Bertulocci and Eva Green addicted.
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jeudi, mars 05, 2009
mercredi, juillet 04, 2007
J'avoue que j'ai vécu
Puedo escribir los versos mas tristes esta noche. Escribir, por ejemplo: "La noche esta estrellada, y tiritan, azules, los astros, a lo lejos". El viento de la noche gira en el cielo y canta.
Puedo escribir los versos mas tristes esta noche. Yo la quise, y a veces ella también me quiso. En las noches como esta la tuve entre mis brazos. La bese tantas veces bajo el cielo infinito. Ella me quiso, a veces yo también la quería. Como no haber amado sus grandes ojos fijos.
Puedo escribir los versos mas tristes esta noche. Pensar que no la tengo. Sentir que la he perdido. Oír la noche inmensa, mas inmensa sin ella. Y el verso cae al alma como al pasto el rocío. Que importa que mi amor no pudiera guardarla. La noche esta estrellada y ella no esta conmigo. Eso es todo. A lo lejos alguien canta. A lo lejos.
Mi alma no se contenta con haberla perdido. Como para acercarla mi mirada la busca. Mi corazón la busca, y ella no esta conmigo. La misma noche que hace blanquear los mismos arboles. Nosotros, los de entonces, ya no somos los mismos. Ya no la quiero, es cierto, pero cuanto la quise.Mi voz buscaba el viento para tocar su oído. De otro. Será de otro. Como antes de mis besos. Su voz, su cuerpo claro. Sus ojos infinitos. Ya no la quiero, es cierto, pero tal vez la quiero. Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido.
Porque en noches como esta la tuve entre mis brazos,mi alma no se contenta con haberla perdido. Aunque este sea el ultimo dolor que ella me causa, y estos sean los últimos versos que yo le escribo.
Of Pablo Neruda
Puedo escribir los versos mas tristes esta noche. Yo la quise, y a veces ella también me quiso. En las noches como esta la tuve entre mis brazos. La bese tantas veces bajo el cielo infinito. Ella me quiso, a veces yo también la quería. Como no haber amado sus grandes ojos fijos.
Puedo escribir los versos mas tristes esta noche. Pensar que no la tengo. Sentir que la he perdido. Oír la noche inmensa, mas inmensa sin ella. Y el verso cae al alma como al pasto el rocío. Que importa que mi amor no pudiera guardarla. La noche esta estrellada y ella no esta conmigo. Eso es todo. A lo lejos alguien canta. A lo lejos.
Mi alma no se contenta con haberla perdido. Como para acercarla mi mirada la busca. Mi corazón la busca, y ella no esta conmigo. La misma noche que hace blanquear los mismos arboles. Nosotros, los de entonces, ya no somos los mismos. Ya no la quiero, es cierto, pero cuanto la quise.Mi voz buscaba el viento para tocar su oído. De otro. Será de otro. Como antes de mis besos. Su voz, su cuerpo claro. Sus ojos infinitos. Ya no la quiero, es cierto, pero tal vez la quiero. Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido.
Porque en noches como esta la tuve entre mis brazos,mi alma no se contenta con haberla perdido. Aunque este sea el ultimo dolor que ella me causa, y estos sean los últimos versos que yo le escribo.
Of Pablo Neruda
lundi, avril 23, 2007
Chez Max coiffeur pour hommes
Chez Max coiffeur pour hommes
Où un jour j'entrais comme
Par hasard me faire raser la couenne
Et rafraîchir les douilles
Je tombe sur cette chienne
Shampouineuse
Qui aussitôt m'aveugle par sa beauté païenne
Et ses mains savonneuses
Elle se penche et voilà ses doudounes
Comme deux rahat-loukoums
A la rose qui rebondissent sur ma nuque boum boum
Je pense à la fille du Calife
De la mille et deuxième nuit
Et sens la pointe d'un canif
Me percer le cœur je luis dis"Petite je te sors ce soir ok"
Elle a d'abord un petit rire comme un hoquet
Puis sous le sirocco du séchoir
Dans mes cheveux
La petite garce laisse choir
"Je veux".
Of Serge Gainsbourg
Où un jour j'entrais comme
Par hasard me faire raser la couenne
Et rafraîchir les douilles
Je tombe sur cette chienne
Shampouineuse
Qui aussitôt m'aveugle par sa beauté païenne
Et ses mains savonneuses
Elle se penche et voilà ses doudounes
Comme deux rahat-loukoums
A la rose qui rebondissent sur ma nuque boum boum
Je pense à la fille du Calife
De la mille et deuxième nuit
Et sens la pointe d'un canif
Me percer le cœur je luis dis"Petite je te sors ce soir ok"
Elle a d'abord un petit rire comme un hoquet
Puis sous le sirocco du séchoir
Dans mes cheveux
La petite garce laisse choir
"Je veux".
Of Serge Gainsbourg
mardi, août 22, 2006
Vincent à SAINT PETERSBOURG

"Mon cher Théo,
Maintenant je te dirai que pour commencer il y a partout au moins 60 cm de neige de tombé et il en tombe de partout.Ici à Arles le pays paraît plat. J'ai aperçu de magnifiques terrains rouges plantées de vignes avec des fonds de montagnes du plus fin lilas
Le ciel est d'un bleu pur avec un grand soleil brillant, le vent est froid et secJ'ai vu de bien belles choses, une ruine d'abbaye sur une colline plantée de houx, de pins, d'oliviers gris
Nous attaquerons cela sous peu." Vincent.
Sint Peterburg. European and American Paintings Museum.
(NOT Puschkin Museum anymore...)
Les couleurs, la toile qui fuit, qui luit.
Raisin rouge, vin bleu, soleil mûr.
Labeur apaisant qui cûit le dos.
Je plonge dans ce raisin au goût de lavande.
Je le foule. Je le roule sous la langue.
Sous ta coiffe tu me souris.
Gouleyons ardemment amis.
La petite Jehanne de France

" En ce temps-là, j'étais en mon adolescence. J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance. J'étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance. J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares. Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours. Car mon adolescence était si ardente et si folle Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d'Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche. Et mes yeux éclairaient des voies anciennes. Et j'étais déjà si mauvais poète Que je ne savais pas aller jusqu'au bout.
Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare croustillé d'or, Avec les grandes amandes des cathédrales, toutes blanches Et l'or mielleux des cloches...Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode. J'avais soif Et je déchiffrais des caractères cunéiformes Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s'envolaient sur la place Et mes mains s'envolaient aussi avec des bruissements d'albatros Et ceci, c'était les dernières réminiscences Du dernier jour Du tout dernier voyage Et de la mer.
Dis Blaise, sommes nous bien loin de Montmartre ?
Mais oui, tu m'énerves, tu le sais bien, nous sommes bien loin. La folie surchauffée beugle dans la locomotive. La peste, le choléra, se lèvent comme des braises ardentes sur notre route. Nous disparaissons dans la guerre en plein dans un tunnel. La faim, la putain, se cramponne aux nuages en débandade. Et fiente des batailles en tas puants de morts. Fais comme elle, fais ton métier... "
Blaise Cendrars. Prose du transibérien et de la petite jeanne de France.
Du monde entier au coeur du monde.
Merci Freddy. merci.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Cendrars
Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare croustillé d'or, Avec les grandes amandes des cathédrales, toutes blanches Et l'or mielleux des cloches...Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode. J'avais soif Et je déchiffrais des caractères cunéiformes Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s'envolaient sur la place Et mes mains s'envolaient aussi avec des bruissements d'albatros Et ceci, c'était les dernières réminiscences Du dernier jour Du tout dernier voyage Et de la mer.
Dis Blaise, sommes nous bien loin de Montmartre ?
Mais oui, tu m'énerves, tu le sais bien, nous sommes bien loin. La folie surchauffée beugle dans la locomotive. La peste, le choléra, se lèvent comme des braises ardentes sur notre route. Nous disparaissons dans la guerre en plein dans un tunnel. La faim, la putain, se cramponne aux nuages en débandade. Et fiente des batailles en tas puants de morts. Fais comme elle, fais ton métier... "
Blaise Cendrars. Prose du transibérien et de la petite jeanne de France.
Du monde entier au coeur du monde.
Merci Freddy. merci.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Cendrars
vendredi, avril 07, 2006
Zone
Alcools. Zone. Appolinaire
Voilà la poésie ce matin, et pour la prose il y a les journaux. Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières. Portraits des grands hommes et mille titres divers. J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom. Neuve et propre du soleil elle était le clairon. Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes, Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent. Le matin par trois fois la sirène y gémit. Une cloche rageuse y aboie vers midi. Les inscriptions des enseignes et des murailles, Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent. J'aime la grâce de cette rue industrielle. Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes. C'est le beau lys que tous nous cultivons. C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent. C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère. C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières. Maintenant tu es au bord de la Méditerranée. Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année. Avec tes amis tu te promènes en barque. L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques. Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs. Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur. Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague. Tu te sens tout heureux une rose est sur la table. Et tu observes au lieu d'écrire ton conte en prose. La cétoine qui dort dans le coeur de la rose. Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit. Tu étais triste à mourir le jour où tu t'y vis. Tu ressembles au Lazare affolé par le jour. Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours. Et tu recules aussi dans ta vie lentement. En montant au Hradchin et le soir en écoutant, Dans les tavernes chanter des chansons tchèques. Te voici à Marseille au milieu des pastèques. Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant. Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon. Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide. Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde. On y loue des chambres en latin Cubicula locanda. Je m'en souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda. Tu es à Paris chez le juge d'instruction. Comme un criminel on te met en état d'arrestation. Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages. Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge. Tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans. J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps. Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter. Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté. Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants. Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants. Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare. Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages. Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine. Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune. Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur. Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels. Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges. Je les ai vus souvent le soir ils prennent l'air dans la rue, Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs. Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque. Elles restent assises exsangues au fond des boutiques. Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux. Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux. Tu es la nuit dans un grand restaurant. Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant. Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant. Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey. Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gercées. J'ai une pitié immense pour les coutures de son ventre. J'humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche. Tu es seul le matin va venir. Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues. La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive. C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive. Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie. Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie. Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied. Dormir parmi tes fétiches d'Océanie et de Guinée. Ils sont des Christ d'une autre forme et d'une autre croyance. Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances. Adieu. Adieu. Soleil cou coupé.
GA
Pardonne moi ces dérapages, dans tes virées de Bohème.
Par la beautée sauvage, mystique, tripetique, de ce poème.
Par cette soif inextinguible, sourde et brulante.
Tu nous brule allègrement, avec ta mèche lente.
Voilà la poésie ce matin, et pour la prose il y a les journaux. Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières. Portraits des grands hommes et mille titres divers. J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom. Neuve et propre du soleil elle était le clairon. Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes, Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent. Le matin par trois fois la sirène y gémit. Une cloche rageuse y aboie vers midi. Les inscriptions des enseignes et des murailles, Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent. J'aime la grâce de cette rue industrielle. Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes. C'est le beau lys que tous nous cultivons. C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent. C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère. C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières. Maintenant tu es au bord de la Méditerranée. Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année. Avec tes amis tu te promènes en barque. L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques. Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs. Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur. Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague. Tu te sens tout heureux une rose est sur la table. Et tu observes au lieu d'écrire ton conte en prose. La cétoine qui dort dans le coeur de la rose. Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit. Tu étais triste à mourir le jour où tu t'y vis. Tu ressembles au Lazare affolé par le jour. Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours. Et tu recules aussi dans ta vie lentement. En montant au Hradchin et le soir en écoutant, Dans les tavernes chanter des chansons tchèques. Te voici à Marseille au milieu des pastèques. Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant. Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon. Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide. Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde. On y loue des chambres en latin Cubicula locanda. Je m'en souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda. Tu es à Paris chez le juge d'instruction. Comme un criminel on te met en état d'arrestation. Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages. Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge. Tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans. J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps. Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter. Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté. Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants. Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants. Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare. Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages. Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine. Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune. Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur. Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels. Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges. Je les ai vus souvent le soir ils prennent l'air dans la rue, Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs. Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque. Elles restent assises exsangues au fond des boutiques. Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux. Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux. Tu es la nuit dans un grand restaurant. Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant. Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant. Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey. Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gercées. J'ai une pitié immense pour les coutures de son ventre. J'humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche. Tu es seul le matin va venir. Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues. La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive. C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive. Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie. Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie. Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied. Dormir parmi tes fétiches d'Océanie et de Guinée. Ils sont des Christ d'une autre forme et d'une autre croyance. Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances. Adieu. Adieu. Soleil cou coupé.
GA
Pardonne moi ces dérapages, dans tes virées de Bohème.
Par la beautée sauvage, mystique, tripetique, de ce poème.
Par cette soif inextinguible, sourde et brulante.
Tu nous brule allègrement, avec ta mèche lente.
vendredi, mars 24, 2006

The king of the jungle
isn't the lion.
Les éléphants
Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L'horizon aux vapeurs de cuivre où l'homme habite.
Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
Dorment au fond de l'antre éloigné de cent lieues,
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.
Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L'air épais, où circule un immense soleil.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos dont l'écaille étincelle.
Tel l'espace enflammé brûle sous les cieux clairs.
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Lés éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes
Vont au pays natal à travers les déserts.
D'un point de l'horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l'on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.
Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine
Sa tête est comme un roc, et l'arc de son échine
Se voûte puissamment à ses moindres efforts.
Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux ;
Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.
L'oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l'oeil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l'air embrasé monte en brume ;
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.
Mais qu'importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé ?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s'abrita leur race.
Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Où nage en mugissant l'hippopotame énorme,
Où, blanchis par la Lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.
Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité ;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l'horizon s'effacent.
Leconte de l'Isle
http://fr.wikipedia.org/wiki/Leconte_de_Lisle
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