Tuesday, October 11, 2005

Où tu vas quand tu dors ?

Quand tes hanches avalanches s’avancent
Icebergs monts blancs fondant d’évanescence
Et que tu t’engouffres dans le néant
De ton sommeil blotti et frissonnant.
Quand tes yeux sous tes paupières sardines
S’enfuient vers des contrées salines,
Ton teint devenu plus blanc au repos,
Affine le nerf bleu palpitant sous ta peau.

Quand tu t’absentes jusqu’à demain
Et que tu m’offre les paumes de tes mains.
Quand les draps t’embrassent amoureusement les flancs
Et se chiffonnent savamment autour de tes seins blancs.
Quand ils te plaquent, quand ils te marquent,
Quand tu rebats les cartes et de moi tu t’écartes,
Quand tu sombres soudainement mon amante
Et disparaît dans le trou noir de la tourmente.
Quand tes souffles s’estompent et que tes mains inertes pendent
Sans que tu n’entendes le faux-fuyant de mon sexe qui débande.

Quand il s’échappe de tes lèvres des filets de salive,
Du coton blanc, du goémon et du givre aux arêtes vives,
Et que tu glisses sur ce morceau détaché de banquise
Qui part à la dérive d’un temps plus lent sous la bise.
Quand des hommes t’emportent et qu’ils te pressent,
Qu’ils t’avalent et te pétrissent suavement les fesses.
Quand des animaux te parlent de festins qui t’attendent
Que tu gémis et mouilles tes lèvres en amande.

Quand ton visage se réinvente sous un vent africain
Et que ton haleine sent la lande, le lièvre et le vin.
Quand tu as de rouges coups de sang et des sanglots longs.
Quand la tourmente t'aspire en un profond siphon,
Et que le temps tourne à l’envers sans raisons
Engloutissant enfants, violons et maisons
Jusqu'aux robinets de l’autre côté de la terre
De l’autre coté d’un univers sans père ni mère.

Pendant que ton ventre a des glissements de terrain
En exil, tu flottes paisible dans un courant serein.
Et quand ton pied part en vacances transalpines
Tu m’escalades et me sourit comme une argentine.

Où tu vas quand tu dors ?
Dans un tango d’or ?

3 comments:

Aurélia said...

Où elle va? Dieu seul le sait... elle est partout avec toi... merci c'est beau.

anaka said...

c'est très beau, j'ai envie d'être aimée ainsi...
vivante, animée endormie,
et de chair de lie,
célébrée d'être en vie
accessible muse.
c'est beau,
j'ai envie.
merci.

Aslé said...

Il y a du beau à prendre dans vos mots, du vraiment, et puis je me reconnais à bâcler mais à conclure un texte qui me tient au coeur