moyen d'un piège sournois, elle parvient à capturer Evalia, la ligote et la met dans le coffre de la Jaguar. Pendnat ce temps là à Hambourg, Bernd-Huche se rend à son rendez-vous avec Lérie à bord de sa Badmobile conduite par son fidèle chauffeur Unsoir. Ayant mis fin à sa carrière de tueuse, après avoir promis de s'arrêter à trente neuf meurtres, pour ne pas gacher son quarantième anniversaire, Lérie demande l'aide de son amie Ziza qui réussit à localiser Bernd-Huchette et à la lancer aux trousses de son mari. Lérie fait savoir à Bernd-Huche qu'elle doit se désister. Il se fait une raison mais ne peut refuser ses avances.Sur l'autoroute, la douane volante vient d'arrêter Nekomoon. Guidé par les hurlements d'Evalia, le douanier la libère du coffre, après une belle sucette, menotte Nekomoon et ramène tout ce petit monde à Périgueux. Evalia, qui avait envisagé de se venger, y renonce après avoir rencontré Sagamore Stévenin. Quant à Nekomoon, mettant son comportement sur le compte de la boisson, elle se repent, renie le prince et quitte la ville avec Hugh-Jackman qui l'a prise en stop. Bernd-Huche, à la merci de Bernd-Huchette qui l'a retrouvé à Zurich, rumine sa vengeance au fond de son château. Le prince Malko, seul après le départ d'Ingrid avec une femme, propose à Maeva la bibliothécaire de la bibilothèque Sainte Geneviève de l'emmener en Ecosse. Iginie le rejoint sur les bords du Loch Ness pour lui expliquer les raisons de son mariage secret.

Mais le prince, touché par la flèche empoisonnée d'un fusil tirée d'un sous-marin, est à l'agonie et décède peu de temps après. L'agence contacte Malko II, le fils de Malko, pour qu'il lui succéde et le venge.Bernd-Huche, après l'élimination de Malko père, veut tuer le fils également. Mais il se trompe de cible et tue la femme de Malko II. Celui-ci envoie 2 missiles à têtes chercheuses détruire Bernd-Huche et son minimoi.

Sur une île au large du Yucatan, l'autoproclamé el Bernucchio, maître du mâle, apprend par Maître Chéssot-Danlesfaisses la mort de son père de qui il hérite tous les biens. El Bernucchio se réjouit de ces bonnes nouvelles mais apprend aussi que pour hériter il devra auparavant tuer le prince Malko ainsi que toute sa famille. Mais Maître Chéssot-Danlesfaisses est en fait envoyé par Malko II qui a inventé ce faux testament pour pimenter ses longues soirées d'hiver. Le début d'une autre belle aventure...