Monday, May 05, 2008

Amérique du Nord. Once again.

Le soleil est déjà chaud, le vent souffle sur le lac. Sur le pont suspendu tanguent des Cadillac. Les pompiers testent leurs bateaux pompes à coups de jets puissants.

A l'université, au pied du hall victorien, il joue de la guitare, hilare. Quelques vieux hyppies survivants d'un monde antique, sirotent un jus de carotte. Elle prend des photos pour immortaliser l'instant. Elle croque des bonbons roses. Sa robe remonte très haut quand elle fouille dans son cabas. Elle s'en fout. Tous préparent la réunion contre l'extraction de l'uranium qui va se tenir à l'étage.

A Chinatown on trouve toutes les couleurs et toutes les odeurs. Les champignons séchés sont tout recroquevillés, piteux dans leurs cages en plastique. On vend des plats de nouilles ici, et des cartes de téléphone en direct pour la Chine là. Une vieille Toyota manque de peu d'écraser grand maman. Le restaurant du coin de la rue voudrait bien racheter le musée d'Art Moderne, pour en faire un karaoké. Mais cela ne se peut pas. Enfin pour l'instant. Cela serait pourtant beau un grand néon de plus clignotant jusqu'au bout de la nuit.

Au coin de la rue, c'est la sortie de l'église orthodoxe. Les femmes, même les plus jeunes, portent des fichus. Elles parlent russe entre elles. Les paniers bénis sont plein de mets bigarrés et d'oeufs colorés. J'ai bien envie d'en casser un. Mais cela ne se peut pas. Enfin pas pour l'instant. Au sous sol le pope bénit à qui mieux mieux sous le visage impavide de l' ancien tsar. Quel mélange ! Dans la foule je ne vois plus mes pieds.

A l'opéra tous sont endimanchés. Un dimanche de province. C'est haut, c'est clair, c'est propre. Pas de rush. Une dame au micro nous décrit toutes les arcanes, actes par actes,avant de commencer. J'ai peur d'avoir tout compris, et puis c'est un classique. Ma voisine, toute de belles rondeurs, ne comprend pas comment elle a pu payer si cher cette loge alors que moi... Non elle ne m'en veut pas, non, mais elle ne comprend pas... Elle voudrait bien connaitre là d'où je viens. C'est si romantique. Actes par actes. Elle penche sa tête de guingois pour observer le décor qui s'étage de la ville à la campagne dans une pente vertigineuse.

Au soir tout explose. les femmes, belles comme des danseuses, ont des robes noires et des jambes vertigineuses. Elles font la queue pour entrer dans des antres qui beuglent. Elles ont leurs bières à la main. Leurs hommes, et ceux qui vont en faire office, ont la hardiesse de ceux qui ont déjà beaucoup bu. Petites morts au champ d'honneur.

Une journée bien ordinaire dans l'amérique du nord, au coeur d'un monde mutant qui migre chaque jour vers son demain.

7 comments:

jean-philippe said...

une bien belle description ...en relisant j'ai soudain fermé les yeux et ...j'y étais !

icone said...

est-ce que j'ai une robe noire?
Merci pour cette lecture enivrante!
Bonne journée

Loo said...

Il y a les couleurs, les bruits, presque les odeurs...
Très chouette escale !
Et merci d'être revenu faire un petit tour chez moi ;-)
Belle nuit !

esperance said...

tres belle cette escale

ou es tu grand voyageur ?

franchement on s y croirait en amérique du nord
merci de ce partage

Tietie007 said...

Bonne fin de journée !

Anonymous said...

belle plume... Amitiés d'Honorius de Médiéval et Moen Age

jean-philippe said...

coucou !! je viens de relire ton texte ! le voyage immobile grace à la lecture fonctionne toujours autant !! la fete devait etre belle avec toutes ces belles donzelles toutes de noires vétues !!