vendredi, avril 18, 2008

En corps et en esprit. Des lyres à quatre mains ? Oui si tu le veux. Deux

Avec Coralie



Elle lui demanda soudain comment il était habillé
Il lui dit qu'à cet instant il était tel qu'il était né
Vierge de toutes rencontres prêt à aimer en corps
Et en esprit, dépouillé du passé, prêt à aimer encore.

Elle lui répondit qu'elle n'était pas sûre d'en être capable
Il sourit car il n'aurait pas voulu d'un cœur trop malléable
Ses yeux se fermèrent sur des images érotiques et tendres
En mousseline rouge telle qu'il aurait voulu la prendre.

Elle se laissa glisser, guidée par sa voix chuchotante
Lui était adossé à un tronc couvert de mousse caressante
Ils se rejoignirent en un râle aussi surprenant que puissant.

Puis il posa le téléphone, se coucha dans l'herbe et sourit
Il resta ainsi, immobile, une nuit entière et réfléchit
Au matin, l'avion roulait vers l'ile au parfum odorant.

lundi, avril 14, 2008

Quand Malko Linge caressait Ingrid. Script sépulcral.

Merci à toi qui m'a aidé à retrouver ce délicieux script que j'avais presque oublié. Quelle aventure :) A l'origine d'une oeuvre mémorable à trente têtes qui a fait notre bonheur sur plusieurs semaines...Ou êtes vous Lérie, Iginie, Evalia, Bernuche et tous les autres ?

Malko Linge, Prince of Sawabia zu Huenzollern von Patdsat, est un agent de Langley et Ingrid est sa compagne actuelle. (On notera qu'Ingrid doit son apparence de femme à l'intervention de l'agent Mamyblue, expert dans le maniement du bistouri au Brésil.)
Le prince Malko vient d'apprendre les fiancailles de son ancienne maîtresse, la comtesse Iginie de Montparnagor, avec le Prince Albert de la Tour d'Artisem et lui envoie cinquante roses. Iginie, qui a en fait épousé son Albert en secret, appelle Malko et exige également des vases en cristal pour ses roses. Malko confie à Nekomoon, toujours divine malgré ses quarante ans et son problème avec l'alcool, la mission très spéciale d'enlever Evalia Castafiore, sa nouvelle conquête, et de le seconder pour la fouetter avec sa ceinture cloutée.
Au même moment, dans un château des carthapes orientales, le machiavélique Bernd-Huche, qui veut empêcher son ennemi juré le Prince Malko de s'en prendre à la douce Evalia, confie également à sa secrétaire personnelle, la sulfureuse et vénéneuse Ziza, la mission de l'enlever puis d'éliminer le prince. Mais Ziza est en réalité un agent double travaillant pour le Prince Malko. Il a envoyé Ziza empoisonner Bernd-Huche, de l'agence GPO (sous division ukraino-bulgare du KGB), en enduisant sa robe de chambre, griffée Saint-Lorent-rive-droite, de cyanure. Mais Bernd-Huche en réchappe, et veut à présent employer les grands moyens. Il décide de faire appel à une tueuse professionnelle pour le débarrasser de son ennemi : l'ultra dangereuse Lérie ! Ziza, douce traitresse, lui a appris ce que complotait Bernd-Huche.
Malko lui confie alors la mission d'enlever sa femme la Terrible Bernd-Huchette, autrefois connue sous le nom de Petrovna Kolova, alias aujourd'hui Bernina la Machette à sang froid.

Pendant ce temps, Nekomoon, au volant de la jaguar prêtée par Malko, se dirige vers Périgueux où Evalia se trouve dans une école hôtelière pour suivre une formation sur les truffes. Au moyen d'un piège sournois, elle parvient à capturer Evalia, la ligote et la met dans le coffre de la Jaguar. Pendnat ce temps là à Hambourg, Bernd-Huche se rend à son rendez-vous avec Lérie à bord de sa Badmobile conduite par son fidèle chauffeur Unsoir. Ayant mis fin à sa carrière de tueuse, après avoir promis de s'arrêter à trente neuf meurtres, pour ne pas gacher son quarantième anniversaire, Lérie demande l'aide de son amie Ziza qui réussit à localiser Bernd-Huchette et à la lancer aux trousses de son mari. Lérie fait savoir à Bernd-Huche qu'elle doit se désister. Il se fait une raison mais ne peut refuser ses avances.Sur l'autoroute, la douane volante vient d'arrêter Nekomoon. Guidé par les hurlements d'Evalia, le douanier la libère du coffre, après une belle sucette, menotte Nekomoon et ramène tout ce petit monde à Périgueux. Evalia, qui avait envisagé de se venger, y renonce après avoir rencontré Sagamore Stévenin. Quant à Nekomoon, mettant son comportement sur le compte de la boisson, elle se repent, renie le prince et quitte la ville avec Hugh-Jackman qui l'a prise en stop. Bernd-Huche, à la merci de Bernd-Huchette qui l'a retrouvé à Zurich, rumine sa vengeance au fond de son château. Le prince Malko, seul après le départ d'Ingrid avec une femme, propose à Maeva la bibliothécaire de la bibilothèque Sainte Geneviève de l'emmener en Ecosse. Iginie le rejoint sur les bords du Loch Ness pour lui expliquer les raisons de son mariage secret.

Mais le prince, touché par la flèche empoisonnée d'un fusil tirée d'un sous-marin, est à l'agonie et décède peu de temps après. L'agence contacte Malko II, le fils de Malko, pour qu'il lui succéde et le venge.Bernd-Huche, après l'élimination de Malko père, veut tuer le fils également. Mais il se trompe de cible et tue la femme de Malko II. Celui-ci envoie 2 missiles à têtes chercheuses détruire Bernd-Huche et son minimoi.

Sur une île au large du Yucatan, l'autoproclamé el Bernucchio, maître du mâle, apprend par Maître Chéssot-Danlesfaisses la mort de son père de qui il hérite tous les biens. El Bernucchio se réjouit de ces bonnes nouvelles mais apprend aussi que pour hériter il devra auparavant tuer le prince Malko ainsi que toute sa famille. Mais Maître Chéssot-Danlesfaisses est en fait envoyé par Malko II qui a inventé ce faux testament pour pimenter ses longues soirées d'hiver. Le début d'une autre belle aventure...

jeudi, avril 10, 2008

Cadence parfaite. Des lyres à quatre mains ? Oui si tu le veux... Un

Avec Fanny


Je suis en miettes
pas de perfusion
à l'horizon
il ne me reste plus
que le bouche
à bouche
mon souffle
frôle tes mots
mes mains
collent à ta peau
je ne suis plus seule
face à ton puzzle
pas de perfusion
à l'horizon
tes mains jouent
de mon piano
en diagonales
à l'horizontal
à la verticale
violon
arpège et rêve
musical
la gamme blues
et les bleus à l 'amour
égrènent les raisons
et les torts
pas de perfusion
à l 'horizon
les notes enivrées
pianotent
sur nos corps
des symphonies
au goût d'inachevé
en quête de fusion
il est sous perfusion
l'horizon
elle est perfide
la solution
chanter pour vivre
une mort chromatique
sur tous les tons
pas d 'harmonie
à l 'horizon
elle glisse elle glisse
l extrême onction
il est avide
le diapason
point d'orgue
point de fusion
point de tricot
détricoté
petite mort sadique
torsion
chant d'hallali
onction funèbre
péremptoire contrition
le corps à l 'abandon
appelle à l'aide les tons
la quinte de justesse
tombe du septième ciel
de dominante ad libitum
sous l horizon du swing
pas de temps mort
à l 'horizon
le fil d or imprime
la cadence parfaite
du vice intime
et c 'est bon

mercredi, mars 26, 2008

Drapeau noir. Hallali.


Holà moussaillons nous voilà bien encalminés
Calme plat, voiles hagardes et laminées

Allez les gars, vos amis connaissent la technique ?
Il faut les faire loffer en mode automatique

S'il le faut cliquez avec vos jambes de bois
Mais surtout vous aussi cliquez plusieurs fois

Si le cuistot ne sait pas lire, qu'importe, avec une croix
Il signera, et que nos morts donnent aussi de la voix.

Y a du rhum à la clé, un beau butin capitaine ?
Non mon gars juste la gloire au mat de misaine.

Hissez le drapeau noir à tête blanche.
Et on boira le vin jusqu'à la lie dimanche.

samedi, mars 01, 2008

Festival du Blog

Merci aux 225 personnes qui ont voté pour moi, pour le festival du blog. Merci. Ca réchauffe le coeur :)

A big thanks to all those who voted for my blog.

vendredi, février 29, 2008

Fleurs




Bouquet de fleurs des champs.
C'est bientôt le printemps.

mercredi, février 27, 2008

Rue Pacific

Rue Pacific. San Bernardo

Ces temps derniers, j’ai eu beaucoup d’accidents.
Je tournoie à la fête des fous, au bal des déments.
Je crois que ma vie m’a tiré plusieurs fois dessus.
Ensanglanté, le sang caillé me brouille la vue.

Mon nez saigne en été et au printemps.
Mes veines bleuissent l’acide du temps.
Ma respiration expire sans prévenir.
Mes boutons exudent un vilain sabir.

Centaure. Venin. Expiation.
Aurore. Jardin. Rédemption.

vendredi, février 22, 2008

Marcel

Autrefois il fabriquait des chaussures
Trente ans à joindre des armatures

L'usine de la zone a fermé
Délocalisé le voilà exilé

Dans la grand ville il a vendu
Pour un sou ses sourires de pendu

Il fait froid rue de Verdun
Il va mourir le paladin

Faute de promesses jamais tenues
Il a tout bu, puis il s'est tu

Une mésange picore son pain
Le croque mort lui prend la main

Plus de pouls
C'est tout.

samedi, février 16, 2008

Henri de Naxi


Nous traversons d'abord le salon d’apparat sombre et plein d’ombres, puis le salon de danse où rougeoient des lampes à pétrole allumées sur les rebords des fenêtres. Les flammèches qui dansent derrière leurs verres, donnent un air fantomatique aux lourdes tentures. Sylvia marche en glissant devant moi. Elle pousse une porte, puis une autre, et m’entraîne enfin dans le fumoir vers un grand bureau Empire. Elle y a déposé, religieusement, un grand ouvrage relié, illustré d’une collection de roses par Redouté. Elle s’assoit en silence.

Je l’observe tourner lentement l’ouvrage page après page. Un grand encart blanc cartonné, puis en son milieu une tache de rose et de vert, avec un hiéroglyphe savant de botaniste, qui décrit la fleur. Je suis penché sur son cou. Les roses exhument un parfum suave et frais d’enfance. Leurs pétales doucereuses s’ouvrent une à une. Les tiges vertes opiacées aux épines vives luisent d’un vert hypnotique.

Elle tourne les pages.

« Sylvia. Je t’ai apporté un cadeau. »
« Un cadeau ? » Elle m’observe dans son dos, le cou tordu, avec de grands yeux ouverts et attentifs.

Je lui tends le petit paquet ficelé. Elle l’ouvre lentement après l’avoir posé sur le bureau. Ses mains, ses bras roses, jouent d’un archet invisible et s’animent.

Elle découvre un écrin capitonné. A l’intérieur sont enchassés deux bâtons de rouge à lèvres. L’un est rouge carmin et sombre, l’autre est rouge vif et sang.

Elle se retourne et me regarde. Fuyant son regard, je fixe au mur, sous la lumière vacillante, un tableau hollandais représentant un vieil homme en clair obscur qui scrute hagard une courtisane affalée sur son canapé.

« Vous voulez que j’en mette maintenant monsieur de Naxi ? »

« Oui j’aimerai bien s’il te plait »

Elle se déplace jusqu’à un miroir de sorcière pendu au mur, à l’ovale convexe et déformant qui la dédouble de façon troublante et inquiétante et applique calmement sur ses lèvres le plus rouge des deux. Elle est comme un fruit rouge et vivant qui palpite. Puis elle défait ses cheveux de leur ruban, se retourne vers moi et fait tomber sa robe, découvrant deux seins aux parfaites aréoles.

« Pour moi ce sera la première fois » me dit elle.

Je la regarde dans la pénombre, si fraîche avec ses seins ronds qui se dressent fièrement devant moi. Elle tremble un peu.

Bien plus tard, à la naissance de l’aube, sous le baldaquin étoilé du lit, au premier étage, j’ai signé « Beau Rivage » sur son dos avec le bâton rouge carmin, celui qui a un curieux goût de bonbon sous la langue. Puis je suis parti très vite, comme un voleur.

En traversant le salon de musique déserté, j’ai vu dans la vitrine, que le violoncelle en faïence bleue de Quimper, pièce maîtresse de l'exposition, était fêlé.


* * *

« San Michele ? Pourquoi pas ? J’adore les cyprès. »

Le motoscafo Riva glisse dans un ronronnement régulier du moteur jusqu’au débarcadère. L’écharpe blanche d’Elodia flotte librement. Henri prend doucement la main gantée dans la sienne. La vedette ralentit pour aborder le ponton. Henri l’aide à descendre. Elle a mis sur sa tête un fichu, qui lui donne un petit air d’actrice des années trente. Elle porte un grand sac de cuir avec elle, beaucoup plus encombrant et lourd qu’un sac à main. Elle sourit. Sa jupe bleu pâle est fendue très haut. Une bonne odeur mi marine, mi d’herbe humide envahit l’air. Elodia passe rapidement l’enceinte de briques rouges ceinte de ses petites tourelles à trois arcades coiffées de pierre blanche. Elle évite le monastère, et l’entraîne vers un columbarium. Au coeur du vaste mur, des tombes sont fichées en hauteur sur plusieurs étages. Elles portent parfois des médaillons avec des photos, parfois quelques fleurs en plastiques ou un bout de feuillage d’autrefois. Elodia escalade une lourde échelle métallique à quatre roulettes qui permet l’accès aux tombes les plus hautes.

Elle ne porte rien sous sa robe. Ses jambes rougeoient sous le soleil couchant qui transperce le feuillage des cyprès. D’un geste de la main elle dépoussière un verre, pour mettre à jour la photo noire et blanc d’une vieille femme au sourire énigmatique.

« Maria… je l’ai connue tu sais. Il n’y a pas assez de place dans le cimetière, alors au bout de douze ans, c’est ici qu’on les met... »

* * *

Ouest France

« Mort mystérieuse d’un homme à Saint-Malo : Ce matin, à neuf heures, la police a retrouvé le corps d’un homme d’une cinquantaine d’année, sans papiers, flottant dans le bassin Vauban. Sa mort reste mystérieuse : chute accidentelle ou crime ? La mort remonte sans doute à la veille au soir, au plus fort des festivités d’ouverture du festival. L’homme, sans doute un vagabond, n’est pas connu des services de police. L’autopsie devrait révéler de manière plus précise les conditions de la mort. La police recherche des témoignages pour élucider le mystère. »




* * *

lundi, février 04, 2008

Laura




Quand tu me donnes ton enfance
Et que je bois tes premiers émois
Ta danse fait monter ma cadence
Mes lèvres contre ta peau de soie

dimanche, février 03, 2008

Constantinople


Constantinople. Istanbul.
Sons. Klaxons.Foule. Houle.
Couleurs. Saveurs. Odeurs.
Mais c'est Byzance !

Dans la torpeur huilée du narguilé
Tremblent les domes des mosquées.

Tout se bouscule et recule.
Tout se presse et se verse.
Tout se rue et se mue.
Transmutation. Pulsion.

L’air froid sue le Bosphore phosphorescent.
Les minarets bleus diffusent mille encens.
La voix du muezzin jaillit troublante et stridente
Relayée de tourelle en tourelle en notes vibrantes.
Sophie. Femme, Sainte, mosquée muséifiée.
Sous tes calligraphies sacrées, bleutées
Se terrent cachées, derrière des tentures
A l'abri des regards, les femmes impures.

Pleurent elles pour leurs aînées, jetées à la mer vivantes
Dans des sacs cousus, du sultan de Topkapi les servantes ?
Pleurent elles parce qu'elles n'ont pas de demain ?
Pleurent elles pour leurs enfants qui ont si faim ?

Dehors un faucon au bec acéré veille jalousement
Sur les babouches abandonnées au soleil levant.
Les couleurs endiablées luttent contre le noir du soir.
Les maquillages s'offrent en présent dans le grand encensoir.

Le grand pont de métal, entre l’Orient et l’Occident se tord
Comme la gigantesque aiguille d'une boussole qui perd le nord.
Un derviche tourneur tourne comme une toupie.
L'enfant sous son fez l'observe tout ébloui.

Tout se bouscule et recule.
Tout se presse et se verse.
Tout se rue et se mue.
Transmutation. Pulsion.

L’étrangère, épiée, prostituée par l’oeil sous un pont s’évanouit.
L’homme, un thé à la menthe en main, goguenard et hableur la suit.
Sous la torpeur, impalpable la peur.
Sous le tchador, des illusions la mort

Le faucon s'élance dans le vide
Des regards le suivent impavides.

Transmutation. Pulsion.

mercredi, janvier 30, 2008

Plage de Fakarava




En me tendant une papaye elle m'avait dit
Rejoins moi ce soir sur la plage de Fakarava
Mon mari pêche des perles jusqu'à minuit
Et à la nuit qui tombe il n'y sera donc pas

Près du lagon aux fonds turquoises acidulés
D'une large machette je cassais des cocos
Laissant couler sur ma peau le jus velouté
Quant elle m'a rejoint j'étais allongé sur le dos

Le sable blanc encore chaud crisse sous ses pieds nus
Son pagne est rouge, ses cheveux brillent sous la lune
Elle porte un collier de coquillages des Tuamotu
Signes cabalistiques d'un chapelet de motifs runes

Ses jambes fuseaux se plient vers moi en douceur
Son pagne tombe à ses pieds dans un froissement
Ses yeux ont les reflets d'un corail d'ailleurs
Ma vahiné se dévoile aux étoiles du firmament

Sur ses seins ronds sont tatoués deux petits geckos
Leur têtes altières se dressent sous la risée du vent
Ma langue enivrée de jus caresse leurs museaux
Sous le petit Mohai nos corps s'épousent savamment

Soudain le tané hurle à sa pomaré des mots sans queue ni tête
De l'oeil je guette les palmiers, je n'ai pas quitté ma machette.

jeudi, janvier 24, 2008

Je plane


Je plane, je plane, en mystère vingt

Par dessus la terre c'est divin

La tête dans les nuages

La terre est un mirage

Roma



Mais si tu vas à Rome ma jolie poupée
N’oublie pas ton eye liner et ton cafe latte

Y a de girondes petites nonnes
Qui minaudent sur la place Navone
Aux coins de rue s’hument des expressos
Des chiens savants dansent le doble passo
A l'opéra ils passent en boucle du Verdi
Et puis y a des boutiques si ça te dit aussi

Mais si tu vas à Rome ma jolie poupée
N’oublie pas ton eye liner et ton cafe latte

A Castel Gandolfo, le pape s'offre en chapelet
Les musées antiques ne désemplissent jamais
Sur les corsos y a des sacs à lanière
Et des gemmes colorés sur des étagères
Les petits malfrats te feront sourire
Sans que tu ne saches ce qu’ils te tirent

Mais si tu vas à Rome ma jolie poupée
N’oublie pas ton eye liner et ton cafe latte

Au pied du Colisée tu vas sans doute croiser
La terre entière au guide vert apprivoisée
Un beau gosse te fera délirer sur son Alfa Roméo
Te laisse pas faire poupée par de si jolis mots
A Rome tous les chemins y mènent c'est bien connu
Là bas jolie poupée tu ne seras jamais perdue

Mais moi, tu sais, je suis ici.
Et nous deux alors c’est fini ?

vendredi, novembre 09, 2007

Iles au vent



Elles sont partout. Grains de beauté. Amers.
Insolentes et fières qui se défendent face à la mer.

Difficiles à atteindre qui se méritent.
Isolées. Frisées d'atolls. Rondes ou qui se délitent.

Ecumantes, démentes. Souriantes, patientes.
Toujours semblables. Toujours différentes.

L’homme y est rare, à la langue lente et au coeur gros, ici le fils est né.
On veut les quitter dès le pied posé, les retrouver dès le pied exilé.

Havre. Tempête. Monde miniature. Concentré de peinture.
Grains de piment sur la mer. Poil à gratter qui gerbe l'azur.

Navires ancrés pour quelques jours aux drisses bruissantes et frémissantes.
Ormeaux aux couleurs de l' arc en ciel, bordés sous leurs toiles luisantes.

Gigue maritime endiablée.
Cri d'une corne embrumée.

Bréhat, Ibiza,
Lesbos, Amorgos,
Belle Ile et Sicile.
Irlande et Shetland.
Kho Lanta. Moorea. Cuba.
Sainte Lucie. Tasmanie.
Guadacanal et San Cristobal.
Gozo. Ilo Ilo.

Et le cimetière marin face à la mer.
Et le phare qui guette solitaire.
Et la chapelle aux ex votos.
Pendus au ciel petits bateaux.

Elles sont le début et la fin.
Elles sont le but et le destin.

Les iles.
Iles. Eau. Ilots.
Ilo Ilo.

jeudi, novembre 08, 2007

Te peindre...


Te peindre...

lundi, novembre 05, 2007

War zone


Femmes violées devant leurs hommes par la troupe en guenilles
Village arasé, huttes brulées encore fumantes que l'on pille

On te saigne les pieds, après t'avoir suavement brulé les yeux
A l'école des mercenaires, tu ne peux que faire mieux

Le fer au sang caillé rougoie sous la danse d'une flamme
Kalach en bandoulière, les yeux hagards divaguent sans âme

L'enfant de douze ans rit, exhibant un chapelet de têtes coupées
Et lance dans son meilleur français, montrant sa lame acérée

"Coupe Coupe
Coupe Coupe"

Les canons sciés portent en bandoulière la rapine du jour
Saigné comme un cochon, éventré, ils te pendent tour à tour

A bout portant, tes boyaux feront festin aux rapaces du soir
Pas de fosse, juste un tas disloqué et sans forme pour mouroir

A l'arbre de sagesse, sous le dard du soleil, on crucifie le chef
On arrache ses ongles un à un, pour ne pas faire trop bref

L'enfant de douze ans rit, exhibant un chapelet de têtes coupées
Et lance dans son meilleur français, montrant sa lame affutée

"Coupe Coupe
Coupe Coupe"

Le film défile en accéléré
Disque déraillé et rayé

Coupez Coupez

vendredi, septembre 14, 2007

Le Mont


Qui dira tes aurores vertes et bleues fouettées et agitées ?
Qui dira tes algues d'argent ? Qui dira ton jusant ?
Qui dira ta vague ronde et brutale ? Qui dira tes gisants ?
Qui dira tes ajoncs parfumés et ton roc salé ?

Je dirai tes maisons colombines dans la sente qui serpente
Je dirai tes Montois, marins, pécheurs, guerriers ou hôteliers
Je dirai le vaisseau de pierre, à l’ange doré, au rocher lié
Je dirai, là haut , les miettes émiettées à la mouette dans la pente

Nous dirons le genet planté dans nos cheveux cendrés
Nous dirons le cidre doré glané dans tes bolées cuivrées
Nous dirons la quête du vent qui mord et nous râpe
Nous dirons nos coeurs soudain ballotés qui dérapent

Ils diront nos traversées du courant à gouter la marée
Ils diront la vague au goût salé qui court emballée
Ils diront les tangues mouvantes qui couvrent les trous d’eau
Ils diront qu’autrefois il y avait un marquis qui portait sur son dos.

On dira, il est mort heureux près du tombeau d’Hélène
On dira, il a perdu sa vie ,enivré de chouchen
On dira, la mer a englouti le dernier des grand mâts
On dira, et dire qu’on ne le connaissait même pas !
'
En son sein
Le Mont Saint
A donné tout ceci
Et a repris aussi

mercredi, juillet 04, 2007

J'avoue que j'ai vécu

Puedo escribir los versos mas tristes esta noche. Escribir, por ejemplo: "La noche esta estrellada, y tiritan, azules, los astros, a lo lejos". El viento de la noche gira en el cielo y canta.

Puedo escribir los versos mas tristes esta noche. Yo la quise, y a veces ella también me quiso. En las noches como esta la tuve entre mis brazos. La bese tantas veces bajo el cielo infinito. Ella me quiso, a veces yo también la quería. Como no haber amado sus grandes ojos fijos.

Puedo escribir los versos mas tristes esta noche. Pensar que no la tengo. Sentir que la he perdido. Oír la noche inmensa, mas inmensa sin ella. Y el verso cae al alma como al pasto el rocío. Que importa que mi amor no pudiera guardarla. La noche esta estrellada y ella no esta conmigo. Eso es todo. A lo lejos alguien canta. A lo lejos.

Mi alma no se contenta con haberla perdido. Como para acercarla mi mirada la busca. Mi corazón la busca, y ella no esta conmigo. La misma noche que hace blanquear los mismos arboles. Nosotros, los de entonces, ya no somos los mismos. Ya no la quiero, es cierto, pero cuanto la quise.Mi voz buscaba el viento para tocar su oído. De otro. Será de otro. Como antes de mis besos. Su voz, su cuerpo claro. Sus ojos infinitos. Ya no la quiero, es cierto, pero tal vez la quiero. Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido.

Porque en noches como esta la tuve entre mis brazos,mi alma no se contenta con haberla perdido. Aunque este sea el ultimo dolor que ella me causa, y estos sean los últimos versos que yo le escribo.

Of Pablo Neruda

samedi, juin 23, 2007

Paco le gitan



Santiago de Compostelle, dresse au loin ses tourelles.
Dans l’eau du lac sans fond, sous ton chapeau tu fonds.

Tu as couvert ta tête fière, d’une couronne de lauriers verts.
Tes cousins, tes tantes, tes amis, font leurs ablutions au paradis.

Les œufs durcis au feu de camp, sont colorés de rouge et de blanc.
Pâques ô pâques, tes œufs, sont des hommages et des vœux.

Mille chandelles volages, brûlent des cierges au voyage.
Paco, Paco tu bois le rouge vin, qui te donnera à elle demain.

Tu croques le riz à pleines dents, en l’honneur du roi des gitans.
Tu bois cul sec au lendemain, pour fêter tes cousins roumains.

Les feux de bois flottant, offrent à Sainte Sara un présent.
Au rythme sourd du violon, l’enfant d’hier se change en lion.

Ta promise est là sans chemise, blanche rebelle et insoumise.
Offrande offerte à l’eau glacée, qui dresse ses boutons de rosée.

Demain c’est le Chili,
ou l’Argentine
Demain est un pari,
que tu rumines.

Opaque.
Ô Pâques !

samedi, juin 16, 2007

Clermont Lounge


Les coeurs chauffent, sous la houle ambrée du whisky.
Les grands bocks de bière se reflètent au plafond
Déformés à des miroirs pendus de bas en haut.
Et soudain la salle fiévreuse et enfumée rugit.

Elle vient de paraître. Fleur effleurée.

Son sourire éclate, réfléchi en mille facettes. Elle a des jambes d'ange.
Au croisement de Ponce de Leon et de Peachtree. Au Clermont lounge.
Les cigares cubains dissipent leur fade et entêtante odeur.
La musique explose, hurle, et fait battre la chamade des coeurs.

Son sourire nous éblouit. Fleur effeuillée.

Les respirations hésitent. Quelques hurlements. On mousse les bières.
Comme des papillons verts les dollars pliés volent. Jusqu’à sa jarretière.
Pour qu’elle nous laisse pantois, sans voix, à la pâleur rosée de sa peau.
Les hommes plient l'échine jusqu'à l'estrade, bouche ouverte, sans mots.

On veut son corps qui luit. Fleur désirée.

Et plus tard, au jour qui naît, quand le sourire s’efface
Et que la glace pilée a fondu au fond des verres
Les papillons dépliés et froissés s'entassent
Dans la boite de bois noire, sur l’étagère.

Et elle pleure. Et elle pleure. Bébé mort hier. Mis en bière. Fleur violée.

lundi, avril 23, 2007

Chez Max coiffeur pour hommes

Chez Max coiffeur pour hommes
Où un jour j'entrais comme
Par hasard me faire raser la couenne
Et rafraîchir les douilles
Je tombe sur cette chienne
Shampouineuse
Qui aussitôt m'aveugle par sa beauté païenne
Et ses mains savonneuses
Elle se penche et voilà ses doudounes
Comme deux rahat-loukoums
A la rose qui rebondissent sur ma nuque boum boum
Je pense à la fille du Calife
De la mille et deuxième nuit
Et sens la pointe d'un canif
Me percer le cœur je luis dis"Petite je te sors ce soir ok"
Elle a d'abord un petit rire comme un hoquet
Puis sous le sirocco du séchoir
Dans mes cheveux
La petite garce laisse choir
"Je veux".

Of Serge Gainsbourg

vendredi, avril 20, 2007

Favela San José


Elle promène, pendue à son bras, sa poupée de chiffon froissé.
Sur le moro, la favela vomit par saccades noires, sans fin,
De vieux éviers, des cabanons de bois et des tôle rouillées.
Et à nouveau quelques mètres encore seront noircis demain.

Puis d’autres. Barbouillés. Boueux. Encore et toujours.
Ici des planches disjointes délimitent une improbable ruelle,
Ici, jaillie d’un égout âcre et ocre, l’eau glauque ruisselle.
L’enfant trouve une fleur pour sa poupée, juste avant la fin du jour.

Quelques volatils éplumés, décolorés, s’échappent en tous sens
De ce qui fut l’école du Peuple quand il y avait encore l' espoir.
Malgré l’air froid du soir, insensible à ce cloaque immense et dense
Un jeune barbu s’échine à recréer le monde au tableau noir.

Quelques jeunes, clops au bec, s'esclaffent d’un rire fiévreux et enivré
Autour d’une bicyclette rouge étrangement neuve dont brille le guidon.
Et ce soir encore, à la lumière d’un projecteur, le camion aux jambons
Viendra, derrière chez Teresa, ramasser son lot de cadavres mutilés.

En bas, dans la cuvette, les lumières de Copacabana brillent scintillantes.
Au soir apaisé, elles miroitent. Bariolées et tentantes. Eblouissantes.
Là haut, les drogués se disputent au croc de boucher la poudre luisante.

La cachas souffrée, tourne dans le verre de José, et lui brule le sang.
Au Corcovado, le grand Christ blanc observe bras ouverts impuissants
La vague noire qui glisse vers la mer et qui demain noiera tous ses enfants.

samedi, février 24, 2007

Guadalupe de la Frontera


Ta terre est grise, où l’olivier seul trouve à pousser.
Ton désert ignoré s’étend sèchement, abandonné
aux grosses bêtes noires à cornes, dont on parle avec respect
et dont on décore les flancs, les soirs de fête, de banderilles colorées.
Aujourd’hui fier gardien, de la plaine, qui vous toise de haut.
Demain les pattes en l’air, mis à bas.
Fardeau sanglant tiré hors de l’arène, sous les olés, par des chevaux.

Ta terre est sèche, qui s’étend aux frontières .
Et qui faute de nourrir ses enfants, a prêté aux rois du Portugal et de l’Espagne
les fiers navigateurs qui plantèrent sous d’autres cieux les drapeaux royaux.
Ta terre est fière, qui là, au creux de ce désert pierreux
a fait jaillir ta cathédrale de cailloux et ton monastère de douceur
aux fontaines chantantes et aux fraîches cellules.

La vierge de pierre noire, t’observe sagement quêtant ta peine
toi la femme restée au village, et qui porte en secret le fardeau de l’enfant.
Son pied, tant de fois embrassé, est lisse où tu poses ton rameau juste coupé.
Elle te regarde et te comprend, la vierge de Guadalupe.

Au loin s’essouffle un vieux camion qui s’éloigne vers les villes.
Toi, dans ton silence, tu sembles sourire et tu penses à ton homme
là bas, sur ce bateau, dans le bruit des machines et l’odeur du poisson.
Tu penses à son retour, demain, ou dans un mois, ou dans un an.

La vierge te sourit.
Elle sait ta peine.

Et le soir sur la place, au pied de la fontaine
parmi les autres, au frais de la nuit, les cloches
envoient à l’autre, là bas, un message que le vent porte.

Et emporte.

vendredi, février 23, 2007

Le baobab de Mada.


Au bout de la route rouge qui poudroie
Le baobab de Mada des arbres le roi.

samedi, janvier 13, 2007

Machu Picchu : comme ta peau est rouge...


L’indien mache lentement l’herbe à coca magique.
L’effort est dur au coeur, l’air rare et râpeux.
Le vent andin brûle nos visages. On parle peu.

Le train s’ébranle à regret quittant Cuzco
et ses nuées de ponchos colorés et salis.
La terre est aussi rouge que les visages.
Ici le regard se porte haut et fier.

La brume nous envahit, évanouissant la terre, et livrant le rocher aigu et nu et noir.
Tu m’observes d’un oeil curieux, pas le moins surprise de cette rencontre.
Ta mère assise en face de moi, ne suspecte pas notre complicité si soudaine.

Et soudain c’est là. Sous le ciel si proche.

De grands pans de murs béants laissent entrevoir l’immensité de la cité.
Nous courrons presque, essoufflés, sur les terrasses géantes et étagées.
Pour être les premiers. Et pour etre seuls. Pour naitre seuls.
Ta mère debout là bas ne comprend pas. Elle marche noire à petits pas.

Quel travail laborieux et têtu ce fut.
De tailler, de bâtir. De créer, de souffrir.
Si loin des Espagnols, si proche des Dieux.
Tout est calme et serein ce jour.

A une fenêtre pendue au ciel, ta main douce bat dans la mienne.
Comme ta peau est rouge.

Ton baiser m’élève encore. Vers d’autres cimes, vers d’autres abîmes.
Dieux comme je ne regrette pas les hommes.

Soudain touristes et cartes postales nous ont rejoint.
Un statuette au sourire narquois m’observe.
Deux yeux faussement conspirateurs prétendent l’avoir déterré là.
La figurine m’observe et semble me dire :
moment volé, moment perdu à jamais.

Mais déjà mon doux poncho, affolé, court rejoindre sa mère.
Au moins il me restera le sourire narquois de cette statuette.
A même la roche, j’ouvre mon doigt à une goutte de sang, sur la pierre de l’autel du Soleil.
Pour qu’il me donne la force de grandir, et d’oublier comme la grâce, la garce, est éphémère.




Henri de Naxi, auteur à succès (Extraits)


« Ce connard de Naxi, n’a pas l’air pressé. La phobie de la page blanche le guette » ajouta t il avec le sourire. Laeti lui jeta un œil noir. Son rimmel semblait encore plus foncé que la veille.

« Rambuteau@resplendi.fr

Mon cher Rambuteau,

J’attends avec impatience que vous me fassiez suivre l’acompte sur mes droits d’auteurs dont vous m’aviez parlé lors de notre dernier entretien. J’envisage sous peu un voyage à Venise, pour y situer l’action de mon prochain ouvrage. Comme toujours mes finances crient famine, et cet à valoir serait le bien venu. Vous ne sauriez, je l’espère, mon cher Rambuteau, tenir dans le besoin votre auteur favori. Avec ses remerciements.

Embrassez, pour moi, notre charmante Laeti, dans le doux de son cou.

Henri de Naxi
Auteur à succès


« Auteur à succès ! Mais quel con ! » pensa Rambuteau en regardant le message qui s’affichait sur l' écran gris de son nouvel Apple.

« Je ne suis pas près de la lui envoyer son avance. Il va falloir qu’il nous crache de belles pages avant"

* * *

Henri se gratta le cou. Un tic auquel plus personne ne prêtait attention. Une lettre bleue s’échappa de la pile en glissant de l’enveloppe kraft et tomba à ses pieds. Parfumée à la lavande !

A Monsieur Henri de Naxi.
Aux bons soins de la Maison Resplendi. Editeurs.

"Monsieur,

J’ai l’immense bonheur d’avoir pu lire vos trois derniers romans.
Votre univers me saisit, et m’ouvre des portes insoupçonnées vers moi-même.

Je ne vous cache pas me retrouver bien souvent dans le personnage de Séverine dans votre roman « Bord à Bord ». J’aimerai tant vous en parler. Vous connaître ?

Pleine d’espoirs

Marie Chantelac, « votre Séverine »."

Marie Chantelac
3 route de la Reine
11400 Aix en Provence

NB : Il fait si beau dans notre Sud. Y viendrez vous ? »

* * *

« Dis donc, Montparnasse »

« Oui Wagram ? »

« C’est quoi cette nouvelle lubie de Rambuteau ? Il paraît qu’il veut faire installer une cave à vins dans les sous sols du Blockhaus ! Je croyais que l’on était pourtant juste financièrement ces derniers temps. »

« Oh je crois que c’est juste pour faire un peu parler de la Maison dans la presse. Rambuteau pense qu'il faut se singulariser un peu en ce moment. On ne parle plus que de Hachette ou du dernier tome d'Harry Potter, alors... » ajouta Laeti.

« C’est sur que ce n’est pas avec ce que nous mijote le comité de rédaction que l’on va faire la une ! Un énième remake de politique fiction sur Sarkozy, et le Naxi qui n’en finit pas d’arriver »

"Ah et tu connais la dernière de l'année ? Rambuteau a failli se faire encore plumer par un américain. Il venait soi disant d'Atlanta avec les droits exclusifs sur les mémoires de Ben Laden. De Ben Laden himself !Le lascar avait bien préparé son histoire. Il avait soi disant récupéré le brulot auprés d'un villageois pakistanais. La CIA aurait tout fait pour empécher cette parution et c'est pourquoi il devait se montrer très discret... Enfin la totale ! Je vous passe les détails. Notre Rambuteau le reçoit au Royal Monceau, où il avait exigé de descendre. Le lascar lui montre quelques pages dactilographiées. Notre Rambuteau s'enflamme. Le lascar lui demande cinq mille euros, pour retourner à Amsterdam rechercher l'ouvrage qu'il y aurait laissé caché dans une consigne. Et notre Rambuteau, fidèle à sa légende...paie ! Il n'a compris que deux jours plus tard, quand Croazec l'a appellé pour savoir si lui aussi s'était fait piéger !"

Tous s'essclafèrent sauf Laeti.

"Oui mais songez que sans ses coups de folie, nous n'aurions jamais pu signer avec Kissinger !"

"A défaut de cave à vin, Montparnasse, et si tu nous passais le cognac ?"

"Le cognac ! le cognac !"

Laeti relisait le petit mot qu'elle avait reçu ce matin :
"Laeti. Bien en vous. Henri"
Elle sourit.

"le cognac, le cognac...!"


Marc de Gondolfo : Extraits de "Henri de Naxi, auteur à succès"

Le Barong


La porte de pierre lourdement sculptée
ferme l'enceinte luxuriante et bariolée.

Le petit singe s'y juge d'un air assuré.
Il joue, amusé, avec un masque ajouré.

Sous l'effet des fleurs piquées à même leurs fronts
les faciès grimaçants des statues rougoient sur le perron.

Les tentures à damiers noirs et blancs
flottent doucement au gré du vent.

Sur la place, sous leurs masques de bois, devant le palais du sultan
s'affrontent les hommes qui miment les guerres de tous les temps.

Le petit singe sourit et ajuste son masque. Il sait qui va gagner. Une fois encore.
Dans sa robe chamarrée à grands pans, le barong lourdement affronte la mort.

Les coqs de combat, aux ergots de fer, et les enfants, se taisent tout soudain.
Ondulant sous la force de ses multiples pattes le barong affronte son destin.

Les kris brillent sous la lune et se tordent sur la peau carapaçonnée.
Le petit singe bat des mains, il sait que le roi des singes va bientôt attaquer.

La terre noire usée, piétinée, ravinée
tremble sous la masse des monstres chavirés.

Bouche terrifiante, le barong piétine et ondule sa monstrueuse tête.
Au ciel un cerf volant le nargue, qui se moque bien des hommes et des bêtes.

Il nargue le réel et les rêves, les ombres et les lieux
les hommes, le mal et le bien, et même les dieux.

Il est démon de minuit.

En bois, papier maché et fil de fer.
Sa tête touche le ciel, sa queue la terre

Il est celui qui les unit.

mardi, décembre 19, 2006

Passage de la ligne




Dimanche 10 Septembre 1848

Ce matin j'étais sur pieds à cinq heures et demi du matin. Je suis monté sur la dunette pour la laver avec l'aide du capitaine et de quelques passagers. Cela nous distrait. Nous avons ainsi pu voir le lever du soleil.

Nous avons observé un très beau navire à trois mats qui nous a hissé son pavillon. A l'aide de la longue vue nous avons reconnu que c’était un anglais. En moins d’une demi-heure il fut à portée de pistolet puis nous accosta. Nous apprîmes qu’il était parti deux jours après nous de Plymouth et qu’il allait en Chine en doublant le Cap de Bonne Espérance. Il nous posa plusieurs questions, auxquelles nous lui répondimes, puis nous nous sommes séparés. Le capitaine a fait hisser les petits perroquets et les petits cacatois du grand mât et du mât de misaine. Un des clins foc a été amuré au mât de beaupré qui est le mat incliné qui se trouve au dessus de l'étrave au bout opposé à la poupe et au gouvernail. La brigantine était tendue à pleine voile, et le capitaine a fait hisser la flèche qui est la voile située au dessus de la brigantine et adaptée comme celle-ci au mat d’artimont. Notre batiment avec toutes ses voiles ainsi tendues au vent, fut bientôt éloigné de l’autre navire de plusieurs milles.

A sept heures, le thé a été servi, mais je n’en prends jamais car je n’ai jamais faim de si bonne heure. J'ai beaucoup travaillé à mon espagnol, toute la matinée ainsi qu’après le déjeuner. Nous attendions le baptème. Celui-ci n'a commençé qu’à une heure passée, comme la lettre l’avait annoncé.

Une chapelle avait été construite à la proue à l’avant du navire. Une procession en sortit en chantant des psaumes. Et quels psaumes ! Etait ce du grec, du latin ou de l’arabe ? Personne n’y put rien comprendre. Quant à moi, je vis bien que ce n’était pas du français, et je fus fort scandalisé, en regardant de plus près, de voir que le Grand Vicaire portait son livre tourné à l’envers. A moins qu’il ne sut ses prières par cœur (chose peu probable car c’était un vieux marin qui n’avait jamais pu apprendre ni A ni B), il devait lui etre impossible d’y lire. La procession fit le tour du navire et monta sur la dunette avec beaucoup de receuillement, avec la bannière en tete déployée, et la cloche, portée par un enfant de chœur, battant à grandes volées.

Après les prières d’usage (prières que je ne pu toujours pas comprendre), le Grand Vicaire nous aspergea de quelques seaux d’eau. Elle n'était pas bénite mais salée à souhait. Pour ma part, j’en ai reçu abondamment : sur la tête, dans la bouche, dans le cou et tout le long du corps. Ce n'était pas mes habits qui mouillaient ma peau, mais bien ma peau qui trempait mes habits!

Une fois cette cérémonie terminée, un des hommes d’armes du Père La Ligne, tira un coup de pistolet sur le timonier qui se trouvait à la barre du gouvernail. Il méritait en effet la mort, ayant eu l’imprudence de faire avancer le navire dans le Royaume Céleste, sans permission et sans que les passagers ne fussent baptisés. Le coup tiré, l’homme tomba raide mort et le navire marcha à la dérive.

L’homme, qui n’avait pas eu le temps de se confesser, devait probablement porter sur sa conscience de bien gros péchés, car tout aussitôt un diable, noir des pieds jusqu’à la tete, descendit du haut du mat d’artimont sur la dunette. Le diable était dans un déshabillé plus que sauvage, avec seulement un caleçon où pendait une queue en peau de mouton de deux à trois pieds. Il avait aussi deux cornes très longues et toutes aussi noires. En dix fois moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il se précipita sur le corps du timonier, armé d’une longue fourche recourbée. Avec cette arme il l’attira à lui par sa ceinture et lui fit faire ainsi le tour de la dunette.
Ensuite la procession retourna dans la chapelle.

J’avais oublié de dire que le Père La Ligne (vénérable vieillard paraissant avoir au moins cent ans) et sa chaste moitié, qu’il tenait sous son bras, avaient daigné descendre de leur Royaume jusqu’à notre batiment et qu’ils faisaient les honneurs de la cérémonie en assistant au cortège.

Tous les passagers furent priés de rester sur la dunette. Deux gendarmes, le sabre au coté, vinrent faire une visite domicilaire dans toute les cabines. N’ayant touvé personne de caché, ils fermèrent toutes les portes et la grande cérémonie de la confession et du baptème commença. Chaque personne passait l'une après l'autre, et était conduite, par les deux gendarmes, dans la chapelle où elle restait entre dix et quinze minutes. On la voyait ressortir la figure noire, et barbouillée de savon, d’huile et de farine, et avec tout le bas du corps et le pantalon mouillés en totalité. Chacun croyait en être quitte ainsi, mais à peine sorti de cette délicieuse chapelle, un matelot, qui se tenait caché derrière la porte avec un seau à la main, leur lançait l’eau à la figure et sur les épaules. Si la pauvre victime n’était pas assez leste pour se sauver de suite, elle en avait droit à un deuxième. Puis le diable, armé d’une grande boite de farine, dépité que le néophite se fusse confessé et baptisé, courait après lui et lui lançait de grandes poignées de farine jusqu’à ce qu’il ait pu monter sur la dunette. Je vous laisse à penser dans quel état il arrivait.

Il faut rendre justice à la galanterie française, même chez les marins. Ils ne firent, en effet, aucune de ces petites misères aux dames et acceptèrent seulement leurs offrandes.

Mon tour vint parmi les derniers. Les marins furent très bons enfants avec moi, grâce à la bonne harmonie qui régnait entre nous. Je n’eus rien sur la figure : ni noir, ni huile, ni savon. On me banda seulement les yeux avant d’entrer dans la chapelle. Après m’avoir introduit et m’avoir fait asseoir sur un banc, le Grand Vicaire vint se placer à mon coté et me confessa. Il me recommenda entre autres d’etre fidèle à mon épouse et de ne pas faire les yeux doux à la chaste moitié du Père La Ligne, ici présente. Je lui répondis qu’il me serait fort difficle de le faire, ayant les yeux bandés. Finalement, il me donna l’absolution de tous mes péchés dans son patois breton. Puis on me plaça un porte voix, ayant la forme d’un cone tronqué, ou celle d’un pain de sucre, avec l’embouchure à son plus petit orifice, devant la bouche. On me fit pencher la tete en arrière, puis on me dit de faire un acte de contrition à haute voix en ouvrant bien la bouche. Je n’y voyais rien et j’avais toujours les yeux bandés. Pendant ce temps on jeta promptement un verre d’eau de mer, bien salée, dans le porte voix. J’en eus aussitôt la bouche pleine, et je vous laisse à penser si mon acte de contrition fut bientôt laissé de coté. Du reste, je trouvais ma conscience assez pure de tout péché, pour pouvoir recevoir le baptème. Je l’attendais meme avec impatience.

Il ne tarda pas à arriver. On me conduisit, à nouveau, et on me fit asseoir sur deux planches. Puis elles furent hardiment retirées de sorte que mon postérieur se retrouva plangé dans un grand baquet d’eau de mer. Me voyez vous dans cette agréable position ?

En me relevant, l’eau qui était entrée dans mon pantalon, dégoulina sur mes jambes et sur mes pieds et remplit mes bas et mes chaussures. On me débanda enfin les yeux, et je pus voir toutes les figures groteques des vieux et des jeunes marins déguisés dans ces bizzares costumes : le Grand Vicaire, l’enfant de chœur, les gendarmes, le Père La Ligne et sa chère compagne à l’ignoble figure quoique rasée toute fraichement. Tous riaient à gorge déployée. Enfin on me présenta une assiette dans laquelle se trouvaient de nombreux piastres et des pièces de cinq francs accompagnées de plusieurs pièces d’or. J’y déposais, très modestement, deux pauvres piastres (soit 10 francs 70 centimes) et je sortis. Je m’esquivais si bien, et du diable qui m’attendait à la porte avec sa farine, et du marin avec son seau d’eau, que je ne reçus ni l’un ni l’autre. Je me baissais avec tant de précipitation que j’évitais l’eau qui me passa par dessus la tête. Puis je pris mes jambes à mon cou avec tant de promptitude jusqu’à la dunette que le diable ne put m’atteindre de sa farine.

Puis un autre passager fut appelé après moi, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tout le monde eut reçu sa dose. Ceux d’entre nous qui n’avaient pas un très bon caractère en avaient encore plus que les autres. Puis finalement le Perroquet (c’était un parisien, marin très espiègle, qui remplissait parfaitement son rôle, étant leste et grotesque comme le sont généralement tous les parisiens) faisait la barbe à son monde, sur les figures bien savonnées d’huile, de noir, de farine et de savon, avec un grand rasoir en bois.

Lorsque tout le monde eut été baptisé, nous crumes la cérémonie terminée, et nous nous apprétions à nous changer. Hélas ce que nous avions reçu n’était encore que le prélude de ce que nous devions recevoir ! On nous fit nous assembler sous la dunette, excepté les dames. Le Grand Vicaire vint derechef nous prêcher et nous exhorter à la patience. Nous en avions bien besoin pour tout ce que nous devions recevoir. L’enfant de chœur nous fit aussi un sermon en patois breton. Nous l’écoutions en riant d’un très bon cœur, quand tout à coup un déluge d’eau de mer, plus de vingt seaux d’eau, nous arrosèrent tous d’un seul trait. On venait de nous lancer un défi et de nous rappeler au combat. Nous montames tous sur la dunette, afin de prendre notre revanche.

Nous y fumes accueillis par autant d’eau que nous en avions déjà reçu. Nos vetements étaient remplis d’eau. Nous étions tous trempés à qui mieux mieux. Ne risquant plus de l’être davantage en l’étant de nouveau, nous nous précipitames sur les seaux et les plongèrent avec de longues cordes, par dessus la dunette, dans la mer. Là armés de nos seaux remplis d’eau, un combat en règle s’engagea. Combat terrible et acharné qui dura plus d’une heure, et au cours duquel chacun jeta et reçu plus de cent seaux d’eau et dans lequel les rires et les cris fusèrent à n’en plus finir. Enfin tout le monde, exténué de fatigue, après avoir vaillament combattu et s’etre admirablement défendu, se retira, au son de la cloche qui annonçait la fin du combat, pour aller se changer. Nous en avions besoin, et pour ma part j’étais assez mouillé. Nous montames, mon cher Paul et moi sur la dunette, afin de tordre nos effets et nos chemises et nous les fixames aux cordages du navire pour qu’ils puissent sécher. A peine avions nous fini que l’on vint nous avertir qu’il fallait diner. Cet exercice nous avait creusé l’estomac et nous ne nous le fimes pas dire deux fois.

Ainsi finit le baptème de la Ligne. La journée avait été très belle et nous eumes du calme pendant toute la cérémonie. Dans la soirée, comme si nous avions été favorisés par le Roi du Soleil ou le Père La Ligne, la brise se leva. Le vent, qui si longtemps nous avait été contraire, changea et devint avantageux. Toute la nuit nous fimes beaucoup de chemin dans la bonne direction.

La série de vents contraires, que nous avions eu pendant près de quinze jours, nous a fait faire un coude énorme dans la direction du Cap de Bonne Espérance. En ayant l’œil sur la carte et en suivant à notre gauche les côtes de l’Afrique et à notre droite la ligne que nous suivions presque parallèlement, on peut voir que nous nous éloignons considérablement des parages de Rio de Janeiro où nous devions pourtant courir.

samedi, décembre 09, 2006

Olivia

D'un regard noir, l'autre soir

tu as transpercé mon miroir

J'ai dévissé l'Annapurna par la face nord

J'ai mordu tes bras et ton dos sans remord

Tu m'as donné le noyau, l'alpha et l'oméga

Tu me brules maintenant de haut en bas

lundi, novembre 13, 2006

Transibérien. Au kilomètre 1777 tu changes de continent.




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Au kilomètre Mille sept cent soixante dix sept Tu changes de continent Mon trans-sainte russie


Tu es blanc.
Tu as Mille et Trente ans.
Deux ours couverts de givre se battent lourdement.
Les bouleaux inviolés poudroient d’or, de vert et de blanc.
Le lynx fixe sa proie au dos d’argent et la broie dans sa course.
Là bas, le tigre des neiges guette un petit d’homme en pelure d’ours.
Du nord au sud, de l’est à l’ouest, un vent mauvais souffle. Il souffle le vent.

Tu es ce vent.
Tu as Six Cent Trente ans.
Les étendards des princes du Dniepr flottent sanglants.
Sur la glace rougie, les chevaux meurtris pleurent du sang.
« La horde, la horde des steppes ! » hurlent apeurés tes moujiks.
Il faut croire en votre prince très chrétien, descendant des Riourik.
Les paysans courbent la tête, soumis à ta foi, avant que tu ne mettes le feu au levant.

Tu es ce feu.
Tu as Quatre Cent Trente ans.
La forêt brûle et sur la Neva il se fait tard.
Les os blanchis se souviennent du joug tatar.
Tu lances tes cohortes d’or vers les steppes barbares.
« Les cosaques, les cosaques arrivent » s’empourprent tes moujiks.
Tu leur cries de se souvenir de leur maître, Ivan le terrible, au redoutable stick.
Boyards et tatars plient l’échine, mais c’est déjà au loin que se fixe ton regard.

Tu es jaune.
Tu as deux cent trente ans.
Tu creuses les flancs de la montagne.
Tu saignes la terre et tu brûles la campagne.
Tu bois de grandes goulées de feu pour oublier ton bagne.
« J’ai trouvé, j’ai trouvé l’or de ma vie », la veine nacrée te fait délirer
Tu barattes, sans répit, la Lena, pour extraire du mercure une pépite dorée.
La barque plie sous le poids du métal rêvé, et tu pars chercher une nouvelle compagne.


Tu es le fer.
Tu as cent ans.
Tu viens de mener au bout le grand cheval.
Dix ans pour défricher la forêt et contourner le lac Baïkal.
Tu imposes la main chancelante des Romanov jusqu’au chenal.
Des milliers de morts, dans la boue, pour donner à Vladivostok un débouché.
Au kilomètre Mille Sept Cent Soixante Dix Sept tu changes de continent sans t’en douter.
Au cœur de la Sibérie traverses et boulons plient sous le joug lourd de ton nouveau jouet de métal.

Tu es rouge.
Tu as trois fois trente ans.
Tu lèves le drapeau et le marteau pour mettre le tsar à bas.
Les ennemis du peuple, du communisme et du pays tu les abats.
Nous serons tous égaux, dans la mort, koulaks, allemands et renégats.
« Petits pères comme vous nous comprenez » plasmodie ton peuple affamé.
Ton peuple, saoulé, te remercie de lui avoir apporté la liberté, l’égalité et l’électricité
Tes successeurs momifiés, de glorieuses guerres en goulags, pourront compléter ce cabas.

Tu es vert de gris.
Tu as moins de trente ans.
Tu fumes des cigarettes américaines ou du vernis.
Tu sens dans tes poumons le radium brûlant et la poudre à fusil.
Les feuilles des bouleaux ont jaunies de Tchernobyl jusqu’à Grozny.
La mer d’Aral est vide. D’Ukraine à la Lituanie on crie « Evacuation ».
Le kolkhoze s’est vidé. Du Turkménistan à la Lettonie on crie « Séparation ».
Plutonium, guerre du feu, proton, feu fou à lier, baryum, polonium, uranium appauvri.

Tu as dix ans.
Le denier tigre blanc est mort à Saint Petersburg au zoo.
Les nouveaux riches garent leurs Mercedes devant les casinos.
Le patron de l’ancienne aciérie joue avec ses belles putains aux dominos.
A la station Moskovaia, la babouchka vend ses derniers navets dans le métro.
Le caviar noir du béluga dans sa boite argentée, côtoie l’orange du saumon d’élevage.
Dans la tour bleutée des pétroles d’Ingouchie, se reflète l’isba de bois comme un mirage.
On porte en terre orthodoxe au glas sourd des cloches, une femme assassinée, qui parlait haut.

Tu as un jour
Tu es ce jour.
Tu ouvres les yeux
On te baptise à la vodka


Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer.
Tu bois l’air froid à grandes goulées.
Le train emballé de ta vie à vide, roule avide.
On te lange dans le linge blanc des nouveaux nés.

Au kilomètre Mille Sept Cent Soixante Dix Sept tu changes de continent.

Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer.
Tu voudrais comprendre avant d’y aller.
Le train emballé de ta vie avide, roule à vide.
On te lange dans le linceul blanc des illusions passées.

Expier. Expirer. Tu changes de couleur
Ta pierre est lisse sous la morsure du vent.
Tu souris et soudain tu changes de continent.

mardi, août 22, 2006

Vincent à SAINT PETERSBOURG


"Mon cher Théo,
Maintenant je te dirai que pour commencer il y a partout au moins 60 cm de neige de tombé et il en tombe de partout.Ici à Arles le pays paraît plat. J'ai aperçu de magnifiques terrains rouges plantées de vignes avec des fonds de montagnes du plus fin lilas
Le ciel est d'un bleu pur avec un grand soleil brillant, le vent est froid et secJ'ai vu de bien belles choses, une ruine d'abbaye sur une colline plantée de houx, de pins, d'oliviers gris
Nous attaquerons cela sous peu." Vincent.

Sint Peterburg. European and American Paintings Museum.
(NOT Puschkin Museum anymore...)

Les couleurs, la toile qui fuit, qui luit.
Raisin rouge, vin bleu, soleil mûr.
Labeur apaisant qui cûit le dos.
Je plonge dans ce raisin au goût de lavande.
Je le foule. Je le roule sous la langue.
Sous ta coiffe tu me souris.
Gouleyons ardemment amis.

La petite Jehanne de France




" En ce temps-là, j'étais en mon adolescence. J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance. J'étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance. J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares. Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours. Car mon adolescence était si ardente et si folle Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d'Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche. Et mes yeux éclairaient des voies anciennes. Et j'étais déjà si mauvais poète Que je ne savais pas aller jusqu'au bout.
Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare croustillé d'or, Avec les grandes amandes des cathédrales, toutes blanches Et l'or mielleux des cloches...Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode. J'avais soif Et je déchiffrais des caractères cunéiformes Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s'envolaient sur la place Et mes mains s'envolaient aussi avec des bruissements d'albatros Et ceci, c'était les dernières réminiscences Du dernier jour Du tout dernier voyage Et de la mer.

Dis Blaise, sommes nous bien loin de Montmartre ?

Mais oui, tu m'énerves, tu le sais bien, nous sommes bien loin. La folie surchauffée beugle dans la locomotive. La peste, le choléra, se lèvent comme des braises ardentes sur notre route. Nous disparaissons dans la guerre en plein dans un tunnel. La faim, la putain, se cramponne aux nuages en débandade. Et fiente des batailles en tas puants de morts. Fais comme elle, fais ton métier... "

Blaise Cendrars. Prose du transibérien et de la petite jeanne de France.
Du monde entier au coeur du monde.

Merci Freddy. merci.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Cendrars

mardi, mai 09, 2006

vendredi, avril 28, 2006

Florence


Another tour in march in the heart of Tuscany to stroll in the Medicis marvel.

It is cold with some slight touches of sun. The ususal crowd has invaded the Offices square.
It is as noisy as always, and filled with the african sellers that play hide and seek with the carabinieris. One hour to queue to get in the museum, with the one-manned bored control of the bags. I queue as patiently as i can to be sure to see once again the beauty of the portrayed corridors. Always reminds me of that stunning corrider of the Maltese knights in Malta.

This time, a unique (i had to kiss a charming librarian in the neck to be here!) chance, to cross the Arno river via the Vasari corridor up to the Pitti palace on the other side, thus crossing on top of the jewellers shops , crowded of fake and not so fake gold, over the Ponte Vecchio, the antique (and sole remaining) of the shop filled former bridges.

Not to say how thrilled it is to be in the Boticcelli room. They can give me all the others i will stick with those beauties.

Up rooms of the Lorenzo Palazzo Vecchio have been closed. They were the more fun ones !
Lorenzo, my magnificent, come back to master those crazy Five Hundred of the duchy chamber!
They went mad.

Just two good ones :

Hotel : Grand Hotel Minerva. Piazza santa Maria Novella. (Tel = 39 (0) 55 27230)
For 170 euros what a treat with the view on the church with is black and white bourgogne roman style, the life of the square, and the tranquill charm of the perfect rooms. A rare treat

Restaurant : Osteria Via Isola delle Stinche, 11 (Tel = 39 (0) 55 28 9368)
In the quiet little streets of the Santa Croce neighbourhood : In this wood furniture environment, quiet a good dinner for two for 130 euros. It is expensive but al least not one of the others cheats that robb you for a poor food. Here the cheese , the meet and the pasta are excellent.

Another treat : the new gardens opened in the Pitti palace next to the former Boboli gardens (Don't miss the cypress alley that plunges down to the fountain : a view that was to be later copied by Versailles) : they have a stunning view on a terrace garden with little statues and the city Duomo and churches.. Wahou !!

Just stay quiet and take the hand of a charming tuscany lady...

vendredi, avril 07, 2006

Zone

Alcools. Zone. Appolinaire

Voilà la poésie ce matin, et pour la prose il y a les journaux. Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières. Portraits des grands hommes et mille titres divers. J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom. Neuve et propre du soleil elle était le clairon. Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes, Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent. Le matin par trois fois la sirène y gémit. Une cloche rageuse y aboie vers midi. Les inscriptions des enseignes et des murailles, Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent. J'aime la grâce de cette rue industrielle. Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes. C'est le beau lys que tous nous cultivons. C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent. C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère. C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières. Maintenant tu es au bord de la Méditerranée. Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année. Avec tes amis tu te promènes en barque. L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques. Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs. Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur. Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague. Tu te sens tout heureux une rose est sur la table. Et tu observes au lieu d'écrire ton conte en prose. La cétoine qui dort dans le coeur de la rose. Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit. Tu étais triste à mourir le jour où tu t'y vis. Tu ressembles au Lazare affolé par le jour. Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours. Et tu recules aussi dans ta vie lentement. En montant au Hradchin et le soir en écoutant, Dans les tavernes chanter des chansons tchèques. Te voici à Marseille au milieu des pastèques. Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant. Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon. Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide. Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde. On y loue des chambres en latin Cubicula locanda. Je m'en souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda. Tu es à Paris chez le juge d'instruction. Comme un criminel on te met en état d'arrestation. Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages. Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge. Tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans. J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps. Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter. Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté. Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants. Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants. Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare. Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages. Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine. Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune. Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur. Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels. Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges. Je les ai vus souvent le soir ils prennent l'air dans la rue, Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs. Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque. Elles restent assises exsangues au fond des boutiques. Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux. Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux. Tu es la nuit dans un grand restaurant. Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant. Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant. Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey. Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gercées. J'ai une pitié immense pour les coutures de son ventre. J'humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche. Tu es seul le matin va venir. Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues. La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive. C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive. Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie. Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie. Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied. Dormir parmi tes fétiches d'Océanie et de Guinée. Ils sont des Christ d'une autre forme et d'une autre croyance. Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances. Adieu. Adieu. Soleil cou coupé.

GA

Pardonne moi ces dérapages, dans tes virées de Bohème.
Par la beautée sauvage, mystique, tripetique, de ce poème.
Par cette soif inextinguible, sourde et brulante.
Tu nous brule allègrement, avec ta mèche lente.

vendredi, mars 24, 2006




The king of the jungle
isn't the lion.









Les éléphants

Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L'horizon aux vapeurs de cuivre où l'homme habite.

Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
Dorment au fond de l'antre éloigné de cent lieues,
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.

Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L'air épais, où circule un immense soleil.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos dont l'écaille étincelle.

Tel l'espace enflammé brûle sous les cieux clairs.
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Lés éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes
Vont au pays natal à travers les déserts.

D'un point de l'horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l'on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.

Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine
Sa tête est comme un roc, et l'arc de son échine
Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux ;
Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

L'oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l'oeil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l'air embrasé monte en brume ;
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu'importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé ?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s'abrita leur race.

Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Où nage en mugissant l'hippopotame énorme,
Où, blanchis par la Lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité ;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l'horizon s'effacent.

Leconte de l'Isle

http://fr.wikipedia.org/wiki/Leconte_de_Lisle

mercredi, mars 15, 2006

Mission : reconquérir Juliette

Ma Juliette s'en était allé, séduite par un vague prospectus coloré de Kuoni, pour un safari au Kenya. Elle ne voulait plus revenir. Elle avait adopté sur place un éléphanteau, au doux nom d'Olmer, et ne voulait plus le quitter. Ses nouvelles se faisaient rares. Six mois déjà. Mon coeur battait la chamade. Mon corps réclamait les cuisses si douces, le sourire si fondant, les collines -préhensibles de ma Juliette. En fait j'étais à l'agonie. Et tout cela à cause d'un gros lourdaud !

Il fallait agir. Je pensais à Justine, une vieille amie de Juliette. Justine était belle et vivace. Justine était belle et fuyante. Telle un papillon qui butine ses proies, elle virevoltait dans la capitale, frolant à qui mieux mieux, par jeu, de ses ailes colorées de vieux messieurs, entomologistes à leurs heures. Je connaissais peu Justine, mais je retrouvais vite dans mon vieil agenda élimé son numéro de téléphone.

- "Allo. Justine ?"
- "Oui, elle même"
- "Bonjour c'est Gondolfo". Silence de deux minutes.
- "Le Gondolfo de Juliette ? Bonjour toi !"

J'expliquais à Justine la raison de mon appel.

- "Justine tu te souviens comme j'aime les animaux ?". Silence. "Je fais partie d'une association qui adopte des éléphants africains, pour pouvoir les protéger. L'association "Save-the-Elephants". "

-"Ah ? Quelle bonne idée !".

Ouf elle ne devait pas savoir où était Juliette !

- "Oui mais le problème est que chaque éléphant doit être adopté par un couple, pour garantir le sérieux de la démarche"
-"Ah ? Et que puis je faire pour toi?"
- "Voilà, comme Juliette est partie à Stanford pour une session de deux ans, j'ai pensé que si tu
pouvais prétendre etre en couple avec moi, auprés de l'association, je pourrais obtenir de parrainer un animal. "
-"Ah?" Silence de trois minutes. Dis c'est super drole ton idée, et que faut il faire ?"
- "J'espère que tu ne vas pas te choquer, il faudrait que l'on se connaisse encore mieux pour tromper le jury. .. Sans doute coucher ensemble deux ou trois fois pour pouvoir répondre éventuellement à des questions indiscrètes, prendre quelques petits déjeuners ... bref la vie d'un couple quoi, pendant quelques semaines. "Silence. Tic tac, tic tac. Tic tac, tic tac. Ma Breitling résonnait dans mes oreilles.

-"Gondolfo c'est super drole ton idée ! Et puis c'est pour le bien des animaux non ? D'accord tu t'installes demain. Welcome my dear"

Et voilà comment j'ai couché avec Justine. Ce fut doux.

L'association nous accorda la garde de Rovi, un gros jeunot de plusieurs quintaux.
Le lendemain je publiais l'info de notre parrainage sur le site internet de l'association.

Trois jours plus tard Juliette était là, dans mes bras.

NB : Pour les dons aux éléphanteaux : faire suivre à l'attention, de Juliette et Gondolfo.

Merci Justine.

lundi, novembre 07, 2005

PRAG

A new visit in Prag. Prag in October... Still the same crowd from all over the world, with the tee shits and the beers, invading the Charles' bridge. How good it was, the time of the East block with its famelic crowd !! Well at least they have refurbished the old palaces that serve as embassies. Well what a glorious city this is !! When the moon glows over the river...

Of course it could not be without the library of the Strahov, from the Prémontrés brothers.
One more time and always the magic of the two libraries !!

To climb over the hill, and finish in the second library with a private concert of violins is stunning for one's heart.

Just one word about the Resto Plenska a Francouzska (Na Panckraxi) : it was fun indeed !

I have been here over and over, and i will be back soon with the young Mozart.

mercredi, octobre 12, 2005

Juliette : sweet caress memories


Juliette

on the eve of times
through the hills of sorrows
driving with open windows
in your land of spices

mardi, octobre 11, 2005

Où tu vas quand tu dors ?

Quand tes hanches avalanches s’avancent
Icebergs monts blancs fondant d’évanescence
Et que tu t’engouffres dans le néant
De ton sommeil blotti et frissonnant.
Quand tes yeux sous tes paupières sardines
S’enfuient vers des contrées salines,
Ton teint devenu plus blanc au repos,
Affine le nerf bleu palpitant sous ta peau.

Quand tu t’absentes jusqu’à demain
Et que tu m’offre les paumes de tes mains.
Quand les draps t’embrassent amoureusement les flancs
Et se chiffonnent savamment autour de tes seins blancs.
Quand ils te plaquent, quand ils te marquent,
Quand tu rebats les cartes et de moi tu t’écartes,
Quand tu sombres soudainement mon amante
Et disparaît dans le trou noir de la tourmente.
Quand tes souffles s’estompent et que tes mains inertes pendent
Sans que tu n’entendes le faux-fuyant de mon sexe qui débande.

Quand il s’échappe de tes lèvres des filets de salive,
Du coton blanc, du goémon et du givre aux arêtes vives,
Et que tu glisses sur ce morceau détaché de banquise
Qui part à la dérive d’un temps plus lent sous la bise.
Quand des hommes t’emportent et qu’ils te pressent,
Qu’ils t’avalent et te pétrissent suavement les fesses.
Quand des animaux te parlent de festins qui t’attendent
Que tu gémis et mouilles tes lèvres en amande.

Quand ton visage se réinvente sous un vent africain
Et que ton haleine sent la lande, le lièvre et le vin.
Quand tu as de rouges coups de sang et des sanglots longs.
Quand la tourmente t'aspire en un profond siphon,
Et que le temps tourne à l’envers sans raisons
Engloutissant enfants, violons et maisons
Jusqu'aux robinets de l’autre côté de la terre
De l’autre coté d’un univers sans père ni mère.

Pendant que ton ventre a des glissements de terrain
En exil, tu flottes paisible dans un courant serein.
Et quand ton pied part en vacances transalpines
Tu m’escalades et me sourit comme une argentine.

Où tu vas quand tu dors ?
Dans un tango d’or ?